Ma conclusion fut corroborée par le meilleur analyste de l'époque, le Juif-Polonais progressiste anti-sioniste, Ignacy Sachs (1927-2023). Et c'est toutes les rationalités, que j'ai apprises, de la science politique, de l'anthropologie et de la science historique qui vont voler en éclats. Le tour acrobatique de Huntington, au fil de la lecture, se faisait plus claire, en invoquant le fantôme des civilisations, il trouve en elles le grand schéma de Carl Schmitt, sur la division fondamentale en politique ami-ennemi (il a très mal lu Schmitt qui visait à travers son concept discriminant à ôter au néolibéralisme tout caractère démocratique par son refus de toute alternative). Idée qui sera reprise dans les années 2010 par le sioniste israélien Yuval Noah Harari avec enthousiasme, un théoricien du Great Reset et de la dérive pathologique comme norme de l'inclinaison humaine vers une existence post-humaine en invoquant le transhumanisme comme unique échappatoire à la crise du capitalisme et du néolibéralisme (Voir Yuval Noah Harari et ses 2 principaux ouvrages, ''Homo Sapien'' (2011), '' Homo Deus'' (2017)). Ceux qui appartiennent à notre civilisation sont nos amis ; les autres civilisations sont celles de nos ennemis. On voit le paradigme pauvrement spectral classique américain, blanc ou noir. Ce que je relève de ma lecture de Spinoza, m'a beaucoup aidé à déconstruire ce raisonnement, il a correctement nommé ''superstition'' cette invocation d'ennemis et de peurs, et il savait qu'une telle superstition mène toujours à la pire des barbaries, la guerre perpétuelle et à son cortège de dévastations (Le génocide des palestiniens nous le vivons en Live). En 1975 (The crisis of democracy, New York, University Press, New York, 1975), l'habileté de Huntington a consisté à anticiper les besoins du souverain et à fournir le guide anti-démocratique des révolutions reaganienne et thatchérienne avant qu'elles ne débutent. De façon analogue 18 ans plus tard, la thèse de Huntington de l'été 1993 (« The Clash of Civilisation ?», Foreign, juillet 1993), le choc des civilisations a précédé le 11 septembre 2001, à vrai dire n'était qu'une relique de la guerre contre le terrorisme. Un concept inventé par Huntington pour se dispenser du droit, créer un Etat d'exception, lit principal des sociétés totalitaires et liberticides. Le conflit des civilisations sera repris par les merdas et les principaux pouvoirs politiques occidentaux, un concept porteur vis-à-vis de l'opinion occidental pour justifier l'invasion de l'Irak et de l'Afghanistan, la plupart du temps sans prendre le soin de se dissocier prudemment d'une telle thèse. Mais réellement l'hypothèse du choc de civilisation (certains politiques fascistes occidentaux vont plus loin ils parlent de guerre de civilisation, sans avoir jamais lu le livre), n'est pas une description heuristique de l'état du monde actuel, mais plutôt comme une prescription, un véritable appel à la guerre contre l'Islam et les pays musulmans, une mission que l' « occident » chrétien se doit de réaliser (discours implicite durant la 1e guerre du golfe et plus récemment en plus explicite le 08 octobre 2023 (We Stand Whit You) en encourageant l'agression sioniste contre Gaza où nous avons vu les dirigeants occidentaux accordé leur soutien inconditionnel à l'entité sioniste et défiler un par un à tour de rôle en Palestine occupée). Mais Huntington va plus loin, dans un passage de son livre : « Dans ma pensée, je ne vise pas à affirmer que le conflit entre civilisation soit désirable. Elle consiste à avancer des hypothèses descriptives de ce à quoi l'avenir pourra rassembler » [op. cité p.135], encore plus loin dans le reste de son ouvrage, Huntington en pure belliciste, fait une série de recommandations stratégiques lorsqu'il suggère de s'unir avec les civilisations amies, de diviser les civilisations ennemies, et ainsi de suite... Huntington transforme et falsifie la science politique de fond en comble (comme les néoconservateurs strausso khazars aux Etats-Unis) et les dimensions géographiques et géostratégiques. Huntington n'a pas compris comme les définit Toynbee, que les civilisations sont primordiales ou spirituelles, voire historiques. Tout simplement. Huntington belliqueux, transforme les civilisations en édits politiques et stratégiques qui doivent produire de véritables corps politiques faisant office d'amis ennemis dans l'état de guerre permanent. Pour cause, les gouvernements des Etats-Unis successifs n'ont cessé de répéter avec insistance que leur stratégie en matière de sécurité globale n'avait rien à voir avec un choc de civilisations (même si c'est leur véritable intention) en contradiction avec les intérêts économique d'un monde mondialisé et unipolaire. Alors une précision s'impose, c'est une nuance qui n'est pas évidente car j'ai mis du temps pour l'expliciter ; surtout il ne faut pas penser, que les dirigeants politiques américains sont devenus angéliques, se font des états d'âme et sont conscients des implications racistes des hypothèses des propositions de Huntington. Pas du tout, ils s'en foutent comme de l'an 40 Mais essentiellement parce que la notion de civilisation pour les stratèges américains est trop limitée géo stratégiquement et risque de les desservir totalement pour nourrir leur vision du Capitalisme globale et des guerres secrètes qui l'accompagnent sur l'ensemble des autres grands blocs restant (Syrie, Irak, Palestine occupée, le bloc chinois, le bloc latino-américain, le bloc russe, bloc indien etc...) sous les nouvelles fausses bannières (falses flags) qui sont les leurs. Pauvre Huntington discrédité par son souverain, non seulement il n'a pas vu juste, il n'a pas cette qualité rare que seuls les bons physiciens possèdent, celle des lois d'échelles, du sens de la dimension et des ordres de grandeurs. Huntington pris dans le piège du vieux paradigme de l'ordre mondial ; il cherche à confiner de nouveaux agrégats d'Etats-nations en leur donnant la forme de civilisations afin de les substituer aux ''blocs'' de la guerre froide en essentialisant uniquement le bloc musulman, tragique erreur qui lui coûtera sa peau. Il n'a pas compris que le monde musulman fait partie d'un vaste ensemble de blocs qui sont tous visés par l'impérialisme et en essentialisant le bloc musulman, ce n'était pas rendre service à l'occident impérialiste dans sa vaste boulimie. L'Empire impérialiste est tout sauf débile! Les vues de l'empire impérialiste sont plus larges. L'humanité entière doit se plier à sa loi et surtout qu'elle ne sache rien sur ses véritables intentions. Dans ce nouveau monde, les civilisations imaginaires du pauvre bougre Huntington, et les frontières qui les séparent ne sont que des obstacles dans la boulimie impérialiste. Il est difficile de ne pas éprouver une certaine tristesse à la vue du conseiller zélé Huntington qui a perdu les faveurs du souverain et du prince qui se voit éloigné de la cour, et de terminer dans l'oubli, définitivement en 1999 jusqu'à son décès le 24 décembre 2008. A suivre Mohammed Belhoucine -Docteur en Physique et DEA en économie du management PS / [La guerre de 5ème génération (ou guerre secrète), c'est celle que l'impérialisme ne livre pas par lui-même mais qu'il fait livrer dans des pays lointains par des groupes non-étatiques, par procuration (Daesh , Takfiriste, EI, etc...) couplée à une guerre médiatique intense au but de provoquer des soulèvements de foules contre leurs dirigeants (Hirak en Algérie), un fac simulé de la Guerre froide avec de vraies et de fausses insurrections (les attentats en Europe par le mouvement antiguérilla gladio OTAN commis par exemple au Bataclan à Paris ou à la gare de Bologne en Italie). Dans ce type de guerre, qui s'apparente à un désordre général, le Pentagone et l'OTAN intègrent les médias (écrites et non écrites) dans leur salle d'Etat-major, en tant qu'unités combattantes. L'usage de vidéos de fiction, avec images de synthèses tournées en studio à Hollywood ou ailleurs à ciel ouvert. Voir la propagande et le montage des vidéos relatives à l'enveloppe de Gaza et à l'hôpital El Chifa par l'armée sioniste en Palestine occupée.