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"Le problème de fond reste celui de l'emploi"
BRAHIM GUENDOUZI, PROFESSEUR D'ECONOMIE
Publié dans Liberté le 10 - 10 - 2021

Liberté : Le gouvernement prévoit d'instituer une nouvelle allocation au profit des chômeurs à travers le projet de loi de finances pour 2022. En quoi consisterait cette allocation ?
Brahim Guendouzi : La situation économique morose, que connaît aujourd'hui le pays à la suite de la récession enregistrée en 2020, a eu des retombées sur les emplois, que ce soit par rapport aux pertes enregistrées du fait des difficultés rencontrées par la plupart des entreprises, ou par la faiblesse de la création de nouveaux postes de travail. Aussi, le taux de chômage enregistre une hausse sensible qui pourrait avoir une incidence sur l'équilibre de la société, en général, au cas où les pouvoirs publics n'y remédieraient pas à temps. L'annonce faite par le président de la République de créer une allocation chômage a pour souci d'atténuer, un tant soit peu, les tensions sociales, particulièrement chez les jeunes confrontés à l'absence de perspectives sur le plan professionnel. L'ancien "filet social" qui avait rempli un rôle d'amortisseur, il y a quelques années, est actuellement dépassé par la nouvelle configuration de l'économie nationale. Le fait de distribuer un revenu à des personnes sans travail et sans couverture sociale peut effectivement être perçu par les concernés avec beaucoup de satisfaction. Il reste, cependant, entendu que le problème de fond pour lequel des solutions durables sont préconisées est celui de l'emploi permanent et de la Sécurité sociale.
Selon quels critères pourrait être fixée cette allocation chômage et comment sera établie la liste des bénéficiaires potentiels ?
L'allocation chômage est logiquement destinée aux primo-demandeurs de postes de travail, particulièrement les jeunes diplômés de l'enseignement professionnel et des universités. D'autant plus qu'ils ne disposent d'aucune expérience professionnelle à faire valoir face aux éventuels recruteurs qui sont exigeants en la matière.
Sur le plan opérationnel, ce sont les Agences nationales de l'emploi (Anem) qui joueront probablement le rôle d'interface et auront à constater la situation de chômage caractérisant les demandeurs de l'allocation et les exigences réglementaires définies pour son octroi. La limite d'âge et le nombre d'années sont à préciser, ainsi que d'autres éventuels bénéficiaires. Cependant, le risque existe par rapport à ceux qui sont déjà dans des activités informelles et donc disposant réellement d'un revenu.
Comment discerner alors les vrais chômeurs de ceux qui pratiquent au noir des tâches rémunérées ? Par ailleurs, les personnes ayant déjà travaillé, mais qui viennent de perdre leur emploi à la suite d'un licenciement sont considérées aussi comme des chômeurs.
Auront-elles alors le droit de toucher l'allocation compte tenu évidemment de la limite d'âge arrêtée ? Les modalités pratiques de la mise en œuvre de la mesure présidentielle ne sont pas encore publiées pour mieux apprécier son impact sur la grande masse des chômeurs.
Quel impact pourrait avoir cette mesure sur le pouvoir d'achat et pour quel coût budgétaire, au vu du fort niveau de chômage que connaît l'Algérie ?
Tout d'abord, de par sa nature même, l'allocation chômage est l'une des mesures s'inscrivant dans la logique de préservation du pouvoir d'achat des ménages. Sur le plan budgétaire, elle rentre dans la catégorie des dépenses publiques relevant des transferts sociaux.
Ceux-là occupent déjà une part consistante dans le budget de fonctionnement de l'Etat (près de 20%). L'effort financier qui sera occasionné par la mise en œuvre de l'allocation chômage sera évidemment important compte tenu du nombre élevé des prétendants considérés comme chômeurs.
Compte tenu des contraintes budgétaires, notamment l'énorme déficit qui caractérise les finances publiques, un arbitrage s'avèrera nécessaire dans la structure des dépenses relevant des transferts sociaux et qui apparaîtront probablement dans le projet de loi de finances pour 2022. Sur un autre plan, l'allocation chômage aura un effet positif certain sur l'indice de développement humain (IDH) de l'Algérie, et donc son amélioration dans le classement international.

Entretien réalisé par : AKLI REZOUALI


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