À ce stade de la coupe d'Afrique des Nations 2025, la question n'est plus seulement de savoir qui joue le mieux au football. Elle est devenue plus dérangeante, presque taboue : qui bénéficie de la protection du système ? Et jusqu'où cette protection peut-elle aller sans dénaturer l'âme même de la compétition ? Ce mercredi à 21h, le Nigeria et le Maroc s'affrontent en demi-finale. Sur le papier, l'affiche est alléchante. Sur le terrain, elle promet une opposition de styles : la puissance offensive nigériane contre la rigueur défensive marocaine. Mais dans les coulisses, cette demi-finale sent le malaise, l'arrière-goût amer d'une CAN qui se joue parfois ailleurs que sur la pelouse. Deux complices du système ? Le Nigeria arrive en demi-finale après avoir écarté l'Algérie (2-0) dans un quart de finale marqué par des décisions arbitrales plus que discutables. L'arbitre sénégalais Issa Sy et son équipe ont laissé l'impression persistante d'un match à sens unique dans l'interprétation des fautes, des duels et des moments clés. Une victoire nigériane validée, certes, mais bénie d'une indulgence arbitrale qui interroge. Le Maroc, de son côté, a éliminé le Cameroun (2-0) dans un match mieux maîtrisé, mais là aussi précédé de nombreuses discussions sur la désignation des arbitres. Trop de bruit, trop de soupçons, trop de zones grises pour une compétition censée incarner l'excellence du football africain. Alors oui, Nigeria-Maroc est une demi-finale de prestige. Mais c'est aussi une confrontation entre deux sélections que beaucoup estiment "bien vues" par les instances, dans une CAN où l'équité semble parfois modulable selon les objectifs non avoués des organisateurs. Une CAN sous influence Le Nigeria, finaliste de la dernière édition, vise une nouvelle finale, porté par un Victor Osimhen redoutable. Le Maroc, lui, rêve d'un retour en finale pour la première fois depuis 2004, avec une défense compacte et une organisation quasi européenne. Sportivement, rien à redire. Institutionnellement, tout à questionner. Car cette CAN 2025 donne de plus en plus l'impression d'un tournoi orienté, où certains scénarios paraissent écrits à l'avance. Et lorsque le football devient secondaire face aux calculs politiques, économiques ou diplomatiques, c'est toute l'identité de la Coupe d'Afrique des Nations qui vacille. Egypte-Sénégal : une rivalité historique qui dépasse les générations À Tanger, plus qu'une place en finale, c'est un pan de l'histoire du football africain qui est en jeu. Et comme souvent entre le Sénégal et l'Egypte (18h), le verdict pourrait se jouer sur un détail, mais laisser une trace durable dans les mémoires. La seule confrontation entre le Sénégal et l'Egypte en demi-finale de la Coupe d'Afrique des Nations remonte à 2006, lors d'une édition organisée en Egypte. Dans un stade acquis à leur cause, les Pharaons s'étaient imposés (2-1) à l'issue d'un match intense, marqué par la maîtrise tactique égyptienne et l'efficacité de leurs cadres. Cette victoire avait servi de tremplin vers un nouveau sacre continental, confirmant à l'époque la domination de l'Egypte sur le football africain. Près de vingt ans plus tard, ce souvenir reste gravé dans les mémoires égyptiennes comme une référence fondatrice, tandis que les Sénégalais y voient une cicatrice à effacer et une revanche à prendre. Un historique d'affrontements extrêmement serré Les chiffres traduisent parfaitement l'intensité et l'équilibre de cette rivalité. En 15 confrontations officielles et amicales, l'Egypte compte 7 victoires, le Sénégal 6, pour seulement 2 matchs nuls. Aucun des deux géants africains n'a jamais réellement pris le dessus sur l'autre sur la durée. Au-delà des statistiques, ces rencontres ont souvent été disputées sur des détails : un exploit individuel, une séance de tirs au but, ou une erreur défensive payée cash. Autant d'éléments qui nourrissent la dramaturgie de chaque nouveau duel. La finale de la CAN 2021, un basculement historique La rivalité a changé de dimension lors de la finale de la CAN 2021, disputée au Cameroun. Après 120 minutes d'un combat âpre et indécis, le Sénégal s'était imposé aux tirs au but (4-2), décrochant le premier titre continental de son histoire. Ce succès a marqué un tournant majeur : il a consacré la génération dorée sénégalaise et installé durablement les Lions de la Téranga parmi les grandes nations du continent. Côté égyptien, en revanche, cette défaite a été vécue comme un immense traumatisme, tant la victoire semblait à portée de main. Finale 2025 sous haute tension La demi-finale de la CAN-2025 à Tanger ne sera donc pas un simple match de plus. Elle représente un nouveau chapitre d'une saga africaine faite de revanche, de fierté et de mémoire collective. D'un côté, le Sénégal, champion d'Afrique en quête de confirmation et désireux d'asseoir sa domination récente. De l'autre, l'Egypte, nation la plus titrée de l'histoire de la compétition, animée par un profond désir de reconquête. Dans un stade qui promet une atmosphère électrique, chaque duel, chaque ballon perdu, chaque décision arbitrale pourra faire basculer la rencontre. À ce niveau, l'expérience des grands rendez-vous, la gestion de la pression et la lucidité dans les moments clés feront la différence.