Le lever de rideau du 11e Festival culturel local du théâtre professionnel de Sidi Bel-Abbès, dédié pour cette édition à la mémoire de l'écrivain et dramaturge Kateb Yacine, a été donné dimanche à la salle du TRSBA. La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence du wali, des nouveaux élus de l'APC de Sidi Bel-Abbès, des invités et un public fidèle à cette manifestation culturelle. Suite à l'ouverture officielle par le wali Thar Hachani et le commissaire du festival Ahcène Assous, ainsi que la présentation des membres du jury, présidé par Ghaouti Azri (ex-directeur du théâtre régional d'Oran), les festivités ont commencé. À cette occasion, la scène a été cédée au comédien Abdelkader Djeriou, pour un one man show à la mémoire de Kateb Yacine, et ce, à travers l'adaptation par le metteur en scène Youcef Mila des textes du Cadavre encerclé publiés dans le recueil Le cercle des représailles en 1959. Le monologue présenté est une approche entre le personnage de Lakhdar de Kateb Yacine et celui d'un jeune d'aujourd'hui ; une nouvelle lecture d'un jeune évoquant des sujets d'actualité, ayant constaté que sa génération a perdu ses repères. Suite à cette représentation, place à la compétition avec l'entrée en scène de l'association Création et innovation du TRO, qui a présenté une pièce intitulée Le dernier train. Une adaptation de Missoum Zeghrar Halima du roman de l'écrivain hollandais Chiem Van Hawninj. Une pièce qui a été déjà produite par plusieurs troupes, notamment en 2008 par le Théâtre régional d'Oran. Le dernier train, interprété par Bouteina Brahimi et Daha Brahim El-Khalil (tous deux comédiens et étudiants à la faculté des arts dramatiques de l'université d'Oran), a été présenté sous un décor simple : une tente représentant deux symboles, notamment le tunnel d'une ancienne gare routière abandonnée où se déroule la pièce, et le symbolique du deuil chez les familles algériennes. Quant à la lumière, elle est sous forme de deux lignes en LED, symbolisant la trajectoire de la vie de l'être humain et son itinéraire. La pièce symbolise la vie et l'identification du citoyen dans le monde d'aujourd'hui. À travers son personnage, le comédien Daha Brahim El-Khalil interprète la génération actuelle, qui a du mal à s'identifier dans ce monde réel. Quant à sa partenaire, elle traduit une génération des années soixante, où elle retrouve son identité grâce aux "habits et accessoires" d'autrefois. À noter que le festival se poursuivra jusqu'au 13 décembre et verra la participation de six troupes en compétition officielle, qui se disputeront le ticket gagnant pour le Festival national du théâtre professionnel d'Alger (à partir du 23 décembre au TNA). Outre les représentations, il est inscrit au programme des conférences. A. BOUSMAHA