Le président Hadi a démis le gouverneur d'Aden, chef du mouvement séparatiste sudiste et allié d'Abou Dhabi. Aden est-il encore gouvernable ? Depuis un an, la vie reprenait peu à peu dans le grand port du sud du Yémen, capitale de facto du pays tandis que la rébellion houthiste occupe Sanaa. Certes, l'alimentation en électricité et en eau de la ville demeure déficiente, malgré des millions d'euros investis par les Emirats arabes unis, le principal parrain étranger de ce Sud libéré de l'emprise des rebelles. Mais la sécurité s'améliorait. Or, jeudi 27 avril, un décret du président Abd Rabo Mansour Hadi a fait voler en éclats ce fragile équilibre. M. Hadi a démis l'homme fort de la ville, le gouverneur Aidarous Al-Zoubeidi. Il a choisi de rompre son alliance, houleuse de longue date, avec ce chef du mouvement séparatiste sudiste. M. Al-Zoubeidi avait participé, en juillet 2015, aux côtés des forces émiraties, à la levée du siège d'Aden imposé par les houthistes. Il jouit d'une réelle popularité en ville et de la confiance d'Abou Dhabi. « Coup de poignard dans le dos » Ce faisant, M. Hadi prend le risque de défier la puissance tutélaire des Emirats. Le secrétaire d'Etat émirati aux affaires étrangères, Anouar Gargash, a réagi avec une rare vivacité samedi, en dénonçant sur Twitter «un coup de poignard dans le dos». «Dans les affaires politiques, c'est une règle : vos décisions devraient être prises selon vos capacités, et l'intérêt public devrait prévaloir sur vos intérêts personnels», notait-il.