La situation sécuritaire connaît une grave détérioration dans le centre du Nigeria après les dernières attaques menées par des groupes armés entre samedi soir et lundi dans plusieurs villages de l'Etat du Plateau, qui se sont soldées par la mort de 160 personnes. Ces attaques terroristes viennent de porter un sérieux coup à la stabilité politique au Nigeria dont l'aspect sécuritaire est en train de connaître une véritable détérioration et une sérieuse crise. Monday Kassah, président du Conseil de gouvernement de Bokkos, une région connue par des violences à caractère ethnique et religieux, a déclaré que «Des groupes armés, qualifiés localement de «bandits», ont attaqué pas moins de 20 villages, les attaques étaient bien coordonnées», ce qui laisse dire qu'il s'agit d'une opération terroriste émanant de Boko Haram sans le dire ouvertement en attendant l'enquête qui apportera des réponses quant à ces attaques les plus violents que vient de subir le centre du Nigeria. Le député local, Dickson Chollom, a souligné que «Nous ne céderons pas aux méthodes de ces marchands de La mort; nous sommes unis dans notre désir de paix et de justice». Le gouverneur de l'Etat du Plateau, Caleb Mutfwang, a pour son tour exprimé sa position quant à cette inquiétante évolution que connaît le centre du Nigeria sur le plan sécuritaire en signalant que «des mesures proactives seront prises par le gouvernement pour freiner les attaques en cours contre des citoyens innocents». Les ONG qui activent dans la région Centre du Nigeria a exprimé sa désolation de voir que le gouvernement fédéral du Nigeria n'arrive pas à maîtriser la situation sécuritaire qui cause des pertes énormes en vies humaines. Dans ce sens, Amnesty International a souligné que « les autorités nigérianes ont systématiquement échoué dans leurs tentatives pour mettre fin à ces attaques fréquentes dans l'Etat du Plateau. Les populations du Nord-Ouest et du Centre du Nigeria vivent dans la terreur des attaques des groupes terroristes et des bandes criminelles qui pillent les villages et tuent ou kidnappent leurs habitants», mentionne-t-on. Certains analystes des questions sécuritaires au Nigeria ne cessent de rappeler que le terrorisme qui se manifeste avec une si grande violence dans le centre du Nigeria est le prolongement d'une fusion entre des actions de banditisme et de crime organisé transnational. C'est-à-dire que l'enjeu sécuritaire est alimenté par plusieurs causes dont le volet ethnique et religieux constituent l'apanage de cette grande violence terroriste. Dans ce sens, les gangs criminels font leur loi en renforçant ainsi la force de frappe de Boko Haram dans son objectif de la destruction et le pillage par des actes terroristes des régions du Centre du Nigeria en semant la terreur et les tueries contre des populations civiles. Les spécialistes du terrorisme au Nigeria soulignent que «Depuis 2020, des gangs criminels auraient été impliqués dans plus de 350 événements violents liés à plus de 1500 décès. Cela représente une augmentation d'environ 45% des attaques et une augmentation de 65% des décès par rapport à la période 2018-2019. De nombreuses attaques et enlèvements de moindre envergure ne sont pas signalés», affirme-t-on. L'expert sécuritaire nigérian, Murtala Rufat, a affirmé que «pendant des années, la sécurité du nord-ouest s'est détériorée parce que le gouvernement fédéral et ceux des Etats n'ont pas bien évalué la gravité du problème du banditisme et ont historiquement cherché à le minimiser (refusant parfois l'accès aux groupes d'aide et interdisant l'établissement de camps de PDI). Le gouvernement n'a pas investi dans la compréhension de la dynamique régionale, ni sur la manière dont les groupes de bandits opèrent en son sein et, par conséquent, n'a jamais élaboré de politiques cohérentes ou coordonnées pour faire face à la multiplication des enlèvements et raids menés par ces gangs criminels», a-t-il souligné. Les interconnexions entre le banditisme et les groupes terroristes armés ont été prouvées par les analystes de la situation sécuritaire au Nigeria. C'est pourquoi la plupart des spécialistes et des politiques nigérians exhortent le gouvernement fédéral à revoir sa stratégie de lutte contre le banditisme en adaptant la lutte dans le cadre des opérations anti-terroristes.