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Hors-la-loi de Rachid Bouchareb projeté à Tizi Ouzou
Publié dans La Nouvelle République le 13 - 05 - 2012

La commémoration du 67e anniversaire des événements du 8 mai 1945 a été marquée à Tizi Ouzou par la projection, à la maison de la culture Mouloud-Mammeri, du film Hors-la-loi du réalisateur franco-algérien, Rachid Bouchareb, sorti en septembre 2010.
Le long métrage critiqué en France, avant-même sa sortie, par des associations de pieds noirs et de harkis, de certains députés et du secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, évoque les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, des répressions sanglantes d'émeutes nationalistes, survenues en mai 1945 dans le département de Constantine, en Algérie française. Le film raconte l'histoire de trois frères, Messaoud, Abdelkader et Saïd, et leur mère, dépossédés de leur précieux bien, la terre héritée de leurs aieuls. Ils sont séparés. Messaoud, l'aîné, dont le rôle a été interprété par le commédien Roschdy Zem, s'engage en Indochine. En France, plus précisément à Paris, Abdelkader (Sami Bouajila) est à la tête du mouvement pour l'indépendance de l'Algérie alors que Saï (Jamel Debbouze), lui, fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle en France où il s'est retrouvé. Leur destin, scellé autour de l'amour d'une mère, se mêlera inexorablement à celui d'une nation en lutte pour sa liberté... Le long métrage, dont les scènes finales évoquent les douloureuses manifestations du 17 octobre 1961 au cours desquelles des Algériens sont jetés à la Seine, a le mérite, pour reprendre l'historien Benjamin Stora, «de faire entendre un point de vue nouveau, différent, celui de l'ancien colonisé ou de l'immigré ; qu'il tente d'établir une généalogie de la violence coloniale en évoquant la dépossession des terres et la misère paysanne […] ; et qu'il installe dans son ancienneté l'immigration ouvrière algérienne en France». Pour cet historien spécialiste de la guerre d'Algérie, «la distorsion discrète de la vérité historique a beau répondre à un impératif de cinéma spectaculaire, à mi-chemin entre western et film policier d'action, elle noie la complexité des situations politiques dans la contemplation sidérée d'une violence pure». À l'issue de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l'Ouest, les manifestations pour l'indépendance de l'Algérie deviennent de plus en plus fréquentes en Algérie française jusqu'aux massacres de Sétif et Guelma, et dans le département de Constantine, le 8 mai 1945. Ce jour-là, pour fêter la fin des hostilités et la victoire des Alliés sur les forces de l'Axe, un défilé est organisé. Les partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident par des manifestations d'abord pacifiques de rappeler leurs revendications patriotiques. Mais à Sétif, un policier tire sur un jeune scout musulman tenant un drapeau de l'Algérie et le tue, ce qui déclenche une émeute meurtrière des manifestants, avant que l'armée n'intervienne. Il y aura parmi les Européens plus d'une centaine de morts et autant de blessés. Le nombre des victimes autochtones, difficile à établir, est encore sujet à débat en 2011 ; les autorités françaises de l'époque fixèrent le nombre de tués à 1 165, un rapport des services secrets américains à Alger en 1945 notait 17 000 morts et 20 000 blessés, le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts, alors que suivant les historiens le nombre varie de 8 000 (Charles-Robert Ageron, Charles-André Julien) à 15 000 victimes. Pour Antoine Benmebarek, l'administrateur chargé de la région de Sétif lors du massacre, il s'élèverait à 2 500 morts. Il faut attendre le 27 février 2005, pour que lors d'une visite dans la wilaya de Sétif, l'ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Vedrière, qualifie les massacres du 8 mai 1945 de «tragédie inexcusable». Au mois d'avril 2008, Benrad Bajolet,le successeur de Hubert Colin de Verdrière, a déclaré à Guelma, devant les étudiants de l'université du 8 Mai-1945 que «le temps de la dénégation des massacres perpétrés par la colonisation en Algérie est terminé», affirmant : «Aussi durs que soient les faits, la France n'entend plus les occulter. Le temps de la dénégation est terminé (…), le 8 mai 1945, alors que les Algériens fêtaient dans tout le pays, aux côtés des européens, la victoire sur la nazisme, à laquelle ils avaient pris une large part, d'épouvantables massacres ont eu lieu à Sétif, Guelma et Kherrata». Pour que soient pleinement apaisées, il faut que la mémoire soit partagée et que l'histoire soit écrite par les historiens français et algériens. Il faut que les tabous sautent des deux côtés et que les vérités révélées fassent place aux faits avérés, a-t-il poursuivi.

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