Les programmes nucléaires de l'Iran et de la Corée du Nord, le Proche-Orient et l'Irak sont les grands dossiers qui vont dominer la dernière année de l'administration Bush en matière de politique étrangère, a souligné la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice. L'Iran et la Corée du Nord, deux pays qualifiés par Bush d'axes du mal n'auront pas fini d'entendre parler de Washington, a assuré l'égérie du locataire de la Maison-Blanche. Ce sont des Etats au sujet desquels il existe d'importantes craintes en matière de prolifération nucléaire, a-t-elle souligné, alors que Téhéran a été lavé pour ainsi dire par les 16 agences de sécurité américaines qui ont annoncé que l'Iran avait abandonné son ambition de se doter d'une bombe atomique en 2003 et qu'avec Pyongyang, le processus de dénucléarisation se poursuit normalement. Sur l'Iran, Mme Rice a répété ce qu'avait dit Bush après la révélation de ses services secrets : elle ne croit pas que le rapport donne une image bienveillante de l'Iran et quand bien même, il est juste, l'Iran, à ses yeux, doit rendre des comptes sur ses activités nucléaires militaires passées. Sur ce dossier, Washington rencontre des obstacles au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies qui n'adoptera pas de nouvelles sanctions contre l'Iran avant début 2008 en raison de profondes divergences entre d'un côté les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, et de l'autre la Russie et la Chine. Par ailleurs, Moscou et Téhéran sont parvenus à un accord pour achever la construction de la centrale nucléaire de Bushehr, qui joue un rôle de premier plan dans les tensions internationales entourant le programme nucléaire iranien. À propos du Liban, en pleine crise politique et qui peine à élire un nouveau président, Washington appuie le Premier ministre libanais Fouad Siniora, avertissant la Syrie et l'ensemble des voisins du Liban en les enjoignant à jouer un rôle constructif. Par ailleurs, Mme Rice n'est pas surprise par les turbulences survenues lors de la première séance de négociations entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre du processus de paix relancé fin novembre à Annapolis, aux Etats-Unis. Pour Washington, l'essentiel est que les deux parties se sont engagées à faire avancer ce dossier et “elles le feront” assure Mme Rice à propos de l'objectif de créer un Etat palestinien d'ici la fin 2008. Mais, il ne faudra pas compter sur des pressions américaines sur Israël. Avec la campagne électorale pour la succession de Bush, il ne faut surtout pas exciter les lobbys juifs. Sur la Russie, l'ancienne soviétologue n'est pas particulièrement troublée par les ambitions politiques de Poutine, qui pourrait devenir Premier ministre après son départ du Kremlin l'an prochain. Elle espère toutefois que la présidentielle russe de mars 2008 se déroulera dans de meilleures conditions que le scrutin législatif très critiqué dans le monde qui a vu la large victoire le mois dernier de Russie unie, la formation conduite par Poutine. Concernant le Pakistan, allié des Etats-Unis dans la guerre contre le terrorisme, Mme Rice se veut optimiste après la décision du président Musharraf de quitter la tête de l'armée et de la levée de l'état d'urgence afin de préparer les législatives de janvier. D. B.