Le long-métrage Chroniques du temps du siège s'apprête à franchir une étape majeure de son parcours en étant présenté en première mondiale au Festival international du film de Berlin. Sélectionné dans la section officielle, au sein de la compétition Perspectives, le film sera projeté lors de la prochaine édition de la Berlinale, prévue du 12 au 22 février. Cette sélection constitue une reconnaissance internationale importante pour une œuvre algéro-palestinienne qui affirme une identité artistique forte et une approche cinématographique profondément humaine. Réalisé par le cinéaste palestinien Abdallah Al-Khatib, le film est porté par une production conjointe réunissant Taqi Eddine Issaad pour Evidence Films et Salah Issaâd pour Issaâd Film Productions. À leurs côtés, l'artiste et producteur Sofiane Zermani, connu sous le nom de Fianso, ainsi que la société Deux Princes Films, ont également pris part à l'aventure. Cette collaboration reflète une volonté claire de bâtir un projet cinématographique ambitieux, ouvert aux regards multiples et aux sensibilités croisées. L'histoire se déroule dans un camp de réfugiés palestiniens soumis à un siège prolongé. Dans cet espace clos, coupé du monde extérieur, un groupe de femmes et d'hommes tente de maintenir une forme de normalité malgré la pénurie et l'isolement. Le film s'attarde sur leur quotidien, fait de gestes simples, de silences lourds et de décisions difficiles. Ici, la survie ne se résume pas à une question matérielle : elle interroge aussi la solidarité, la dignité et les valeurs humaines mises à l'épreuve par la contrainte permanente. Adoptant un point de vue résolument palestinien, Chroniques du temps du siège privilégie une narration intime et collective à la fois. Le récit se construit dans l'observation attentive des détails, des regards échangés et des liens qui persistent, parfois fragiles, mais tenaces. Loin du spectaculaire, le film choisit la justesse et la retenue pour traduire l'attente, la peur et l'espoir diffus qui habitent les personnages. Le scénario puise sa matière dans l'expérience personnelle du réalisateur, marquée par le siège du camp de Yarmouk. Cette épreuve fondatrice a nourri l'écriture du film, sans pour autant l'enfermer dans un cadre historique ou géographique précis. En s'affranchissant de repères stricts, Abdallah Al-Khatib cherche à donner à cette histoire une portée universelle, faisant écho à l'expérience palestinienne à travers le temps, de la Nakba jusqu'à l'époque contemporaine. Cette œuvre s'inscrit dans une dynamique de production algérienne ouverte sur le monde et rassemble des talents issus de plusieurs pays, notamment la Palestine, la Jordanie, la Syrie et l'Algérie. Le casting réunit des figures reconnues du cinéma algérien, telles qu'Idir Ben Aïbouch et Ahmed Zitouni, aux côtés de Wassim Fedrich, jeune acteur représentant une nouvelle génération prometteuse. Une partie significative du tournage a eu lieu dans la ville de Batna, avec une équipe technique majoritairement algérienne. Le projet a également bénéficié du soutien du ministère de la Culture et des Arts lors de la phase de post-production, témoignant de l'intérêt des institutions algériennes pour des films exigeants, engagés et en dialogue avec les grandes questions humaines de notre temps. Par sa présence à la Berlinale, Chroniques du temps du siège confirme ainsi la capacité du cinéma algéro-palestinien à porter une parole forte sur la scène internationale..