Les habitants de la ville de Babar (Khenchela) sont descendus dans la rue pour revendiquer l'application sur le terrain du programme du président de la République M. Abdelmadjid Tebboune, réservé à la wilaya de Khenchela. Les représentants de la société civile, les notables et les délégués des arouch estiment que la daïra de Babar aurait été marginalisée et que la population de cette région souffre dans l'indifférence totale. Dès la matinée et malgré l'interdiction de manifester sans autorisation au préalable, les premiers manifestants sont descendus sur la principale route nationale de Babar demandant aux magasins de baiser les rideaux. Les marchands de légumes qui avaient étalé leurs produits sur les trottoirs ont été également invités à plier bagage et à rejoindre les manifestants. Au fil des minutes, la foule s'agrandit de plus en plus et l'influence devient nombreuse, chose qui a perturbé la circulation au niveau du centre-ville de Babar. Les manifestants scandaient « silmia, silmia… », c'est-à-dire la manifestation est pacifique. Les protestataires qui ont arboré les différentes artères de la ville de Babar ont exprimé leur colère, estimant que la population de cette région a été marginalisé et que les citoyens souffrent dans l'indifférence totale. Les manifestants ont terminé leur marche devant le siège de la daïra de Babar. Aucun incident ou débordement n'a été signalé durant la manifestation. Les services de sécurité qui ont suivi la marche discrètement, auraient alertés leurs hiérarchies sur cet état de fait. Alertés, les autorités de la wilaya ont dépêché des directeurs de l'exécutifs de plusieurs secteurs au niveau du siège de la daïra de Babar. Quelques minutes après, des représentants de la société civile, des arouch et des notables de la région ont été reçus au siège de la daïra. Une réunion non programmée a regroupé le chef de la daïra de Babar en présence de plusieurs directeurs de l'exécutif, des élus et des différents représentants du peuple évoqués plus haut. Prenant la parole, un chef de tribu a expliqué point par point les raisons qui avaient contraints les citoyens à descendre dans la rue. « Nous avons adressé des dizaines de correspondances au cabinet du wali, malheureusement sans aucun résultat. Babar a été élevée au rang de daïra mais malheureusement, nous dépendons toujours de Chechar, la daïra-mère en raison de l'indisponibilité des structures essentielles tels que Sonelgaz, CNAS, hopitaux, etc. » Nous avons donné ici, une déclaration d'un notable de Babar. Au cours de la réunion, des prises de bec a mis au prise certains représentants de la société civile avec le directeur de Sonelgaz. Ce dernier qui a quitté pour quelques temps la réunion après avoir reçu une communication téléphonique n'a pas été apprécié par les participants à cette rencontre. Selon des sources crédibles, le directeur de Sonelgaz aurait été appelé par des supérieurs au sujet de ce problème qui a éclaté dans la daïra de Babar. Toujours et selon nos sources, le même directeur a repris la réunion quelques minutes après. Prenant la parole, un notable de la ville de Babar a indiqué que les services de Sonelgaz interviennent à chaque fois dans la daïra de Babar pour couper l'énergie aux abonnés sans aucun préavis. Ce dernier a expliqué que la majorité des citoyens ne reçoit pas la facture de consommation d'énergie et se voit pénaliser. « Les agents de Sonelgaz retirent le compteur et repartent sur la daïra de Chechar. Lorsque le citoyen règle ses redevances, c'est le parcours du combattant pour que le compteur soit remis en place afin que l'énergie soit rétablie », a-t-il fait savoir. Un autre représentant de la société civile à mis en garde les responsables de la wilaya, indiquant que la population de Babar ne peut pas encore patienter des années entières pour ses droits. « Je vous mets en garde en présence des services de sécurité de mettre tout en œuvre afin que la population de Babar soit rétablie dans ses droits. Dans le cas échéant, les citoyens de Babar seront contraints à organiser d'autres contestations encore plus graves et nous ne voulons pas arriver à ce stade ». Après cette réunion, les mêmes participants ont été conviés à une rencontre au siège de la wilaya en présence du wali, a-t-on appris. Malgré nos efforts nous n'avons pas pu savoir ce qui s'est passé au cours de cette réunion présidée par le premier chef de l'exécutif. Le secrétaire général de la wilaya, le chef du cabinet et les autres commis de l'Etat n'ont pas voulu s'exprimer à ce sujet. Selon des sources crédibles, le premier chef de l'exécutif aurait demandé à l'ensemble des responsables de ne pas communiquer d'information à ce sujet aux organes de presse. Nous y reviendrons.