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Pour une nouvelle gouvernance locale autour de pôles régionaux
Publié dans La Nouvelle République le 18 - 07 - 2019

Comme je le rappelais dans plusieurs contributions nationales et internationales parues entre 2007/2018, il y a urgence de mener une réflexion collective pour une nouvelle gouvernance à la fois centrale/locale, rentrant dans le cadre d' une nouvelle politique de l'aménagement du territoire et d'une nouvelle gestion des collectivités locales afin de rapprocher l'Etat du citoyen.
L'efficacité des mesures d'aménagement du territoire pour favoriser les activités productives implique également la refonte des finances locales et des taxes parafiscales sans laquelle la politique d'aménagement du territoire aurait une portée limitée. L'on devra s'appuyer sur le système de péréquation entre les régions pauvres et riches et sur une véritable décentralisation qui doit être prise en compte. La structure qui me semble la plus appropriée pour créer ce dynamisme, ce sont les Chambres de commerce régionales qui regrouperaient l'Etat, les entreprises publiques/privées, les banques, les centres de formation professionnelle, et les universités/centres de recherche. L'action des chambres de commerce, lieu de concertation mais surtout d'impulsion pour la concrétisation de projets devrait s'articuler autour de cinq objectifs :
• Premièrement, dynamiser les infrastructures de base et préparer des sites confiés à des agences de promotions immobilières publiques et privées.
• Deuxièmement, mettre à la disposition des sociétés une main-d'œuvre qualifiée grâce à un système de formation performant et évolutif allant des ingénieurs, aux gestionnaires, aux techniciens spécialisés et ce, grâce aux pôles universitaires et des centres de recherche, évitant ce mythe d'une université par wilayas. Exemple la Chambre de commerce offrirait un poste pour 10 candidats en formation, les 90 % non retenus ne constituant pas une perte pour la région. L'apprentissage en dynamique est un capital humain pour de futures sociétés qui s'installeraient dans la région, une société installée payant des impôts qui couvriront largement les avances en capital de la formation avancée. Cette formation devra être adaptée pour tenir compte de la norme qualité standard, le label qualité étant exigé pour tout exportateur en direction de la CEE, des USA ou de l'Asie. Ainsi, nous assisterons à une symbiose entre l'université et les entreprises. Car les sociétés ont besoin de l'accès aux chercheurs, aux laboratoires pour les tests d'expérimentation et l'université a besoin des sociétés comme support financier et surtout d'améliorer la recherche. Les étudiants vivent ainsi la dialectique entre la théorie et la pratique.
• Troisièmement, favoriser des entreprises souples reposant sur la mobilité et les initiatives individuelles.
• Quatrièmement, à travers cette structure régionale animée par la chambre de commerce, lieu de concertation et de dialogue, intensifier les courants d'échange à travers différentes expériences entre les régions du pays et l'extérieur et l'élaboration de tableaux de prospectifs régionaux, horizon 2019/2025/2030.
La mise à la disposition des futurs investisseurs de toutes les commodités nécessaires ainsi que des prestations de services divers (réseau commercial, loisirs) est fondamentale Cette symbiose entre ces différentes structures et certains segments de la société civile doit aboutir à des analyses prospectives fondamentales, à un tableau de bord d'orientation des futures activités de la région.
• Cinquièmement, comme je le rappelais dans une contribution parue courant 2010 (voir www.google.com 2010), garante de la sécurité de nos frontières, ne plus considérer les zones frontalières sous l'angle de l'assistanat mais dans le cadre d'un développement global profitable aux régions limitrophes afin de lutter contre la sphère informelle dont la contrebande. Dans ce cadre, je rappelle mes propositions de la concrétisation du programme spécial au profit des wilayas frontalières, d'une nouvelle loi relative aux collectivités locales et la création d'une instance nationale pour la réhabilitation des zones frontalières. Mais l'Algérie ne pouvant supporter à elle seule toutes les dépenses, devant les mutualiser. La problématique qui se pose dans les zones frontalières, qui englobent 57 communes et 12 wilayas, est le fait d'être excentrées par rapport au reste du territoire national. Dans ce contexte, il est prévu une la loi sur la fiscalité locale et l'organisation spatiale et la mise à niveau socio-économique durable des territoires frontaliers. Le cadre juridique devrait prendre en charge les spécificités des régions frontalières pour la promotion et le développement socio-économique devrait s'articuler autour de quatre axes :
- la mise à niveau et l'équité des territoires en matière d'éducation, de formation, de santé,
- l'introduction du numérique, la diversification économique et du développement local, à travers notamment le renouveau agricole et rural,
- la mise en synergie des territoires en renfonçant les infrastructures de transport (chemin de fer, réseaux routier),
- l'organisation et le rééquilibrage du réseau aggloméré en respectant l'environnement et le développement durable, les universités/centres de recherche devront apporter leur contribution au développement territorial.
2- Ces axes directeurs devraient s'inscrire dans le cadre d'une véritable décentralisation qui renforcera le rôle de l'Etat régulateur, l'efficience économique et contribuera à l'unité nationale par la cohésion sociale régionale. La mise en place de pôles régionaux économiques doit avoir pour conséquence un meilleur gouvernement réel ressenti comme tel par la population, l'argument de base résidant dans la proximité géographique. Cela signifie qu'il existe une solution locale aux problèmes locaux et que celle-ci est nécessairement meilleure qu'une solution nationale. La diversité des situations locales impose une diversité de solutions pour s'adapter aux conditions locales spécifiques.
Une réelle décentralisation suppose une clarté dans l'orientation de la politique socio-économique évitant des tensions et conflits entre le pouvoir local et central et des concurrences entre le centre et la périphérie qui permettrait un nouveau cadre de pouvoir avec des nouveaux acteurs, de nouvelles règles et de nouveaux enjeux avec des nouvelles stratégies élaborées. Elle devrait favoriser un nouveau contrat social national afin d'optimaliser l'effet de la dépense publique et rendre moins coûteux et plus flexible le service public. La création d'un nouvel espace public générerait une nouvelle opinion publique, voire une nouvelle société civile.
Le débat permet l'émergence de thématiques communes, des modes de propositions communs et donc déterminerait des choix collectifs optimaux. Après la «commune providence » du tout Etat, l'heure est au partenariat entre les différents acteurs de la vie économique et sociale, à la solidarité, à la recherche de toutes formes de synergie et à l'ingénierie territoriale. C'est à la commune que reviendra ainsi la charge de promouvoir son espace pour l'accueil des entreprises et de l'investissement. La wilaya et la commune doivent passer du stade de collectivités locales providences à celui de collectivités locales entreprises et citoyennes responsables de l'aménagement du développement et du marketing de leur territoire. Cela implique à la fois de la compétence mais également être à l'écoute des préoccupations des citoyens.
La nouvelle vision de la gestion centrale et locale doit renforcer la cohésion sociale et l'efficacité économique et sociale à travers l'implication tant des élus locaux que des citoyens reposant l'efficacité des institutions à travers la bonne gouvernance centrale et locale qui doit être synchronisée. En résumé, une centralisation bureaucratique à outrance favorise un mode opératoire de gestion autoritaire des affaires publiques, une gouvernance par décrets, c'est-à-dire une gouvernance qui s'impose par la force et l'autorité loin des besoins réels des populations et produit le blocage de la société. L'Algérie a besoin enfin d'une nouvelle stratégie, s'adaptant au nouveau monde, de la CONFIANCE pour sécuriser son avenir afin de s'éloigner des aléas de la mentalité rentière pour réhabiliter le travail et l'intelligence.
Dr Abderrahmane Mebtoul, professeur des universités, expert international


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