Alors que le nombre de demandes de logement social enregistrées à travers les huit daïras d'Aïn Témouchent a frôlé la barre des 15 000, selon le wali, les postulants s'interrogent quotidiennement sur les dates de distribution des logements réceptionnés. C'est ce que rapporte la majorité des personnes reçues en audience chaque lundi dans le cabinet du wali. «Nous sommes totalement lésés, ni logement ni travail. Nous sommes doublement pénalisés physiquement et moralement par les autorités locales. Comme si nous étions des Algériens du second collège. Qu'on écrit aux hauts responsables, c'est kif-kif. Nous sommes les damnés d'Aïn Témouchent. Telle est la vérité amère», s'est insurgé, hier, le quadragénaire Boudjemaâ Bouabdellah, un handicapé moteur à 100% transporté à bord de son fauteuil roulant devant le siège de la wilaya. Selon un cadre de la wilaya, «dans chaque daïra, il est institué une commission de distribution de logements sociaux qui étudiera les dossiers au cas par cas. Parmi ses membres, un représentant de la Direction de l'action sociale (DAS) et le président de l'APC de la commune concernée. La commission est souveraine». Certes, il a été relevé un grand nombre de personnes handicapées mécontentes qui clament urbi et orbi leur droit à un toit pour vivre heureuses et fonder un foyer. Le logement social est leur seul rêve devançant le travail car elles n'ont pas les moyens financiers pour acquérir une habitation. Elles souhaitent que les pouvoirs soient à l'écoute de leur délicate situation sociale. «Les services sociaux de la DAS et de l'APC connaissent notre situation par le bais des enquêtes sociales. Malheureusement, leurs agents ne nous visitent pas et ignorent complètement dans quelles conditions nous vivons. Alors, il est préférable que la wilaya nous réserve un quota de logements lors de chaque opération de distribution car nous sommes les plus méritants», conclut cet insurgé. Espérons que la doléance des ces laissés-pour-compte doit entendue.