L'appel à l'effort envers la paix revient deux fois dans le communiqué final de l'Alliance. «Les partis de l'Alliance saisissent l'occasion de la polémique en cours, sur la processus de paix et de réconciliation nationale, pour exprimer leur attachement à ce choix stratégique et renouvellent leur soutien aux mesures que prendrait le président de la République pour concrétiser la Charte», lit-on dans le dernier paragraphe du texte rendu public à l'issue de la rencontre de mardi entre les chefs des partis de l'Alliance présidentielle. Puis une seconde fois, dans le second paragraphe, les signataires du communiqué final invitent la communauté nationale «à faire des efforts collectifs dans l'objectif de consolider la culture de paix et de la réconciliation nationale et la finalisation de cette démarche noble, par le biais de moyens politiques, culturels, éducatifs, sociaux en vue d'immuniser la société algérienne» contre la culture de la violence. Les trois partenaires qui disposent de la majorité au Parlement et au gouvernement, s'en remettent ainsi au président Bouteflika pour qu'il prenne les mesures nécessaires à la prorogation des délais d'application de la Charte, comme l'autorise l'ordonnance d'application avalisée par les deux chambres législatives. Tout en s'excusant, les trois partis saisissent l'opportunité de la «polémique» autour du thème de la réconciliation pour rappeler au président son devoir. «Nous considérons que ce qui caractérise la scène médiatique par la diversité des points de vue et lectures politiques sous des angles différents est un signe de bonne santé politique et d'exercice démocratique; c'est l'expression conforme à la nature de l'élargissement des espaces démocratiques en Algérie», ajoute le communiqué. On serait tenté de croire que les premiers rôles reviennent à la presse. C'est elle qui suscite la polémique. C'est elle aussi qui diffuse ses «points de vue». C'est enfin elle qui les laisse admiratifs par sa «diversité» et sa «bonne santé». Qui a dit que les partis de l'Alliance n'aiment pas la presse? En voici la preuve. Ils louent ses mérites. Ils l'adulent. Ils acceptent ses caprices. Ils croient dur comme fer que sans elle, sans ses gâteries, ses errements, ses dépassements, la démocratie n'aura pas survécu. Après l'avoir longtemps boudée, ils l'acceptent. Ils ont enfin la presse qu'ils méritent. Sur un tout autre registre, ils sollicitent leurs représentants au Parlement et au sein des APC à se pencher sur les préoccupations du citoyen, en insistant sur le rôle d'un service public orienté davantage sur «la compétence et l'objectivité». Mais l'invitation semble tardive puisque le même texte souhaite que «les prochaines élections soient un cadre de compétition pacifique, honnête, destinée à consolider le processus démocratique et à renforcer la crédibilité entre les citoyens et les institutions de l'Etat». La crédibilité des institutions passe obligatoirement par la crédibilité des urnes. Quand les représentants des institutions sont bien élus, ils sont nécessairement «compétents et objectifs» et soucieux de la qualité du service public. Les partis de l'Alliance se sont encore une fois rencontrés.