Intervenant lors de la cérémonie marquant la remise sur place de la statue d'Aïn El Fouara à Sétif, le ministre de la Culture, M. Azzedine Mihoubi, a répondu indirectement mais fermement à une catégorie d'individus réclamant le retrait des statues des villes et les mettre dans des musées. «Les statues resteront à leurs places et ne seront jamais déplacées», a-t-il martelé. En effet, après plus de sept mois de travaux et de rénovation, la statue a fait de nouveau son apparition dans la ville de à Sétif et ce après que des travaux de restauration et de rénovation ont été apportés à la statue. Pour rappel, la statue d'Aïn Fouara de Sétif a fait l'objet d'un acte de vandalisme en décembre dernier. Elle a été dévoilée au public après sept mois de travaux de restauration, dans une cérémonie de réjouissance et de grande émotion, en présence du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi. Dévoilant la statue d'Aïn Fouara qui remonte à l'époque coloniale devant une assistance nombreuse, le ministre a estimé que «le défi de restaurer ce monument lié à l'histoire et à la culture de la ville est de le maintenir à sa place et de continuer de faire de cette même place le lieu de rencontre à Sétif». «La statue d'Aïn Fouara demeurera à sa place et ne sera jamais déplacée au musée ou ailleurs. Mitoyenne au tramway de la ville, elle accompagnera le développement et accroîtra sa valeur historique et culturelle», a indiqué Azzeddine Mihoubi, soulignant qu'après l'acte de vandalisme de ce monument, une opération de restauration s'imposait. Celle-ci avait été «confiée à des experts algériens qui ont une grande expérience et une parfaite maîtrise de l'art de restauration de statues, selon les normes académiques et esthétiques requises». Le ministre a également précisé que son département a œuvré à accompagner l'équipe d'experts chargés de l'opération de restauration «en leur donnant le temps qu'il faut et en les appuyant dans toutes les phases de cette opération» qui, a-t-il dit, «n'a pas coûté au trésor public des sommes importantes, contrairement à ce qu'il été colporté, mais un montant symbolique représentant le coût des matériaux utilisés dans la restauration». Mettant en avant la qualité des travaux, M. Mihoubi a rappelé que «le scannage tridimensionnel, réalisé par le laboratoire méditerranéen de l'Institut d'architecture de l'université Abbas Ferhat Sétif-1 effectué avant l'acte de vandalisme, a été d'un grand apport pour les experts chargés de la restauration qui a englobé la réfection des dégâts de l'acte de vandalisme de décembre dernier et celui de 1997». Réalisée par le sculpteur français d'origine italienne Francis de Saint-Vidal, il y a plus 120 années, la statue d'Aïn Fouara qui représente une femme juchée sur un piédestal en forme de rocher, haut de 2 mètres, d'où jaillit une eau pure, avait été classée propriété culturelle nationale en 1999. La stèle de «Ain-Fouara» n'est pas la seule statue que les militants d'un mouvement allergique à la culture réclament son déplacement vers un musée. Plusieurs autres stèles dans le pays ont été visées par cette catégorie de personne dont celle de Cheïkh Bouamama. Pour justifier leurs actes, les militants de ces mouvements disent que la présence des stèles dans un pays musulman est «Haram» interdite. La stèle d'Abdelhamid Ben Badis a été retirée après que de pressions ont été exercée sur les autorités locales, nous a fait savoir un élu. En somme, les militants de ces mouvements ne savent certainement pas que les pays n'ont pas de religion, ce sont les êtres humains qui pourraient choisir la religion qu'ils souhaitent ou de ne pas choisir. La constitution Algérienne garantie l'exercice du culte en toute liberté bien sûr en respectant les lois de la République en vigueur.