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Piqûre de rappel
Quatre syndicats de la santé critiquent la gestion de la crise sanitaire
Publié dans Liberté le 22 - 07 - 2020

"Le personnel soignant, qui fait face au quotidien à cette maladie virale foudroyante, ne veut pas que la santé des citoyens soit gérée par le langage des chiffres. L'heure est grave", déplore le président du Snechu.
Les syndicats de la santé sont en colère contre la gestion de la crise sanitaire et ils tiennent à le dire haut et fort. Leurs représentants n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère pour fustiger la gestion de lutte contre le coronavirus. Lors d'une conférence animée conjointement hier à Alger, les représentants du Syndicat national des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaire, du Syndicat national des médecins libéraux, du Syndicat national des praticiens de santé publique et du Syndicat algérien des paramédicaux sont sortis de leurs gonds pour démontrer un constat affligeant de la situation, avec à l'appui la "faillite et l'échec" de l'organisation mise en place pour faire face à la maladie virale mortelle et à la gestion des flux incessants de personnes atteintes.
Le président du Snechu, le Pr Belhadj Rachid, a tenu, en premier lieu, à dénoncer le discours "rassurant et apaisant" développé par les autorités sanitaires, en ces temps de crise sanitaire aggravée par le développement exponentiel de l'épidémie. "Rien ne va plus. La situation sanitaire est dangereuse. Nous, les professionnels qui sommes sur le terrain face à cette grave crise, n'avons pas à assumer l'échec de la gestion actuelle de la crise. Ce qui est encore plus dangereux, c'est que nous ne voyons pas du tout le bout du tunnel", déplorera le Pr Belhadj, avant de fustiger la méthode de travail des gestionnaires de la crise au sein du ministère de la Santé ou dans les différentes commissions créées à cet effet. Pour lui, ces comités mis en place sont en décalage par rapport à la difficile réalité des établissements de santé. "Le personnel soignant, qui fait face au quotidien à cette maladie virale foudroyante, ne veut pas que la santé des citoyens soit gérée par le langage des chiffres.
L'heure est grave", déplore-t-il. Sur sa lancée, le chef de service de médecine légale au CHU Mustapha-Pacha ne manquera pas de décrier le fonctionnement des commissions créées par le ministère, en relevant des contradictions "gratuites" à travers les instructions promulguées. "On ne gère pas une commission par les feuilles. Aujourd'hui, on promulgue une instruction, le lendemain, ils envoient une contre-instruction, jusqu'à quand continuera-t-on à fonctionner de cette manière ?", s'est demandé le Pr Belhadj. Apportant de l'eau au moulin du président du Snechu, le Dr Lyès Merabet, SG du SNPSP, critiquera, lors de son intervention, l'approche de la lutte contre la pathologie mise en branle depuis l'apparition de l'épidémie. Pour lui, l'organisation mise en place est "condamnable sur toute la ligne". "Il faut qu'ils finissent, du moins, par admettre qu'ils ont échoué sur le plan de la prise en charge de cette maladie.
Les professionnels qui sont sur le terrain, au péril de leur vie, se plaignent de l'absence de coordination entre les différents services, entre les hôpitaux et entre les commissions créées", assènera, sans détour, le Dr Merabet. Haussant encore le ton, l'intervenant est allé jusqu'à comparer le "positionnement" des autorités compétentes dans cette crise avec "celui qui gère un simple problème économique ou politique, alors qu'il s'agit d'un grave problème de santé publique". "Le ministère de la Santé fait cavalier seul, il est en train de travailler seul dans cette crise, il n'a associé personne, encore au moins une organisation professionnelle au fait de ce qui se passe sur le terrain. Les responsables concernés donnent l'impression qu'ils sont en train de manager une simple crise sanitaire d'un autre pays. Ils sont vraiment en déphasage avec la réalité."
"L'accès aux soins n'est pas garanti pour tous"
Reprenant une nouvelle fois la parole, l'hospitalo-universitaire Belhadj n'hésitera pas à dénoncer l'"implication" directe du wali dans le processus de "désengorgement" des hôpitaux. "L'intervention du wali avec la prérogative de réquisition à ce niveau dans les hôpitaux confirme bien qu'on soit en train d'assurer une gestion bureaucratique et administrative de la crise. Le problème aujourd'hui ne se résume à la question du nombre de lits réquisitionnés pour la Covid-19. Le vrai problème aujourd'hui est le manque de personnel soignant", déplorera encore le SG du Snechu. Cependant, il y a lieu de rappeler au passage que des chefs de service des hôpitaux refusaient d'ouvrir leurs salles aux malades du coronavirus, en avançant différents prétextes. Et les exemples sont légion à ce titre. Pour preuve, le chef de l'Etat avait cité dernièrement le cas des 13 hôpitaux de la capitale dont les responsables n'ont dégagé que 643 lits pour la Covid-19 sur 5 700 existants. Abordant la situation psychologique et physique des soignants, qui sont depuis plus de six mois sur le front, le Dr Merabet lancera de nouveau un SOS aux hautes autorités.
Il relèvera l'épuisement du personnel soignant, conjugué au manque de moyens dans les hôpitaux. Cet appel de détresse est accentué, selon lui, par la multiplication du nombre de professionnels de la santé contaminés et décédés durant l'accomplissement de leur mission. "Le nombre de soignants contaminés dépasse de loin le bilan annoncé par le ministère. Les chiffres officiels communiqués ont été comptabilisés par les tests PCR, qui ne sont pas toujours disponibles. Nous dirons qu'aujourd'hui, nous sommes plus de 3 500 professionnels infectés. Nous déplorons plus de 50 morts au sein du corps médical. L'organisation actuelle des services est en train de favoriser la contamination interprofessionnelle.
D'ailleurs, cette organisation est le facteur n°1 de l'échec de la stratégie de gestion de la crise sanitaire. L'accès aux soins n'est pas garanti pour tous", martèlera le Dr Merabet. De son côté, Ghachi Lounès, secrétaire général du SAP, haussera le ton pour dire que la patience du personnel soignant en première ligne semble atteindre ses limites après six mois de lutte sans relâche contre le coronavirus. "Nous sommes venus aujourd'hui alerter les hautes autorités du pays de ce qu'endure le personnel soignant pour répondre aux demandes de soins. Les paramédicaux, les infirmiers, les infirmières et les médecins souffrent le martyre au quotidien. Ces combattants souffrent d'abord du manque de moyens, de surcharge des hôpitaux. Pis encore, il y en a qui ont été infectés alors qu'ils ne travaillent pas dans les unités Covid. Les autorités sanitaires sont tenues pour responsables de cette situation.
Le ministère de la Santé doit nous associer dans la stratégie de lutte", alertera le représentant des paramédicaux. Quant à l'apport des praticiens engagés dans la bataille livrée contre le coronavirus, le Dr Mustapha Benbraham, représentant du SNML, réitèrera clairement l'engagement des médecins libéraux pour renforcer le front de lutte contre la pandémie. "Même si nous manquons de moyens, nous sommes toujours sur le champ de bataille et nous comptons y rester jusqu'au bout. Il fallait d'ailleurs que les autorités pensent à nous associer dans le schéma de prise en charge de la Covid-19. Les autorités ont fait du médecin libéral un simple figurant dans le circuit de la prise en charge", dira avec colère le Dr Mustapha Benbraham.

Hanafi H.


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