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Le réalisateur marocain Nabil AYOUCH à "Liberté"
"Je suis dans le Maghreb uni"
Publié dans Liberté le 06 - 11 - 2013

Il était présent, hier à Alger, dans le cadre de la 1re édition du Festival culturel du cinéma maghrébin, où son dernier film les Chevaux de Dieu devait être projeté, dans l'après-midi d'hier, à la salle El-Mouggar. Dans cet entretien, il revient sur les raisons qui l'ont poussé à réaliser cette fiction inspirée des attentats du 16 mai 2003 au Maroc. Mais aussi de ces jeunes désœuvrés des bidonvilles qui se transforment du jour au lendemain en kamikazes.
Liberté : Dans vos deux films Ali Zaoua, prince de la rue et Les chevaux de Dieu vous avez tourné dans les mêmes lieux, le bidonville de Sidi Moumen (Casablanca). Pourquoi ce choix ?
Nabil Ayouch : J'ai arpenté le bidonville de Sidi Moumen, durant la fin des années 90. à partir de 1995-1996, j'ai tourné des documentaires pour le microcrédit dans ce lieu. Le microcrédit c'est le crédit des pauvres, ceux à qui les banques ne prêtent pas d'argent. Il y a des organisations et des fondations qui travaillent là-bas, et qui prêtent de l'argent pour des microprojets : pour construire un puits, acheter des vaches, acheter des machines à coudre... J'avais arpenté un peu ce coin, je le connaissais bien et donc effectivement les premières scènes de Ali Zaoua, prince de la rue, je les ai tournées à Sidi Moumen, dans ce même bidonville.
Quand il y a eu les attentats de 2003, j'ai été peut-être un peu plus interpellé que d'autres, parce que pour nous cela a été un tremblement de terre. Les attentats du 16 mai au Maroc signifiaient la fin de l'innocence, un véritable éveil parce qu'on a touché au socle séculaire sur lequel s'est bâti l'identité marocaine. Le mélange des races et des religions. Ils ont visé un grand hôtel, un restaurant espagnol, un restaurant italien, un cimetière juif et un bâtiment de l'alliance israélite, tout sur ce que le Maroc s'est construit à part notre arabité et notre berbérité.
Du coup, quand j'ai appris les jours qui suivirent que c'étaient des gamins du bidonville de Sidi Moumen et que ce n'était pas des kamikazes d'Afghanistan ou d'Irak qui avaient commis ces attentats, j'ai eu envie de retourner dans ce coin que j'avais bien arpenté et dans lequel j'avais tourné, et c'est de ce point de vue-là que j'y suis allé. J'ai été à la rencontre de beaucoup d'associations locales, j'ai commencé un travail d'écoute de la jeunesse et j'ai essayé de comprendre petit à petit comment ils ont pu en arriver là.
Selon vous, cette action est-elle due à leur endoctrinement islamiste ?
Ce n'est pas une question de Dieu ou de religion, la religion dans ces quartiers-là arrive quand le travail a déjà été fait, quand le fruit est mûr et qu'il n'y a plus qu'à le cueillir.
Ce travail arrive quand l'école ne joue pas son rôle, en général ce sont des enfants qui ont arrêté leur cursus scolaire très tôt. Quand l'état ne joue pas son rôle en termes d'infrastructure, en termes de connexion du quartier au reste de la ville, donc c'est un quartier qui est complètement abandonné, complètement coupé. Aussi quand la famille ne joue pas son rôle, quand il n'y a plus d'autorité paternelle, quand la cellule familiale a explosé et quand les causes palestinienne, afghane et tchétchène sont ressassées et détournées. Là-dessus, les islamistes arrivent et leur disent "nous allons être votre deuxième famille ; une famille de substitution", tout ce que ne leur apportent pas l'état et la famille, eux ils l'apportent (les islamistes) : une perspective d'avenir, un métier, du travail, la rigueur, de la discipline et quelque part aussi de l'amour.
Ces jeunes peuvent aussi être considérés comme les "victimes" des islamistes...
C'est un peu le point de vue que j'ai apporté dans le film, il peut paraître un peu choquant pour ceux qui ont eu à subir ces attentats, car ce sont eux les premières victimes. Cela peut paraître choquant, mais je suis convaincu de ce que je dis, je suis convaincu qu'il y a deux victimes dans cette affaire. Des jeunes qu'on envoie se faire sauter au milieu d'innocents pour une pseudo-idéologie, pour moi, ce sont aussi des victimes.
Comment vous positionnez-vous par rapport au cinéma maghrébin ?
Je ne peux me positionner que comme un cinéaste entièrement maghrébin, j'ai un père marocain et une mère tunisienne d'origine algérienne. Je suis dans le Maghreb uni. Le cinéma marocain bénéficie quelque part d'un état de grâce, grâce aux infrastructures qui sont mises à la disposition des cinéastes marocains, notamment les cinéastes de la diaspora qui sont arrivés et qui ont créé un nouveau langage cinématographique et qui ont trouvé sur place le financement. On a eu cette chance pendant les années 1990, avec le guichet du fonds d'aide du centre cinématographique marocain qui n'existe quasiment nulle part ailleurs. Aussi, avec des techniciens qui sont déjà formés parce que le cinéma étranger à Ouarzazate, qui voit tourner beaucoup de films américains, et un marché publicitaire très développé ont créé une véritable industrie dans l'audiovisuel et formé des techniciens. En termes de salles de cinéma, c'est le pays qui se porte le moins mal, je dis le moins mal parce qu'on n'est pas très bien non plus, nous n'avons qu'une quarantaine de salles. Mais il y a certains pays du Maghreb et d'Afrique où c'est malheureusement encore pire, donc on est chanceux, bien loti. En même temps, l'Algérie a connu son moment de gloire pendant les années 70, la Tunisie durant les années 80 et là c'est au tour du Maroc.
H. M
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