L'Algérie renforcera davantage son dispositif de mobilisation des ressources en eau avec la mise en service progressive de cinq nouveaux barrages, actuellement en cours de réalisation. L'annonce a été faite avant-hier mardi à Alger par le directeur général de l'Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), Abdelatif Azira, lors de son intervention au Forum du quotidien El Moudjahid.Ces nouvelles infrastructures hydrauliques, implantées dans les wilayas de Souk Ahras, Khenchela, Tizi Ouzou, El Tarf et Annaba, viendront porter à 86 le nombre total de barrages à l'échelle nationale, contre 81 actuellement en exploitation. Selon les précisions fournies par le responsable, certains de ces ouvrages entreront en service dans les prochaines semaines, d'autres avant la fin de l'année en cours, tandis que les derniers seront opérationnels au cours du premier trimestre de l'année prochaine. M. Azira a également fait savoir que des études sont en cours en vue de la réalisation de nouveaux projets à moyen et long termes, s'inscrivant dans le cadre de la stratégie nationale de sécurité hydrique. À ce titre, il a souligné que l'Algérie dispose aujourd'hui d'une situation «rassurante» en matière de ressources en eau, grâce à la complémentarité entre le réseau de barrages et les stations de dessalement d'eau de mer. Evoquant la situation hydrique enregistrée ces dernières semaines, le directeur général de l'ANBT a indiqué qu'elle est «nettement meil-leure» comparativement à la même période de l'année précédente, à la faveur des importantes précipitations enregistrées dans plusieurs régions du pays. Il a précisé que le taux de remplissage des barrages au niveau national s'élève actuellement à 44,2 %, avec une prévision de hausse à 60 % d'ici la fin de la saison hivernale. Dans le détail, huit barrages affichent un taux de remplissage de 100 % dans les wilayas de Mascara, Tissemsilt, Mostaganem, Jijel, Skikda et El Tarf, tandis que 58 autres dépassent le seuil de 50 %. Une situation jugée favorable pour assurer un approvisionnement normal en eau potable, notamment durant le mois de Ramadhan. À cet effet, M. Azira a assuré que les préparatifs nécessaires ont d'ores et déjà été engagés afin de garantir un service public de qualité durant la prochaine saison estivale, traditionnellement marquée par une forte demande. Abordant la problématique de l'envasement des barrages, le responsable a indiqué que des opérations spécifiques sont en cours, faisant appel à des technologies modernes visant à réduire l'accumulation des sédiments. L'élimination de ces derniers contribue, a-t-il expliqué, à l'augmentation des capacités de stockage, renforçant ainsi l'alimentation en eau potable, l'irrigation agricole et l'approvisionnement du secteur industriel. Enfin, le directeur général de l'ANBT a rappelé que la politique nationale de l'eau repose sur une approche intégrée, combinant la mobilisation des ressources conventionnelles et non conventionnelles, l'optimisation des réseaux de transfert et la rationalisation de la consommation. Cette approche vise non seulement à sécuriser l'approvisionnement des populations en toutes circonstances, mais aussi à accompagner le développement économique et agricole du pays, dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et l'irrégularité des précipitations. Il a, à cet égard, insisté sur l'importance de la sensibilisation des usagers à une utilisation rationnelle de l'eau, en tant que levier complémentaire aux investissements structurels engagés par l'Etat. Djamila Sai