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Rejet de partis de l'opposition, soutien de l'ex-alliance présidentielle
Maintien de la présidentielle du 4 juillet
Publié dans Liberté le 22 - 05 - 2019

La déclaration faite avant-hier par le chef d'état-major de l'ANP, Ahmed Gaïd Salah, à Ouargla, quant au maintien de l'agenda électoral pour l'organisation, le 4 juillet prochain, de la présidentielle, a suscité des réactions partagées. Ainsi, pendant que les partis de l'opposition dénoncent ce qui s'apparente à un coup de force du pouvoir de fait, les formations faisant partie de l'ex-alliance présidentielle se rangent, comme on pouvait s'y attendre, du côté de la démarche des autorités d'aller au bout de la solution constitutionnelle.

Soufiane Djilali, président de Jil Jadid
"Il y a une volonté de perpétuer le régime"
La dernière sortie de Gaïd Salah est perçue par Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, comme une "tentative de reprise en main" du mouvement populaire par le régime en place. "C'est une tentative de briser le hirak", a-t-il déclaré dans sa réaction au discours prononcé, avant-hier, depuis Ouargla, par le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah. Le président de Jil Jadid dénonce, ainsi, une volonté de sauver le système sous prétexte de respecter la Constitution. "Il y a une volonté de perpétuer le régime à travers l'application stricte de la Constitution qui a été faite pour le régime et contre le peuple", a-t-il regretté. Ce qui est contraire aux aspirations du peuple et de l'opposition qui réclament un changement profond. "Nous, nous demandons un changement fondamental du régime dans la paix et dans la sécurité pour tout le monde. Nous ne voulons pas de changement avec les vengeances", a-t-il commenté dans une allusion aux arrestations et convocations par la justice d'anciens hauts responsables des services de sécurité, de politiques et d'hommes d'affaires, qui s'apparentent plutôt à des règlements de comptes. Soufiane Djilali considère, d'ailleurs, que ces arrestations n'intéressent pas, outre mesure, les Algériens. Ces derniers, explique-t-il, ont plus besoin de la construction du pays. "On ne veut pas s'occuper du passé, on veut construire l'avenir. Les Algériens sont aujourd'hui conscients, ils ont besoin d'avoir un pays stable, d'avoir du travail…", a-t-il dit invitant les décideurs à répondre aux vraies préoccupations du peuple.
F. A.


Mohcine Belabbas, président du RCD
"La Constitution n'est pas la solution, mais le problème"
Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), estime que la Constitution représente davantage un problème qu'une solution comme voudrait le faire croire le chef d'état-major de l'ANP, Ahmed Gaïd Salah. "En réalité, personne n'a entravé ‘la solution constitutionnelle', elle n'est tout simplement pas une solution, mais un problème", a-t-il jugé dans sa réaction, sur sa page Facebook, au discours du chef d'état-major.
M. Belabbas regrette, ainsi, que ce dernier continue à "tergiverser dans des postures qui ont déjà fait perdre à la nation beaucoup de temps". Cela, dit-il, "bien qu'il ne se soit pas attaqué cette fois à ceux qu'il désigne comme ceux qui entravent la solution constitutionnelle". Le président du RCD ne comprend pas comment le chef d'état-major s'attache à l'organisation d'une élection présidentielle rejetée par tout un peuple et en l'absence de structures et de mécanismes d'organisation d'un scrutin. "Après deux semaines d'abstinence de parole, le chef d'état-major de l'armée reprend ses discours à l'adresse de la nation depuis les casernes. Il continue de croire en l'élection présidentielle sans passer par une période de transition à même de mettre en place les mécanismes, dont l'instance indépendante d'organisation et non de surveillance des scrutins, qui garantissent une élection réellement transparente et libre, ainsi qu'une alternance démocratique au pouvoir", a-t-il commenté.
F. A.


Ali Benflis, président de Talaie El-Houriat
"Impossible de maintenir l'élection du 4 juillet"
Ali Benflis, président de Talaie El-Houriat, rejette l'idée d'une élection présidentielle telle que présentée par le chef d'état-major, Ahmed Gaïd Salah. Pour lui, "il est impossible d'engager un dialogue et en même temps de maintenir le scrutin du 4 juillet". Dans une déclaration à une chaîne de télévision privée, M. Benflis a souligné qu'"aucune élection n'est valable sans la participation de tous ceux qui devraient être impliqués. Mais aussi et surtout la mise en place des outils et mécanismes valables d'organisation des élections", a-t-il dit citant la haute instance indépendante d'organisation des élections. Le projet d'installation d'un tel organisme nécessaire pour l'organisation de l'élection devra, cependant, être soumis à "un dialogue approfondi" avec tous les représentants de la classe politique. M. Benflis estime, en outre, "que l'organisation des élections doit impérativement être précédée par la promulgation d'une loi sur l'instance indépendante, la révision de la loi électorale, ce qui passe par l'engagement d'un dialogue préalable", a souligné M. Benflis, qui juge, ainsi, "impossible" le maintien de la présidentielle annoncée par le pouvoir pour le 4 juillet. "Ni politiquement ni matériellement parlant", a-t-il dit.
F. A.


Il appelle à la poursuite de la mobilisation pacifique
Le RAJ accuse Gaïd Salah de vouloir imposer un passage en force
L'association Rassemblement actions jeunesse (RAJ) a mal accueilli le discours du chef d'état-major de l'ANP, Ahmed Gaïd Salah, prononcé lundi 20 mai à Ouargla. "Décevante et exaspérante est la sortie du chef d'état-major, creusant davantage le fossé existant entre les revendications populaires pour le changement du régime et le pouvoir incarné par l'état-major qui n'a pas de volonté politique pour amorcer un dialogue sérieux et responsable avec les dynamiques composant la société afin d'engager une phase de transition pour une sortie de crise consensuelle et pacifique", a indiqué l'association présidée par Abdelouahab Fersaoui.
Et d'ajouter : "Vouloir aller vers l'imposition d'un passage en force à travers l'élection présidentielle ne peut qu'exaspérer davantage la situation et envenimer le climat politique en ébullition." Aussi, RAJ n'a pas manqué de déplorer la "sourde oreille" opposée par l'armée aux multiples appels et propositions de sortie de crise et s'est montré agacé par le fait que le chef d'état-major ait qualifié les revendications populaires d'"irrationnelles et d'irraisonnables". "Face à l'entêtement des détenteurs du pouvoir réel, seule la poursuite de la mobilisation pacifique et la solidarité populaire pourront venir à bout de ce régime et construire l'Etat de droit et de justice sociale", a conclu l'association.
A. C.

Ils déclarent soutenir l'armée dans sa démarche
Le FLN, le MPA et TAJ pour la solution constitutionnelle
Le discours du chef d'état-major de l'ANP, Gaïd Salah, prononcé depuis la 4e Région militaire (Ouargla), a suscité des réactions promptes des partis du pouvoir, notamment le Front de libération nationale (FLN), le Mouvement populaire algérien (MPA) et Tajamou Amel El-Djazaïr (TAJ), à travers lesquelles ils annoncent leur soutien à l'institution militaire et à la "solution constitutionnelle" préconisée pour une sortie de la crise politique du pays. Ainsi, le Mouvement populaire algérien (MPA) a accueilli avec satisfaction les dernières déclarations du vice-ministre de la Défense nationale et chef d'état-major de l'ANP, qui "constituent une confirmation sans équivoque de l'engagement de l'institution militaire pour une sortie de crise apaisée".
Tout en réitérant son soutien à "une solution politique", le MPA réaffirme son attachement à "un processus constitutionnel, seul à même d'épargner au pays des errements préjudiciables, qui pourraient hypothéquer son avenir immédiat", écrit le parti dans un communiqué. Pour le parti d'Amara Benyounès, "l'organisation dès que possible d'une élection présidentielle, garantie par des mécanismes de gestion indépendants et transparents, serait la solution idoine et démocratique pour une sortie de crise et l'avènement d'un pouvoir politique légitime issu d'urnes transparentes".
Le Front de libération nationale (FLN), lui aussi, "réaffirme son plein soutien à la position nationale et souveraine de l'Armée nationale populaire dans le traitement de la crise politique que traverse le pays".
L'ex-parti unique affirme que "les solutions susceptibles de trouver des issues sûres à la crise sont celles puisées dans la Constitution et inspirées de l'interprétation de certaines de ses dispositions", mais rejette les autres propositions "conjoncturelles" et "les initiatives creuses, notamment celles qui visent à aboutir à un vide constitutionnel". Il en est de même pour Tajamou Amel El-Djazaïr (TAJ), qui "invite l'ensemble du peuple algérien ainsi que toutes les parties et les forces vives, fidèles à la patrie, à se mobiliser autour de l'institution militaire" et affirme que le travail dans le cadre de la Constitution demeure "la meilleure solution pour sortir de la crise" politique que traverse le pays, mettant en avant "le retour urgent vers le processus électoral et la construction des institutions légitimes à travers l'action électorale".
Le Rassemblement national démocratique d'Ahmed Ouyahia a, lui aussi, exprimé son soutien à la feuille de route défendue par le chef d'état-major de l'armée, réitérant sa conviction quant à "la nécessité d'organiser l'élection présidentielle afin de sortir de la crise actuelle".
AMAR R.


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