La neuvième édition des Nuits de la calligraphie et du manuscrit s'est achevée mardi soir au Musée public national de la calligraphie islamique de Tlemcen, mettant un point final à deux soirées consacrées à la richesse du patrimoine andalou.Placée sous le thème évocateur « La branche andalouse florissante », cette manifestation a été organisée par le musée en coordination avec le Laboratoire des études littéraires et andalouses de l'Université de Tlemcen. La dernière soirée a été marquée par une série de communications animées par des enseignants-chercheurs des universités de Tlemcen et d'Oran, offrant au public un voyage érudit au cœur des manuscrits et des figures savantes liées à l'Andalousie. En ouverture, le docteur Mahi Guendouzi Nedroumi, de l'Université de Tlemcen, est intervenu autour du thème « Les savants de Tlemcen à travers le livre Nafh al-Tib ». Il a présenté cet ouvrage majeur de l'imam Ahmed al-Maqqari, structuré en deux grandes parties : la première retrace, en huit chapitres, l'histoire et les figures des Andalous ; la seconde est consacrée à la personnalité de Lissan al-Din Ibn al-Khatib, également développée en huit chapitres. L'intervenant a souligné que l'ouvrage, publié en huit volumes, constitue une source incontournable pour comprendre l'apport intellectuel des savants maghrébins et andalous. Parmi les figures de Tlemcen évoquées par al-Maqqari figurent notamment Muhammad ibn Ahmad ibn Marzouq al-Jadd, prédicateur et auteur de « Taysir al-Maram fi Sharh 'Umdat al-Ahkam », ainsi que Shams al-Din ibn Muhammad ibn Ahmad ibn Marzouq, dit al-Hafid, connu pour ses commentaires sur la célèbre « Burda ». A également été cité Abu Abdallah Muhammad ibn Muhammad al-Maqqari al-Jadd, auteur d'ouvrages juridiques de référence, dont un traité sur les fondements du fiqh. De son côté, Boubaya Abdelkader, enseignant à l'Université d'Oran, a partagé son expérience de recherche dans une communication intitulée « Le parcours du chercheur Boubaya avec les manuscrits de l'histoire andalouse ». Il y a présenté plusieurs manuscrits consultés dans le cadre de ses travaux universitaires, dont « Mafakhir al-Barbar » de Salih ibn Abdelhalim al-Aylani al-Masmoudi, un texte consacré à la mise en valeur du rôle des Berbères dans l'histoire islamique et andalouse. Il a également évoqué un manuscrit intitulé « Histoire d'al-Andalus », dont la première partie décrit la géographie et le relief de la péninsule, ainsi qu'un passage tiré du « Tarjuman al-'Ibar wa Diwan al-Mubtada' wa al-Khabar » d'Ibn Khaldoun, consacré à l'histoire et à la civilisation andalouses. Une autre intervention, assurée par Bensenouci Hichem, de l'Université de Tlemcen, a porté sur « Les innovations des Andalous dans la consignation des manuscrits ». Il s'est notamment intéressé au langage littéraire codé utilisé par les Morisques, derniers musulmans d'Andalousie contraints à la conversion en Espagne au XVIe siècle après la chute de Grenade. Selon lui, l'écriture arabe a constitué l'ultime rempart culturel de cette communauté, préservant discrètement sa foi et son identité.