Alger : sit-in des avocats pour réclamer le règlement de leurs problèmes professionnels    Les avocats en colère    Le FFS refuse de cautionner le référendum constitutionnel    "On veut nous neutraliser !"    Ces nids à problèmes    L'initiative de Macron pour le Liban bat de l'aile    Le leader du Mouvement M5 rappelle le rôle primordial de l'Algérie    23 morts dans le crash d'un avion militaire    Algérie-Mexique, le 13 octobre à La Haye    CONDOLEANCES    Abdelwahab Maïche, l'homme au tempérament de gagneur    Mostaganem : La police met en échec une tentative d'émigration clandestine    Les écueils d'une rentrée inédite    Jijel : La barre des 1000 contaminés dépassée    Les locataires tirent la sonnette d'alarme    Les travaux traînent en longueur    Programme dense par le TNA et les théâtres régionaux    Ouverture de la galerie "Diwaniya Art Gallery" à Alger    La Foire du livre de Francfort invite les libraires pour une formation    Une bouffée d'oxygène pour l'Algérie ?    Fantasme électronique !    Table ronde sur le droit et l'accès à l'information    1er Festival du tourisme rural, la forêt de Aïn-Sedjra à l'honneur    «Pour que la nature soit toujours plus belle»    FC Barcelone : le grand «Koemancement»    La révolte des robes noires    Zeghmati, le certificat de nationalité, le casier judiciaire et le bon sens    Sommes-nous tous victimes de l'abstraction sélective ?    Et si on causait d'érotisme dans Les Mille et une Nuits ?    Robes noires    ANSEJ: large mouvement au niveau des directions d'annexes    Les effets négatifs du stress sur votre apparence    Ain Bessem: Une femme blessée dans un incendie    LES CROCS AIGUISES DE LA REALITE DES PRIX    Faire le pied de grue devant un distributeur fâché    AS Aïn M'lila: Un retard considérable à rattraper    RC Relizane: Aucun projet sportif à l'horizon    GC Mascara: Vers le retour du président Bouchentouf    Tlemcen: Un nouveau quota d'eau pour les terres agricoles de Fehoul    Massacres du 17 octobre 1961: Une Association française demande la reconnaissance du crime    L'avis des experts    Vers l'abandon progressif de l'essence super à partir de 2021    L'Algérie condamne l'attaque terroriste contre le convoi du gouverneur de Borno (Nigeria)    Règlement de la crise malienne: les efforts de l'Algérie salués    Libye: l'ONU appelle à l'arrêt immédiat des hostilités en banlieue de Tripoli    Après plusieurs mois de fermeture : Le musée des Beaux-arts d'Alger rouvre ses portes    Importation: Pas de retour aux licences    L'ennemi extérieur est uniquement dans la tête des dirigeants.    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





"Aucun échec n'est une mort définitive"
"Le sel de tous les oublis", de Yasmina Khadra
Publié dans Liberté le 05 - 08 - 2020

Choix délibéré, l'histoire du roman se situe juste après l'indépendance. "Une période que je n'ai pas suffisamment traitée dans mes textes, celle de l'euphorie, des grands espoirs, je suis revenu pour la raconter", explique Khadra.
Le nouveau roman de Yasmina Khadra, Le Sel de tous les oublis, marquera certainement la rentrée littéraire de septembre prochain. Avant même sa sortie officielle prévue fin août 2020 aux éditions Julliard et Casbah, il fait déjà le tour du monde des médias et des plateformes de diffusion. Avec trente romans traduits dans une cinquantaine de langues, Yasmina Khadra est un immense écrivain dont le talent est reconnu aussi bien en Algérie qu'à travers le monde. Il présente son dernier livre dont l'histoire se déroule juste au tout début de l'indépendance algérienne. Adem Naït-Gacem est instituteur dans une petite école. Il est désespéré, car sa femme vient de le quitter. Il va errer sur les routes et croiser des personnages qui vont tenter de l'encourager. Comment ce personnage est-il sorti de l'imagination de l'auteur ? "C'est certainement le jour où j'ai rencontré des clochards sur une plage", explique Yasmina Khadra.
"Je venais de rompre avec une amie très chère, et la seule façon de consommer mon chagrin était de m'isoler totalement." De Koléa, il se rend à la plage de Fouka. "Là, j'ai rencontré des clochards magnifiques, pas des êtres damnés, mais des personnages fabuleux qui avaient peut-être échoué quelque part et qui ont renoncé à leurs rêves et accepté de se décomposer au soleil" : des professeurs d'université, des journalistes, des militants de la guerre de Libération. "Ils ont été tellement déçus et trahis dans leurs convictions qu'ils ont décidé de se marginaliser ; mon personnage est allé les rejoindre, c'est comme cela qu'il est né." Adem est porté sur la lecture et a toujours un livre dans sa besace.
C'est une référence claire aux écrivains que l'auteur pense avoir négligés dans ses livres : "J'avais besoin de me souvenir que c'est grâce à eux que je me suis construit." Entré à 9 ans dans la vie militaire, il estime que ce n'était pas la meilleure façon d'être heureux. "Tout le reste de ma carrière militaire est un parcours du combattant et non un repos du guerrier." Les écrivains – la lecture – vont l'accompagner et le soutenir "quand il fléchissait". Mais, contrairement à Yasmina Khadra, Adem lisait beaucoup, mais n'avait pas écouté les écrivains. "À quoi cela lui a-t-il alors servi ?" interroge l'auteur qui délivre un message : "Faites du livre votre meilleur compagnon, mais écoutez-le, ce n'est pas un objet, c'est peut-être la clé de votre destin ; la littérature est très importante." Choix délibéré, l'histoire du roman se situe juste après l'indépendance : "C'est une période que je n'ai pas suffisamment traitée dans mes textes, celle de l'euphorie, des grands espoirs ; je suis revenu pour la raconter.
C'était la naissance d'une nation, avec ses naïvetés, ses espoirs, l'idéal de l'Algérie (...) Mon personnage va rencontrer toutes les mentalités et les préjugés." Adem Naït-Gacem serait-il un antihéros ? "Il y a une part de nous-mêmes dans ce personnage, celle de notre fragilité, notre désillusion parfois. On est très naïf, on croit en des choses qui n'ont peut-être jamais existé et qui deviennent réalité dans nos têtes : ce sont des convictions et non des vérités." Adem se laisse aller, ce qui déplaît à l'auteur qui rappelle aux gens : "Quelles que soient vos désillusions, ne lâchez pas, continuez de croire, ne faites pas comme Adem." Il faut pour cela avoir la capacité d'écouter le monde quand il nous parle et nous dit : "Aucun échec n'est une mort définitive, il y a toujours une vie après l'échec, y compris le bonheur, il faut chercher." L'image de Don Quichotte sur la couverture du livre symbolise "la recherche névrotique de la vérité, de la réponse aux questions que l'on se pose". En définitive, suggère l'écrivain, même au creux de la vague, on peut trouver le bonheur, et s'il n'existe pas il faut l'imaginer pour qu'il devienne "presque une réalité".
ALI BEDRICI
* Le Sel de tous les oublis, de Yasmina Khadra, éditions Julliard et Casbah, 256 pages, parution fin août 2020.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.