Cette édition dédiée à l'artiste el-hadj Mohamed Tahar Fergani s'étalera jusqu'au 25 décembre, à l'opéra d'Alger Boualem-Bessaïah. La soirée d'ouverture, qui s'est tenue lundi, a vu la participation de plusieurs artistes nationaux et internationaux. L'inauguration de la 11e édition de Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes, qui se tient jusqu'au 25 décembre à l'opéra d'Alger Boualem-Bessaïah (Ouled Fayet), a été sujette à de nombreux dysfonctionnements et désorganisation, qui ont laissé le nombreux public présent ce soir-là s'impatienter. La soirée, dont le coup d'envoi devait être donné à 19h, a été reportée jusqu'à 20h. Avant l'entrée des artistes, les organisateurs et le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, feront leurs allocutions sous les huées de la foule, éberluée par la désorganisation de ce "festival international". 20h30, place à l'entrée de la première artiste, qui apaisera un tant soit peu les esprits. Meriem Benallel, cette jeune interprète de musique hawzi, rendra sur plus de 45 minutes hommage au monstre de la musique andalouse, Boukli Hacen Salah, auquel un vibrant hommage à d'ailleurs été rendu ce soir-là, en reprenant son riche répertoire, à travers notamment Moulate esself atouil et R'mel Al maya. Avec sa voix angélique, elle subjuguera l'assistance par son aisance interprétative, et la justesse de sa voix, digne des plus grandes interprètes de cette musique ancestrale. Accompagné de ses huit musiciens, paré de costumes traditionnels, en noir et blanc, l'artiste passe d'un rythme à un autre, d'un registre à un autre avec une grande maîtrise. En reprenant Chkoun. Après cette première partie, les organisateurs rendront hommage au maître Boukli Hacen Salah. À la faveur de la deuxième partie de cette soirée, c'est le musicien turc Goksel Baktagir qui fera découvrir, avec ses deux musiciens, le riche répertoire musical turc. Dans un arabe appris pour l'occasion, Baktagir adressera, avant de partager avec l'assistante son répertoire mélodique, un message de fraternité et sa fierté de participer à cette manifestation. Exclusivement composés par l'artiste, les morceaux, joués avec une grande sensibilité par les artistes, transportera le public. Dès les premières notes aux rythmes saccadés, puis plus mélodieuses et langoureuses émanant du qanun (cithare), du violon et du violoncelle des trois musiciens, le public applaudit ce trio qui l'aura transporté dans Istanbul et ses vieilles ruelles d'antan. Pour clore cette deuxième partie, le trio invite la chanteuse Majda Bencharif, du groupe algérien Ibn Sina, qui reprendra Ya errayeh. Par ailleurs, l'interprète à la voix de rossignol, Amel Brahim-Jelloul, refermera cette première soirée avec des reprises, des compositions originales et beaucoup de surprises. Gracieuse et légère, elle saluera avec ses musiciens son public avant de l'inviter dans son monde, un mélange de musique andalouse, d'opéra et de chansons kabyles. Avec sa voix de velours, la chanteuse captive l'assistance, émerveillée par la présence, le charisme et la volupté d'Amel. La fontaine de Fatma, interprétée par la jeune chanteuse, prend des aires d'opéra, l'aisance et la justesse de l'artiste subjuguent son public. À noter que cette édition verra la participation de plusieurs formations étrangères, jusqu'au 25 décembre. Yasmine Azzouz