Commission d'enquête du Sénat ? C'est quoi le Sénat ?    Le MSP vise un groupe parlementaire    Le procès de Chakib Khelil prévu aujourd'hui    Le sachet de lait subventionné toujours rare    40 rendez-vous au Palais des expositions d'Alger    Tripoli appelle à la coopération internationale contre la migration illégale    De Sankara à Goïta, la révolte des jeunes officiers    L'Algérie et l'Egypte décidées à faire réussir le prochain Sommet arabe en Algérie    L'affaire du match NAHD-MCA traitée incessamment    Le président de la FAA en tournée nationale    Un trio de favoris en huitièmes de finale !    Incendie dans un entrepôt du service régional d'équipements de la Sûreté nationale    Faut-il décréter la vaccination obligatoire ?    Chaussures plates ou à talons, faites le bon choix    Actuculte    Sacré Al Rûmi !    Lettre de Tata Aldjia à un cousin d'Amérique (2)    Groupe E : Algérie 0 Guinée équatoriale 1 - Amère déconvenue    Spéculation sur les marchandises: La loi dans toute sa rigueur    L'indépendance, rien que l'indépendance    Convention entre l'USTOMB et le port d'Arzew (EPA): Don d'un bateau-pilote pour la formation des étudiants en Génie maritime    Bechar: Quatre morts dans une collision    Education: Suivi mitigé de la grève des contractuels    Exportation du Coronavac: En attendant le feu vert de l'OMS    Le fusil et le burnous    Conseil des ministres: L'Etat paiera plus cher les céréales aux agriculteurs    Football - Ligue 1: Le CRB imperturbable, la JSS et le MCA se replacent    Le derby de Séville suspendu    De mal en pis    La leçon des échecs    4 personnes devant la justice    Un moteur marin algérien mis à flot    Les coopératives oléicoles en gestation    Le spectre du stress hydrique plane    68 élèves contaminés et 3 lycées fermés    Le gouvernement hausse le ton    Décès à Bamako de l'ancien président Ibrahim Boubacar Keïta    Prémices d'un tournoi raté    Haaland met le feu à la maison    Des manifestations hautes en couleur    Tamazight pour tout le monde    La pièce «Vers l'espoir» éblouit le public    L'ambassade des Etats-Unis à Alger s'en félicite    Des prestations artistiques en clôture des célébrations    L'explosion d'une bombe artisanale fait 3 blessés    L'examen du projet de loi portant découpage judiciaire au menu    Sisyphe et nous    Le FFS opte pour Hadadou    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Djaïli Amadaou Amal, lauréate du Choix Goncourt de l'Algérie
"Les impatientes", un réquisitoire contre les violences domestiques dans le Sahel
Publié dans Liberté le 15 - 11 - 2021

Lors de la cérémonie du 3e Goncourt Algérie, organisée samedi à l'IFA, la romancière est revenue sur son écriture, la condition de la femme subsaharienne et l'importance de la littérature en Afrique.
Djaïli Amadaou Amal est la grande lauréate du 3e Goncourt Choix Algérie, pour son roman Les impatientes (éditions Emmanuelle Collas). Dans ce livre ayant reçu le Goncourt des lycéens en 2020, l'écrivaine évoque la question du mariage forcé au Cameroun (son pays d'origine), à travers l'histoire de trois femmes. "Patience ! C'est le seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu'il est impensable d'aller contre la volonté d'Allah.
Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles à se libérer ?" Afin de donner plus détails sur la genèse de cet ouvrage au sujet sensible et poignant, Djaïli Amadaou Amal a "rencontré" virtuellement ses lecteurs, samedi, à l'Institut français d'Alger (IFA), lors de la cérémonie du Goncourt Algérie. Avant de céder la parole à la romancière, l'ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, a indiqué que cette manifestation prend de l'ampleur, et l'Algérie "fait partie d'un réseau international de 27 pays ou régions qui participent à cet événement littéraire. L'Algérie a toute sa place, même si elle n'est pas membre institutionnel de la francophonie.
C'est un pays indéniablement francophone et possède aussi une littérature francophone d'une grande richesse". Concernant l'intervention de l'autrice, elle s'est prêtée une heure durant au jeu des questions-réponses du jury, composé d'étudiants de différentes universités du pays. Inspiré de son propre vécu, Les impatientes est un hymne à ces femmes violentées dans les régions du Sahel ; "et la violence faite aux femmes est un sujet universel et j'ai l'espoir d'un changement", indique d'emblée l'écrivaine. Tout en rappelant que ces violences, qu'elles soient physiques, psychologiques, le mariage forcé ou précoce, sont des sujets tabous : "Toutes nos cultures se rejoignent finalement pour pouvoir museler la femme. Il était temps, qu'une femme se lève et prenne la parole pour dire que ce les autres ressentent", martèle-t-elle.
Selon une étude, elle a avancé que le mariage forcé et précoce est toujours d'actualité, et ce, pour plusieurs facteurs, notamment la misère, la religion, le terrorisme (esclave sexuel, bombe humaine), changement climatique et "au Cameroun 68% des femmes affirment avoir subi des violences". À propos du titre, qui renvoie à la patience, elle a expliqué que la patience ou le "munyal" – dans la langue peul – est l'une des valeurs fondamentales de la culture peule, "mais également de la culture islamique, 'el sabr'. Ce munyal peut signifier pour une femme : supporter et accepter de se faire battre et abnégation de son bonheur pour la dignité de sa famille".
Quant au texte, l'idée n'est pas d'écrire sur tout ce qui est "tragique", mais de "transmettre" les émotions de ce que peuvent ressentir ces victimes. "Toutes les femmes subsahariennes, et ce, de différents milieux sociaux ou d'appartenances religieuses, auront à vivre un passage du roman et se reconnaîtront dans ce livre", regrette-t-elle.
D'ailleurs, en rédigeant ce roman, l'autrice de Munyal, les larmes de la patience a ressenti de la souffrance, car "c'est très difficile d'écrire sur des violences que nous avons vécues. Cela m'a libéré ! Je ressentais le besoin de l'écrire, car j'étais convaincue que c'est un texte nécessaire pour des milliers de femmes". En effet, cette œuvre a été inscrite dans le programme scolaire du Cameroun, et est devenue un "outil nécessaire" pour la société civile. Outre l'écriture, Mme Djaïli a décidé de militer sur le terrain, en créant l'association "Femmes du Sahel", qui travaille sur deux volets importants, à savoir l'éducation (prise en charge de la scolarité des petites filles, campagne de sensibilisation...) et le développement.
À rappeler que le Choix Goncourt de l'Algérie a été créé en 2019 à l'initiative de l'Institut français d'Algérie sous l'égide de la prestigieuse Académie Goncourt, "le prix offre aux jeunes Algériens passionnés de lecture une occasion unique de découvrir la littérature contemporaine de langue française à travers des œuvres récentes, éclectiques et de grande qualité".

Hana M.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.