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Un siècle de foot et de lutte
conversation avec Abdelkader Drif, figure historique du mouloudia d'alger
Publié dans Liberté le 09 - 08 - 2020

Discuter avec Abdelkader Drif (83 ans), c'est comme plonger dans l'histoire du Mouloudia. Un voyage dans les temps... glorieux. Une épopée du premier club algérien vainqueur d'un trophée continental racontée par l'un de ses artisans. Dernier survivant des historiques du premier club de football algérien, Abdelkader Drif nous livre le récit d'une page exhaltante du sport national. Pas si évident de tout raconter du siècle du Mouloudia fait de luttes sportives mêlées à la grande bataille libératrice. Cependant celui qui était le dirigeant du MCA durant les années soixante-dix lève le voile sur une séquence chargée de victoires, de défaites et de déceptions. Mais en ce 99e anniversaire du Mouloudia, il est plus question d'Histoire et de mémoire à transmettre.
Liberté : Monsieur Drif, le Mouloudia fête ces jours-ci son 99e anniversaire, soit à une année du centenaire. Que représente pour vous un tel événement ?
Abdelkader Drif : 100 ans, c'est une sacrée vie. C'est un sacré parcours qu'il faut en tant que sportif saluer car, pour pouvoir survivre à 100 ans d'existence, il faut avoir une base très solide. Le Mouloudia au cours de ce parcours, ô combien riche et difficile, a eu deux vies : celle de l'époque coloniale et celle post-indépendance. La première phase a été menée par des hommes qui avaient des convictions, des objectifs mais qui n'étaient pas de gagner une rencontre ou de s'imposer sur le plan sportif, mais c'était surtout de permettre aux jeunes autochtones de s'exprimer.
À l'époque, lors d'une rencontre Mouloudia-Galia ou bien Mouloudia-ASSE, la durée des 90 minutes était une façon d'exprimer une identité algérienne. Ce n'était pas facile, c'était très difficile de le faire. À l'époque, il y avait un jeune intellectuel, petit-fils de l'émir Abdelkader, qui n'est autre que l'émir Khaled. Il a constaté durant les conférences qu'il animait à Alger qu'il y avait une jeunesse dépourvue de liberté.
Comment est venue justement l'idée de créer le club ?
Il faut noter qu'à cette époque, avec le code de l'indigénat, il n'y avait aucun parti nationaliste. Et dans ce code, il a trouvé une faille qui permettait de mettre en place une association sportive. Il a donc intéressé les jeunes dans ce projet. Parmi eux, le père fondateur du Mouloudia, Aouf. Et c'est comme cela que l'idée de la création du Mouloudia a germé en octobre 1921. C'est inscrit d'ailleurs dans le Journal officiel d'octobre 1921 de la République française. C'était la première organisation reconnue comme une organisation sociale à caractère sportif qui servait à mobiliser les jeunes pour la cause nationaliste.
C'est après que les organisations politiques comme l'Etoile nord-africaine et l'Association des oulémas musulmans ont été créées jusqu'à la création du FLN en octobre 1954. Cette période coloniale s'est caractérisée pour le Mouloudia par un combat pour l'identité algérienne. Des matchs comme MCA-Galia mobilisent d'un côté les Européens et d'un autre côté les Algériens. C'était en quelque sorte un duel politique par matchs de football interposés. L'organisation des compétitions de football à l'époque faisait en sorte que dans la division honneur, sur les 12 clubs, il en y avait 9 européens. Ce qui interprétait un ostracisme certain.
À cette époque-là, on ne pouvait pas parler de football mais c'était une façon de participer à l'émancipation des Algériens à travers le sport. Aucune des équipes algériennes que j'ai citées n'a remporté de titre. En 1956, la compétition s'est arrêtée suite à de graves incidents ayant émaillé la rencontre Mouloudia-AS Saint-Eugène. C'est là où les dirigeants du Mouloudia ont décidé de s'afficher publiquement aux côtés du FLN et de se retirer de la compétition. Ce pan de l'histoire mérite que les historiens s'y penchent et fassent des recherches. Ceux qui ont mené le combat politico-sportif de 1921 à 1956, à commencer par le défunt Aouf, méritent une place au panthéon de l'Histoire. Puis, il y a eu le Mouloudia de l'après-indépendance. Le club a dû reprendre à partir des paliers inférieurs comme tous les clubs algériens avant d'arriver à l'élite.
J'ouvre ici une parenthèse pour dire qu'à l'époque, pour qu'un dirigeant fasse partie déjà d'une assemblée générale d'un club, il fallait passer par le trou d'une aiguille et des enquêtes d'habilitation avant de permettre au concerné d'être membre de l'AG. Alors de là à accéder à un poste de responsabilité, il fallait vraiment le mériter. Il fallait être pleinement engagé dans la pratique sportive et depuis longtemps, soit avant l'indépendance, et avoir une moralité irréprochable.
Justement, comment êtes-vous parvenu à un poste de responsabilité au Mouloudia d'Alger ?
Vous savez, j'ai toujours pensé que j'avais une dette pour ce club que j'ai toujours porté dans mon cœur. Je me disais que je ne pouvais pas me limiter à cette cotisation annuelle. Je me disais que je devais aider le club qui justement traversait une période difficile sur le plan financier. J'ai donc souhaité participer modestement au développement de ce club. C'est alors que j'ai rencontré Braham Derriche, le président du MCA de l'époque, pour lui faire la proposition, mais j'avais exigé de rester dans l'anonymat. J'ai commencé donc à aider le club en ayant un seul interlocuteur, à savoir Braham Derriche, qui a tenu parole.
À l'époque, il y avait une équipe formidable du MCA composée des Betrouni, Bencheikh, Bachta, Bachi, Kaoua... qui avaient de surcroît remporté deux titres consécutifs en 1972-1973 et 1973-1974. Cependant, ce sont des joueurs auxquels on avait fait des promesses de primes qui n'ont pas été tenues. C'est ainsi que ces joueurs se sont révoltés et ont enclenché leur "22 février" pour réclamer leur droit. J'avais franchement pensé qu'ils étaient dans leur droit le plus absolu car personne ne peut faire des promesses à la jeunesse algérienne sans les honorer. Ces joueurs ont décidé donc de ne pas renouveler leur contrat au MCA. C'est ainsi que je suis sorti de l'anonymat en recevant les joueurs dans mon bureau à Alger. Je les ai longuement écoutés puis je suis retourné au bureau directeur du MCA pour expliquer leur position. J'ai dit que les joueurs avaient raison sur un point fondamental : on leur a menti sur leur droit.
Les membres du bureau de l'époque m'avaient répondu que c'était une question de moyens, loin d'eux donc l'idée ne pas honorer leurs engagements vis-à-vis des joueurs. Ils ont d'ailleurs avoué que la démarche des joueurs étaient justifiée. Même si certains parmi eux s'enlisaient dans une posture jusqu'au-boutiste qui consistait à ne pas céder au chantage des joueurs. Après plusieurs réunions, je suis parti voir le ministre de l'Intérieur M. Belamane, auquel j'ai proposé une cooptation au sein de la direction du MC Alger jusqu'à la fin de la saison. C'est ainsi que je me suis retrouvé à la tête du club. Une fois intronisé, j'ai assumé l'actif et le passif. J'ai même assaini toute la situation, j'ai aussi payé les joueurs. En un laps de temps très court, le MCA n'avait plus de dettes et ne devait de l'argent à aucun joueur.
C'était votre argent personnel ?
Et bien oui. Puis j'ai réfléchi à un plan de développement pour le club qui devait commencer par une domiciliation dans un stade qui correspond à la grande popularité du Doyen. À l'époque, j'avais un grand ami, M. Hadjout, qui était justement directeur du stade du 5-Juillet. C'était le premier gestionnaire du complexe sportif. J'ai demandé audience à M. Hadjout pour lui faire part de notre décision de domicilier le MCA au stade du 5-Juillet. Il y avait avec moi lors de cette rencontre M. Hamid Zouba. Je me rappelle très bien que M. Hadjout m'avait dit qu'il était pour l'idée, histoire de rentabiliser l'infrastructure. Il m'a même dit que c'était à moi d'établir la convention d'exploitation du MCA.
Le Doyen avait atteint un tel niveau qu'il devait passer à une étape supérieure sur le plan technique. Il devait évoluer dans une vraie arène de football qui pouvait contenir le peuple du Mouloudia. Or, le stade de Bologhine, qui était le bastion du MCA, doté encore d'un terrain en tuf, ne répondait plus à cette exigence de haut niveau. Il y avait bien sûr, comme toujours, des dirigeants qui étaient contre cette idée, car pour eux, le MCA était viscéralement lié au stade de Bologhine, oubliant qu'un club a besoin de grandir. Mais j'ai pris cette décision d'autorité. Au complexe du 5-Juillet, le MCA pouvait profiter de toutes les commodités : terrain, cinéma, sauna, hôtel..., pratiquement toutes les commodités. Nous sommes les précurseurs à ce niveau-là aussi.
Pour passer à une étape supérieure, il fallait disputer la Coupe d'Afrique des clubs aussi, n'est-ce pas ?
L'idée de participer à une coupe d'Afrique a germé d'abord chez les joueurs et leur entraîneur, le défunt Smaïl Khabatou. Les joueurs n'avaient rien demandé en contrepartie, si ce n'est de leur offrir des conditions de voyage acceptables. C'est le challenge sportif qui les motivait. C'est alors que j'ai demandé audience au président de la Fédération algérienne de football de l'époque, le défunt Bekka, auquel je voudrais rendre un énorme hommage aujourd'hui. M. Bekka nous a facilité la tâche. C'est ainsi que nous avons participé à cette Coupe d'Afrique et l'avons brillamment remportée, avec en sus la Coupe d'Algérie et le championnat. C'était la fabuleuse année du triplé historique du MCA.
Il paraît que vous avez partagé le montant du chèque entre les joueurs ?
Il faut savoir que je me suis entendu avec le défunt Bekka sur le principe de partager les recettes des matchs à domicile avec la FAF, qui avait accepté de nous aider sur le plan des déplacements en Afrique. Je me suis engagé à non seulement rembourser les frais engagés par la FAF, mais aussi à partager les recettes de la Coupe d'Afrique. Au final, nous avons réussi à récolter la somme de 900 000 DA, ce qui représentait un bon pactole. Nous avons par la suite partagé la somme en deux. Le MC Alger a hérité d'un chèque de 450 000 DA.
Je me rappelle le jour où je suis parti récupérer l'argent, j'étais accompagné de M. Zoubir Bachi, le capitaine de l'équipe. Le président de la FAF m'avait remis le chèque que j'ai remis personnellement à Bachi. Cet argent était destiné aux joueurs. Cela représente la prime gagnée en Coupe d'Afrique des clubs. Ce n'est qu'une juste récompense pour des joueurs qui ont hissé le drapeau de l'Algérie sur la scène africaine mais surtout permis à notre cher Mouloudia de remporter un premier titre africain de son histoire.
Cette coupe d'Afrique vous a permis de vous mesurer ensuite au Grande Real de Madrid...
Oui, mais ce n'était pas un match de gala, comme veulent le faire dire de soi-disant dirigeants pour célébrer le centenaire. Il faut rappeler que lors de ce tournoi organisé à Madrid, nous représentions l'Afrique en tant que champion d'Afrique et le chef de délégation était le président de la CAF, M.Tessema. Il y avait donc le Real, le MCA, la sélection de l'Iran et une équipe d'Argentine. Nous avons fait bonne figure. Nous avons reçu les félicitations du président du Real de Madrid, Benarbeu, qui nous a battus par deux buts à un. C'est une grande fierté pour le MCA.
Puis il y a la fameuse réforme sportive qui a cassé le MCA...
À l'époque, les dirigeants du pays ont choisi une nouvelle politique qui consistait à rattacher les clubs sportifs aux sociétés nationales. Mais ils avaient commis l'énorme bourde de déraciner les clubs de leur base populaire et leurs dirigeants. Nous avons été tous priés de plier bagage et de laisser la place à une gestion administrative des clubs.
Le seul club qui a échappé à cette purge, c'est la JSK, qui a gardé ses anciens dirigeants. Pour des raisons politiques évidentes car la Kabylie faisait peur, ils n'ont pas touché à la JSK. C'est ce qu'il lui a permis du reste de construire un peu plus tard la fameuse équipe du Jumbo JET qui a dominé le football national et gagné la seconde Coupe africaine algérienne en 1981. Le MCA a été non seulement privé de sa direction historique, mais aussi de ses meilleurs joueurs en raison de la loi des 28 ans qui leur interdisait de continuer à jouer au MCA au-delà de cet âge.
Pourquoi ? Et bien tout simplement pour briser cette équipe qui dominait le football national et ouvrir la porte à d'autres clubs. Le système algérien a ceci de particulier : il n'aime pas tout ce qui brille, tout ce qui lui fait de l'ombre. Il casse les symboles de la réussite. C'était un complot contre le MCA.
Cette opération de destruction du MCA a continué avec l'arrivée de Abdelazif Bouteflika au pouvoir...
Avant son investiture, j'étais pleinement investi dans la candidature de Abdelaziz Bouteflika. Il avait promis des réformes profondes dans tous les domaines, y compris le sport. Mais au fil du temps, je me suis rendu compte qu'il ne tenait pas ses promesses. Pis encore, le MCA a continué à souffrir de la cabale des dirigeants avec cette remise ridicule du sigle en 2002. Par le truchement d'un certain Rachid Maarif, un usurpateur dans la peau d'un Mouloudéen qui a embarqué le MCA dans une aventure vouée à l'échec.
Avec la complicité d'un autre fossoyeur, Chakib Khelil, l'ancien ministre de l'Energie, ils ont menti au peuple du Mouloudia et mené le club à la dérive. J'ai été contre et j'ai dénoncé cet attentat contre le MCA en temps voulu, au moment où le reste des dirigeants se complaisait dans un silence complice. Je vous rappelle qu'en 2001, j'ai lancé un appel désespéré pour que Sonatrach ne se retire pas du MCA.
L'association que nous avons créée M. Marif et moi (El Mouloudia, ndlr) avait pour objectif dans une première étape d'aider à l'émancipation du MCA pour son retour progressif à la vie d'un club sans tutelle. Malheureusement, ils l'ont fait autrement et M. Marif a parrainé l'accord que j'ai dénoncé en son temps et qui a eu pour conséquence la situation que vit le club actuellement. Résultat des courses, des milliards ont été dépensés par Sonatrach pour le club sans aucune contrepartie. En 2020, le MCA n'a ni stade ni centre de préparation et de formation.
C'est un gâchis pour un club ancestral qui en 1971 commençait déjà à dominer l'Afrique. Sans des politiques sportives scandaleuses, le MCA serait aujourd'hui parmi les meilleurs du continent, à l'image du Ahly du Caire ou de l'Espérance de Tunis. Le MCA aurait eu plusieurs étoiles flanquées à ce valeureux maillot vert. C'est une injustice historique.
Entre-temps, votre nom a été associé à l'arrivée récemment de Sakhri. Pouvez-vous nous éclairer là-dessus ?
M. Sakhri est venu me voir pour avoir ma bénédiction afin de présenter un projet sportif au MCA. Il m'a tarabusté pendant trois ans avant d'avoir un rendez-vous avec le P-DG de Sonatrach. Je n'étais pas contre, mais je ne suis pas son parrain. J'ai expliqué cela dès le début. Sa politique a failli parce que gérer le MCA, ce n'est pas une gestion de la caisse.
C'était aussi le cas d'un certain Eddir Loungar...
Oui, là aussi, on vient demander mon avis. M. Eddir Loungar présente un projet sportif et un investissement à hauteur de 20 millions d'euros. Son plan suscite l'adhésion des supporters qui organisent même une marche à El-Kettani. Des policiers viennent chez moi pour me demander de calmer les supporters. Je parviens à le faire et, quelques mois plus tard, Sonatrach reprend comme par hasard le MCA pour barrer la route à Loungar. Tout cela est calculé... Le MCA revient du coup dans le giron de Sonatrach, mais le résultat est toujours le même, de l'argent jeté par la fenêtre. On se sert du MCA, mais on ne le sert jamais. C'est insupportable pour quelqu'un comme moi qui voue un amour incommensurable au Mouloudia.
Vous pensez que le MCA est encore mal géré...
C'est de la non-gestion. De la gabegie. J'ai peur pour le MCA, à quelques encablures du centenaire.
Et le football algérien...
Après la phase catastrophique de Mohamed Raouraoua qui a mis à genoux le football algérien, se contentant d'une équipe nationale clés en main, oubliant la formation locale, l'Etat nomme un valet à la FAF, M. Zetchi, qui était pourtant bien au PAC. La gabegie et le bricolage continuent. Il reprend la même recette de son prédécesseur avec une équipe nationale importée et un sélectionneur que je salue au passage pour sa compétence, formé en France. C'est fabuleux, ce que nous avons vécu lors de la CAN 2019, mais ce sacre a-t-il apporté quelque chose au football algérien ? Non, rien. Il faut de nouveau tout changer et permettre l'arrivée de dirigeants intègres et propres.
Entretien réalisé par : SAMIR LAMARI


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