,Ce n'est étranger pour personne, encore moins une surprise. Le scandale qui éclaire cette Coupe d'Afrique des nations met à nu une relation devenue presque organique : CAF–FIFA. Un cordon ombilical vital, impossible à sectionner tant que les revendications politiques et sportives du Makhzen ne sont pas pleinement satisfaites. Dans cette CAN, le football n'a pas toujours été le centre du jeu ; il en a souvent été l'alibi. Les scandales d'arbitrage se sont multipliés tout au long de la compétition, culminant avec l'épisode désormais célèbre de la « bataille de la serviette ». Pour la CAF, aucune infraction : tout aurait été provoqué par la partie marocaine, et les tentatives présumées de vol de serviettes impliquant officiels et joueurs n'auraient été que de simples rumeurs. L'arbitre « n'aurait rien vu ». Pourtant, la scène, largement relayée, n'a pas été dissimulée par le tissu en question. Elle a surtout exposé la compétition à la moquerie des médias internationaux, renforçant l'image d'une institution complaisante. Les autres revendications, elles, doivent être rapidement effacées, évaporées. Mais l'histoire est têtue. Elle refuse d'oublier les décisions prises pour que la CAN demeure sur le sol du Makhzen. Les sanctions financières infligées — 100 000 dollars pour manquements sécuritaires, gestes abusifs et billets de banque brandis à l'encontre des arbitres — apparaissent presque symboliques au regard des sommes engagées pour préserver le trophée. Non satisfait, le Makhzen en exige davantage. Les lourdes suspensions infligées au gardien algérien Luca Zidane et au défenseur Rafik Belghali, respectivement deux et quatre matches, en sont la preuve. Motif invoqué : des incidents post-élimination face au Nigeria. La Fédération algérienne de football, loin d'être une fédération de «neige», a immédiatement engagé une procédure de recours. La riposte ne sera pas silencieuse. Elle pourrait bien ébranler les sommets de la CAF et de la FIFA, et rappeler que le football africain ne peut durablement se jouer dans l'ombre des réunions secrètes et des équilibres politiques.