Sans raison apparente, la télévision publique française a consacré, ce jeudi 22 janvier, l'épisode de son émission « Complément d'enquête », diffusé ce jeudi soir, à une attaque contre l'Algérie sous un titre racoleur « Rumeurs et coups bas : la guerre secrète entre la France et l'Algérie ». A moins que l'extrême droite française n'ait pas digéré le vote par l'Assemblée populaire nationale de la loi criminalisant la colonisation française en Algérie. L'émission hebdomadaire « Complément d'enquête » est censée être un magazine d'investigation qui propose, selon la présentation qui en est faite sur son site, « chaque jeudi, 90 minutes d'enquêtes autour d'un thème d'actualité française, alternant reportages et invités en plateau. Dans ce qui a été diffusé ce jeudi, il n'y avait ni reportages fouillés, ni témoignages exclusifs ni analyses en plateau. En fait, comme l'a caractérisé l'APS, ce n'est ni une enquête, ni un travail d'information équilibré, mais une entreprise de désinformation méthodique, où l'Algérie sert de cible obsessionnelle et de fonds de commerce médiatique. A la fin de l'émission, on comprend qu'elle n'a apporté aucun éclairage mais a poussé vers l'escalade la tension qui marque les relations entre les deux pays. Sans doute réalisé dans la précipitation, et visiblement dans la contrainte de réchauffer des sujets déjà réchauffés, cet épisode a fait dans l'ingérence dans les affaires intérieures de l'Algérie en présentant les activités d'un groupuscule classé terroriste en Algérie et en jouant sur le thème de la division qui n'a jamais rien donné comme résultats à ses auteurs. Ils ont également tenté de nier le patriotisme des Algériens bi nationaux qui montrent leur attachement à leur pays d'origine. Ces Algériens subiraient des pressions et des menaces pour les obliger à travailler pour l'Algérie. Comme si ceux qui sortent à Paris, à Marseille et dans d'autres villes françaises pour fêter les victoires de l'Equipe nationale de football étaient obligés de le faire sous la pression et les menaces. L'APS a bien recadré « France Télévisions, censée incarner la rigueur et le professionnalisme » mais qui « adopte la rhétorique de l'extrême droite et offre une fois de plus une tribune privilégiée à ceux qui ont fait de la haine de l'Algérie leur principal combat, leur marque de fabrique et un produit idéologique facile à instrumentaliser. Il faut appeler les choses par leur nom ». Pour l'APS, le plus inquiétant est que les médias publics français semblent prêts à tout pour étayer leurs affirmations. Cet épisode est révélateur d'une faillite intellectuelle, éditoriale et morale, qui frappe une institution financée par les contribuables et censée servir l'intérêt public, et non les délires de l'extrême droite, toujours en quête d'un bouc émissaire.