Elaborer et mettre en œuvre une politique visant à susciter la prise de conscience nationale du problème de l'insécurité routière, créer dans les instances publiques un organisme directeur de la sécurité routière en mesure d'élaborer et d'exécuter un plan d'action coordonné, promouvoir l'éducation, la formation, l'information et la culture de la sécurité routière en Algérie, veiller à l'application stricte de la loi et assurer la formation continue et la mise à jour des services de sécurité... Voilà les principales recommandations du séminaire national sur la sécurité routière qu'a organisé le 28 novembre dernier, à Béjaïa, l'association Tariq Essalama. Ces recommandations ont été présentées, hier, à la faveur d'une conférence de presse tenue à l'hôtel Le Cristal 2 de la capitale des Hammadites, et animée par le célèbre spécialiste de la prévention et de la sécurité routière, Mohamed Lazouni, en présence des responsables de l'association Tariq Essalama, des officiers de la sûreté de wilaya et de la Gendarmerie nationale de Béjaïa, ainsi que des représentants de la société civile.Lors de son intervention, M. Lazouni a insisté sur la nécessité de revoir les conditions et les modalités de délivrance du permis de conduire, notamment pour les candidats à la catégorie poids lourd (PL). Car, selon lui, la majorité des accidents tragiques et les plus meurtriers se trouvent être provoqués par des camionneurs. Pour l'orateur, le problème ne se pose pas réellement dans l'âge minimum d'accès au permis de conduire, mais dans le profil du candidat. "Outre l'aptitude physique et la condition d'âge, on doit aussi prendre en considération le critère du quotient intellectuel (QI). Le candidat doit suivre une formation dans le cadre de l'éducation routière qui constitue une condition sine qua non dans les pays développés", a-t-il martelé. Abondant dans le même sens, l'ancien président de l'APW de Béjaïa (1997-2002), Rabah Naceri, invité pour la circonstance, estime que "l'enseignement de l'éducation routière devrait être une matière obligatoire dans nos écoles". Pour sa part, le capitaine Serraï Boubaker du groupement de la Gendarmerie nationale de Béjaïa, s'interrogera : "Où sont passés les contrôleurs de la Direction des transports et ceux des services des mines ?", rappelant que ces derniers doivent aussi jouer leur rôle en tant que partenaires dans cette mission qui consiste à veiller à la sécurité routière. Evoquant certains points noirs constatés sur la RN26 et la RN12, et ayant fait l'objet de procès-verbaux (PV) conjointement établis avec les services de la DTP de Béjaïa, le même officier déplore la non prise en charge de ces anomalies qui continuent de causer des accidents parfois meurtriers. À cela s'ajoute, note-t-il, l'absence flagrante de panneaux de signalisation sur les mêmes axes routiers. Quant au responsable de la sécurité publique au niveau de la sûreté de wilaya de Béjaïa, il touchera un problème de fond qui est propre à la culture du citoyen algérien. Il s'agit en fait du recours au phénomène appelé communément le "piston". "Le premier geste que fait généralement le citoyen pris en violation du code de la route par nos policiers, est de prendre le téléphone sur les lieux de l'infraction pour solliciter des interventions en vue de récupérer ses papiers !", s'est-il désolé. K O Nom Adresse email