À l'occasion du Mois du patrimoine, une exposition de modèles de tapis provenant de plusieurs régions du pays emplit les espaces du Musée public national des arts et traditions populaires de Médéa depuis la dernière semaine du mois d'avril. L'exposition qui se prolongera jusqu'à la fin du mois de juillet met en avant le reggam, qui est l'artisan nomade qui intervient dans la conception artistique du tapis. Le reggam est sollicité par les familles pour choisir la laine, les couleurs et les motifs qu'il pose dans son cœur et sans maquette ni modèle pour composer le tapis, lit-on dans la présentation du métier. Le public qui visite l'exposition est vite obnubilé par la richesse et la variété des tapis venant des régions des Chaouia, de Timerkout (Timimoun), de djebel Ammour, Maâdhid (M'sila), de Tlemcen, de Kabylie, qui se distinguent les uns des autres par l'utilisation des couleurs simples ou polychromes et les motifs de décoration montrant des figures d'oiseaux ou d'animaux, des médaillons, des chandeliers, des lignes géométriques brisées, etc. Considéré comme un élément fondamental de la culture nationale, le métier de reggam a pu être "pérennisé grâce aux artisans et aux associations qui font la promotion du patrimoine matériel et immatériel". On découvrira aussi les différentes étapes de confection du tissage depuis la tonte des moutons, le lavage, le peignage et le cardage de la laine et son nettoyage des impuretés jusqu'au processus de filage à l'aide d'un fuseau et au tissage. Certaines croyances vouent un respect particulier au métier à tisser qui n'est pas un élément comme les autres. C'est un être familier qui demande beaucoup d'attention et de respect. Une fois monté au milieu de la tente ou de la rahba (cour), il est salué chaque matin. L'outillage accompagnant le métier à tisser, érigé dans une des salles du musée, est aussi présent dans la même salle d'exposition où sont accrochés grand peigne, peigne à main, carde, fuseau et couteaux à crochet, etc. M. E.