Ces personnes âgées condamnées à vivre dehors pour des raisons multiples subissent un hiver des plus rudes. L'hiver cette année est particulièrement rude et rappelle les années d'antan durant lesquelles le froid sibérien, les chutes de pluie et de neige et les fortes rafales de vent contraignaient les familles à se confiner chez elles autour d'un kanoun, d'une cheminée ou d'un appareil de chauffage. Selon des témoignages concordants, cette saison hivernale s'avère rude, puisque les intempéries récurrentes sont devenues le lot quotidien de la population qui déserte la rue pour des raisons évidentes. Dans ce contexte, des personnes du troisième âge expriment leur solidarité à ceux qui n'ont pas de toit et sont exposés aux aléas de l'hiver. L'une d'elles déclare : "Il est aberrant de tolérer ces injustices ! Des SDF ont édifié des refuges de fortune sous des tentes, des arcades des immeubles, les portes cochères, dans l'entrée des bâtiments, des maisons en construction et autres ! Ils souffrent le martyre et leur misère nous interpelle, car ce sont des êtres humains marginalisés par la société !" Ce constat amer, nous l'avons vérifié de visu notamment à la tombée de la nuit. De malheureux hères enveloppés dans des couvertures, voire des haillons, dorment sur des cartons à même le sol ! Ils subissent les effets des averses de pluie, des chutes de neige et du froid cinglant qui sévit dans la wilaya de Guelma. Ce sont essentiellement des personnes âgées condamnées à vivre dehors pour des raisons multiples, des femmes accompagnées de leur progéniture, des cas sociaux et également des clochards qui hantent les rues de la ville en quête d'un réconfort ou d'une assistance. Pour des raisons inexpliquées, les services concernés seraient aux abonnés absents. Contrairement aux années écoulées, les services de la DAS n'ont pas organisé des opérations de ramassage de ces SDF, en coordination avec les éléments de la Protection civile, de l'APC, du CRA et des services de sécurité. Les cas urgents avaient été hébergés dans des centres d'accueil appropriés, dont le FPA (foyer des personnes âgées) de Hammam Debagh, à une vingtaine de kilomètres de Guelma. Cet établissement étatique offrait le gîte et le couvert à ces SDF qui bénéficiaient de vêtements chauds, des bains chauds et de la sécurité. Un retraité, visiblement désespéré par cette misère humaine, nous confie : "Je saisis cette opportunité pour lancer un appel pressant aux autorités locales et aux édiles qui gagneraient à réagir rapidement en dépêchant des caravanes et des véhicules aux fins de porter assistance à ces infortunés citoyens. Il est vital de leur servir des repas chauds, du chocolat au lait, des croissants, des vêtements chauds et surtout de les héberger dans des sites disposant de toutes les commodités pendant cette saison hivernale."