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Le monde arabe sur le fil du rasoir (3e partie et fin)
L'économie mondiale : Prospective 2007
Publié dans El Watan le 31 - 10 - 2006


Troisième scénario
Aujourd'hui, le statu quo monétaire aux Etats-Unis permet à la FED d'attendre et de voir l'évolution future des indicateurs de l'économie américaine. La situation aux Etats-Unis est au ralentissement et vient coïncider avec les élections mi-mandat le 7 novembre 2006. Par ailleurs, la situation géopolitique est particulièrement préoccupante et, au premier chef, est concernée la première puissance mondiale. Selon des spécialistes de la géopolitique, le monde est devenu de plus en plus instable. « L'instabilité globale s'est accrue ». « Qu'il y a plus de crises ouvertes » et « de plus en plus des crises violentes comme cet été », le Liban. La résolution 1701 de l'ONU ne permet pas à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) de « désarmer le Hezbollah », mais « de faire respecter le cessez-le-feu, de soutenir l'armée libanaise dans son effort de prise de contrôle de l'ensemble du Sud du Liban et d'essayer d'empêcher les reprises des hostilités ». En Asie du Nord-Est, l'essai nucléaire annoncé lundi 9 octobre 2006 par Pyongyang fait redouter une course aux armements nucléaires. Cet essai offre un bon prétexte pour la Corée du Sud qui prônait jusqu'alors le dialogue, à revoir sa position dans la recherche d'une solution à la crise nucléaire. De même la droite nationaliste japonaise représentée par le nouveau Premier ministre Shinzo Abe peut amener le Japon à revoir sa stratégie sur les armes nucléaires. Si une course aux armements nucléaires est déclenchée en Asie dans un futur proche, c'en est fini alors du parapluie nucléaire américain sur ces pays en Asie. Il ne restera plus aux Américains qu'à plier bagage et fermer leurs bases en Asie. Tel est l'enjeu que vient de mettre à nu l'essai nucléaire de la Corée du Nord – un deuxième essai nord-coréen n'est pas à exclure. Quant aux sanctions décrétées par le Conseil de sécurité en représailles à l'essai nucléaire nord-coréen, il est douteux que sa mise en œuvre soit suivie d'effets. La tournée de la secrétaire d'Etat Mme Rice en Asie du 17 au 22 octobre 2006 reflète l'inquiétude des Américains, pourtant il est clair que ni Pékin ni Moscou n'en veulent du parapluie nucléaire américain en Asie. L'attitude polie de ces capitales en recevant la Secrétaire d'Etat et l'absence de position claire de ces derniers laissent planer un doute sur ces mesures. Quant à Séoul, soucieuse de préserver sa politique de rapprochement avec sa voisine du Nord suivie depuis 2000, a jusqu'à présent refusé de se joindre à l'« initiative de sécurité en matière de prolifération » lancée par les Etats-Unis en 2003 (regroupant 70 pays). La position de Tokyo ne peut que rejoindre celle de ses voisins. Cela prouve, si besoin est, que la dissuasion offerte par le parapluie nucléaire conformément au Traité de défense mutuelle a fait son temps. Reste le problème nucléaire de l'Iran. Evidemment, l'Iran n'est pas adossé à la Chine. De plus, il est entouré de pays militairement faibles, son voisin l'Irak est occupé par une force américaine de 145 000 hommes, disposant d'un armement lourd appréciable. Des groupes navals composés chacun de porte-avions (plusieurs centaines d'avions de combat) associant des bâtiments de guerre (croiseurs, frégates, etc.) se trouvent dans tous les océans surtout Indien et Pacifique. Sans compter de nombreuses bases américaines au Proche-Orient. L'Afghanistan est occupé par l'OTAN. Quant à la partie syrienne et libanaise (présence d'une forte communauté chute), l'attaque disproportionnée d'Israël contre le Liban vient de montrer un double objectif de la stratégie américaine. 1. Mettre une barrière entre lsraël et le Liban par le truchement d'une force des Nations unies renforcée (10 000 hommes) pour annihiler toutes actions du Hezbollah contre Israël en cas de frappes aériennes américaines sur l'Iran. 2. Dissuader la Syrie d'entrer dans le conflit compte tenu des bombardements israéliens et des destructions massives (tout le système routier, ponts, etc.) au Liban. Selon des données occidentales, Israël a bénéficié d'une aide massive américaine en armements et munitions. Ce qui n'étonne guère, car attesté par toutes les guerres dans le passé, il s'agit en fait d'intérêts américains hautement vitaux sur cette région pour les Etats-Unis. Ce qui veut dire que l'Iran est pratiquement encerclé, la seule fenêtre qui lui reste la mer caspienne, au Nord, qui le relie à la Russie. Dès lors, avec l'essai nucléaire réussi de la Corée du Nord, tous les ingrédients sont là pour donner un bon prétexte aux Etats-Unis, après un battage médiatique comme celui qui a précédé l'invasion de l'Irak en 2003, à lancer en 2007 une série de frappes aériennes contre l'Iran. Sans entrer dans des considérations strictement opérationnelles et militaires, que va-t-il se passer sur le plan économique mondial ? Tout d'abord, dès le début de la guerre, le prix du pétrole va monter. Si le conflit gagne en extension et que le détroit d'Ormuz est bombardé, puis bloqué, les prix vont exploser. Quel prix alors pour le baril de pétrole ? 120 dollars, 150 dollars ? Personne ne sait. Mais comme le pétrole est facturé en dollars, il y aura une mobilisation massive de billets verts pour le dollar. Il est prévisible que le taux d'intérêt court de la FED va monter pour attirer le plus de dollars afin de les recycler, c'est-à-dire de mettre des liquidités suffisantes dans les marchés internationaux pour les transactions commerciales de la donne pétrolière via évidemment le financement du déficit courant américain. Le gap de la monnaie américaine sur les marchés entraînera de facto une hausse du dollar. Il sera bien difficile pour la BCE de suivre le resserrement monétaire américain. Enfin, tout dépendra de la hausse des cours pétroliers, du dollar et du taux d'intérêt directeur de la FED. Pour les autres zones géographiques, la Russie, par exemple, en sa qualité d'un des plus grands pays exportateurs de pétrole et de gaz, aura un taux de croissance appréciable. Ses recettes pétrolières vont exploser. Cet afflux du dollar concerne aussi les pays exportateurs de pétrole arabes. Si le conflit avec l'Iran perdure et la hausse des cours pétroliers maintenus, les Etats-Unis pourront rembourser des emprunts et probablement accorder des prêts aux pays dont la balance des paiements est déficitaire. Ils vont ainsi augmenter leurs avoirs détenus à l'étranger (actifs) sur leurs engagements étrangers, le solde de la dette extérieure va de nouveau être positif. Un remake du début des années 1980, des années Reagan. A cette époque, les Américains luttaient contre la forte inflation qui sévissait sur le plan mondial, suite à une politique monétaire américaine très expansive depuis 1973, qui risquait de mettre à mal le dollar. Aujourd'hui, ce n'est pas l'inflation, mais le déficit courant couplé à la dette extérieure nette américaine qui risque aussi de mener à terme l'économie américaine à la déroute. L'Asie par contre va se trouver sous une double contrainte. Une hausse considérable du pétrole va fortement écorner les excédents commerciaux et entraîner une baisse de croissance. Pour la Chine, le cours du Yuan ancré au dollar va se réapprécier et entraîner une plus faible compétitivité. Celle-ci s'étendra à toute l'Asie par effet domino. Le Japon, bien que le yen va se déprécier face au dollar, sera lui aussi touché. L'économie mondiale sera en berne et là encore, tout dépend de la durée du conflit, la hausse du cours du pétrole, du dollar et des taux d'intérêt mondiaux. Cependant, il y a une donne quasi stratégique qui se pose pour que ce scénario réussisse. Il faut encore que les pays arabes soient d'accord, acceptent que les excédents pétroliers issus du krach pétrolier soient placés aux Etats-Unis ! On ne peut oublier que deux pays musulmans l'Iran et l'Irak sont sous le feu américain, sans compter l'Afghanistan et la Palestine. Sans l'acceptation des pays arabes, ce scénario ne peut réussir pour la bonne raison que si une bonne partie des excédents pétroliers arabes du Maghreb et du Machrek, sont investis en Europe et en Asie, la conversion massive des dollars en d'autres devises internationales entraînera une forte baisse du dollar. En effet, les marchés inondés de dollars, la hausse du cours du baril sera d'elle-même corrigée par la forte baisse du dollar. Au final, le puzzle concocté par les Américains s'effondrerait. La guerre contre l'Iran n'aura été qu'une erreur. Bien entendu, elle sera probablement très courte ou ne sera pas du tout si les Arabes afficheraient leurs réticences au jeu pétrolier américain. Dans un article « Le Congrès entendra George Bush sur les conséquences d'une frappe contre l'Iran » de RIA Novosti, une agence russe, du 3 octobre 2006, il est rapporté : « Le Congrès des Etats-Unis a chargé le président George Bush de présenter un rapport sur les différents scénarios et les conséquences d'une éventuelle frappe militaire contre l'Iran, selon une information recueillie lundi par RIA Novosti auprès du secrétariat du Sénat américain. La clause faisant obligation au président de présenter un rapport est stipulée dans le texte du projet de loi sur le budget de la dépense 2007 approuvé par le Congrès samedi et soumis pour signature à George Bush, selon la même source. Le document établit qu'au plus tard dans les 90 jours suivant l'entrée en vigueur de la loi de finances approuvée par le législateur le Président est tenu de présenter au Congrès un rapport sur les objectifs de la politique et de la stratégie des Etats-Unis envers l'Iran. » Dans ce rapport dont une partie sera publique et l'autre secrète, le président devra exposer ses considérations sur le « rôle de la diplomatie, des stimulants, des sanctions et d'autres mesures coercitives » dans l'application de la politique à l'égard de l'Iran, ainsi que « l'ensemble des plans de réserves des Etats-Unis relatifs à d'éventuelles opérations militaires appelées à appuyer les objectifs de la politique des Etat-Unis envers l'Iran ». Quant au directeur
du renseignement national américain, il est écrit : « Le document du Congrès accorde 90 jours également à compter de l'entrée en vigueur de la loi, au directeur du renseignement national, John Negroponte pour présenter au Congrès une évaluation nationale précisée (National Intelligence Estimate,) du potentiel de l'Iran. John Negroponte devra aussi informer le Congrès des conséquences et résultats possibles de toute action militaire contre le programme nucléaire ou les intérêts du régime en Iran. Le directeur du renseignement national américain est également tenu d'informer le Congrès de l'état et de l'avancement du programme iranien de création d'armements nucléaires et de leurs vecteurs, de l'état et du potentiel des forces armées iraniennes, y compris des armes de destructions massives non nucléaires et des vecteurs de ces armes, des relations de l'Iran avec les organisations terroristes internationales et de la solidité politique intérieure de l'actuel régime iranien. » Cela en dit long des intentions américaines sur le programme nucléaire de l'Iran et que ce scénario est potentiel en 2007, contrairement aux scénarios 1 et 2. Surtout que les dissensions entre pays chiites et pays sunnites renforcent le projet d'attaque des Américains. Dès lors que peut-on dire ? Sinon que les pays arabes en 2007 seront dans la ligne de mire. Menacés de GMO (Grand Moyen-Orient) par les Américains, ils vont faire face aux autres pressions, des pays d'Asie, Chine en tête, de l'Iran, de l'Europe qui dans une certaine mesure se désolidarisera des Etats-Unis, ensuite de leurs peuples qui ne comprendront pas. Les tractations vont converger sur eux, et on devine bien la difficile tâche pour les pays arabes de sortir de ce guêpier à la fois diplomatique et stratégique. La question qui se posera : Qui satisfaire ? En fin de compte, les pays arabes comme l'Iran et l'Irak aujourd'hui sont considérés comme des jockeys faisant partie d'une stratégie américaine globale. Pourront-ils être à la hauteur et négocier une position qui leur permettrait de s'en sortir honorablement. Difficile à dire. En influant positivement par la donne monétaire sur la guerre si elle venait à être déclarée entre l'Iran et les Etats-Unis, ils seraient grandis, dans le cas contraire, c'est toute la crédibilité des pays arabes qui en pâtira à l'échelle mondiale. Des conséquences désastreuses, incalculables ou au contraire des suites favorables, malgré la guerre et les destructions, pouvant ouvrir la voie au règlement de la crise en Iran et aux autres conflits pendants (Iraq, Palestine). Voilà ce qui attend les pays arabes en 2007. Au-delà de tout, les Américains ne peuvent tout prévoir, il reste les « impondérables », comme en août 2006 durant la guerre au Liban, la sortie victorieuse du Hezbollah sur Tsahal, une des armées les plus puissantes du monde. En tout état de cause, l'économie mondiale est aujourd'hui... sur le fil du rasoir. Jamais situation n'aura été plus dangereuse que celle d'aujourd'hui pour les Etats-Unis. Elle rappellerait l'URSS dans les années 1980 avant son effondrement en 1990. Certains commentateurs européens font remonter la situation américaine aux années 1940, sauf qu'aujourd'hui, le danger est beaucoup plus grand avec la montée en puissance de l'Asie. Pour conclure, ce qui meut les stratèges américains en ce début de siècle, ce n'est pas tant l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins militaires – la question qui se pose, on n'exporte pas le pétrole pour ensuite importer l'essence, c'est un peu ce qui se joue sur le plan des matériaux nucléaires – mais plutôt le déclin de la puissance américaine via son économie, où à un horizon proche, l'Occident tout entier devra compter avec l'Asie. Où toutes les institutions (FMI, Banque mondiale, Conseil de sécurité, etc.) devront être réformées pour un équilibre plus juste avec l'Asie, monde arabe compris. Une Asie qui représente les deux tiers de l'humanité.
L'auteur est Officier supérieur de l'ANP en retraite Chercheur


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