Une guerre nous est imposée. Une guerre économique. On ne parle plus de la prospérité partagée, et pour cause, celle-ci est plutôt protégée, interdite de passage par les frontières. Le terrorisme est transfrontière, la corruption l'est également, mais pas la prospérité. Qu'est-ce qui amènerait les pays riches à renoncer à une infime partie de leurs bénéfices pour nous tirer vers le haut, sachant qu'en réalité, ils nous aideraient ainsi à augmenter nos capacités financières pour continuer à être leurs bons clients ? Nous avions bien compris que depuis fort longtemps, ils ne nous réservent pas autre chose que de nous livrer à une guerre qui est mondiale. La mondialisation ? Le professeur algérien Mahmoudi, connu pour ses belles formules quand il intervient au CRSS, traduit la mondialisation en «nordisation». Ce concept nouveau montre bien qu'il s'agit toujours de la même chose, à savoir d'un côté les pays riches du Nord, et de l'autre côté le reste du Sud, c'est-à-dire tous les pays qui ne sont pas riches, soit les pauvres et les moins pauvres. Le concept de mondialisation ne rend pas assez compte du fait qu'il s'agit d'une concurrence, ou alors d'une guerre économique qui ne fait pas de mystère sur son issue. C'est le mouton qui va à l'abattoir. Il n'y a pas de miracle. Les vainqueurs sont connus d'avance, les vaincus également. Une concurrence, dit-on, mutuellement bénéfique et qui pousse vers le haut le taux de croissance. Oui, OK, on peut valider cette thèse mais en faveur de qui ? Certainement que les échanges commerciaux favorisent le développement et la création de l'emploi. Mais là également c'est la même question qui se pose à nouveau. En faveur de qui ? Faudrait-il tout mondialiser y compris la culture ? Dans ce cas, nous irons vers un seul pôle qui assurera l'hégémonie sur le monde, sur les identités, et fatalement sur les souverainetés nationales.