C'est sous le signe de l'émotion et de la détermination que s'est tenue la première conférence de presse du nouveau président du Conseil d'administration de la JS Kabylie, Adel Boudedja. Devant les médias et les millions de supporters des Jaune et Vert, le nouveau dirigeant a lancé un appel vibrant : «Aidez-moi, aidez-moi et aidez-moi, parce que je veux réaliser quelque chose pour notre cher club». Un message fort qui traduit à la fois l'ampleur de la mission et la volonté de tourner la page des turbulences récentes. Pour la JSK, club emblématique du football algérien, l'heure semble venue d'ouvrir un nouveau chapitre. Un président supporter avant tout Supporter déclaré, bien avant d'en devenir le premier responsable, Adel Boudedja n'a pas caché son attachement aux Canaris : « Je suis supporter, et je rêve de ce dont rêvent des millions de supporters : voir cette équipe retrouver toute sa force et son dynamisme, et reprendre sa place dans le concert du championnat et des compétitions continentales. Ensemble nous pouvons réussir. Moi seul, je ne peux rien faire». Un discours fédérateur, qui sonne comme un appel à l'unité après plusieurs saisons marquées par l'instabilité sportive et administrative. Transparence et gouvernance : un diagnostic lucide Dix jours seulement après sa prise de fonctions, le nouveau président dresse un premier bilan sans détour : «Il y a des choses qui m'ont plu et d'autres qui ne m'ont pas plu». Conscient des zones d'ombre ayant fragilisé la relation entre la direction et les supporters, il promet une gestion fondée sur la transparence et la probité : «Je gérerai le club en toute transparence. Je ne cacherai rien aux supporters». Un engagement qui vise à restaurer la confiance et à instaurer une nouvelle culture de gouvernance au sein du club. La formation, priorité absolue Historiquement réputée pour son école de talents, la JSK souhaite renouer avec son ADN formateur «La part du lion sera consacrée à la formation», assure Boudedja. L'objectif est clair : faire émerger d'ici quatre ans de nouveaux profils capables de s'illustrer à l'international, à l'image de Youcef Atal ou Ramy Bensebaini. Une vision à moyen terme qui vise à redonner au club sa stabilité sportive et son identité historique. Face aux rumeurs, le président a tenu à clarifier la situation du staff technique : L'entraîneur Josef Zinnbauer est maintenu à son poste «jusqu'à preuve du contraire», un choix qui traduit la volonté de mettre fin aux changements répétés sur le banc. Par ailleurs, la direction prévoit : La nomination prochaine d'un directeur sportif, le renforcement de la cellule de communication avec des profils qualifiés, Une modernisation structurelle du club. Dès la fin de l'Aïd, la JSK lancera son application officielle ainsi qu'un nouveau site internet, afin de renforcer son ancrage dans l'ère numérique et d'améliorer l'interaction avec ses supporters. Le dossier Mehdi Merghem et les enjeux juridiques Interrogé sur le transfert de Mehdi Merghem vers le SC Bastia, le président a exprimé son mécontentement : «La JSK n'a rien bénéficié de ce transfert, mais nous avons engagé un cabinet d'avocats compétent et je suis confiant». Le joueur s'est engagé avec le club corse jusqu'en 2026. La JSK entend défendre ses intérêts par voie légale. S'agissant des dossiers relatifs au Stade, finances et ambitions sportives, le Stade Hocine Aït Ahmed, des négociations sont déjà engagées afin de renforcer l'autonomie du club et d'améliorer ses ressources financières. Sur le plan fiscal et parafiscal, le président assure que le club est à jour. Les créanciers seront convoqués, justificatifs à l'appui, pour établir des échéanciers clairs. Malgré une stratégie construite sur la durée, l'ambition sportive reste immédiate : «Je veux jouer le titre cette saison, mais nous ferons tout pour terminer à la meilleure place possible». Un appel vibrant aux supporters En conclusion, Adel Boudedja a renouvelé son appel aux fidèles de la JSK : «Aidez-moi et accompagnez-moi pour réaliser les objectifs tracés». Il a également souligné que, dans la vie d'un club algérien parrainé par une société étatique, les responsabilités évoluent et que, en cas d'échec, d'autres dirigeants prendront le relais. Pour la JS Kabylie, l'enjeu dépasse une simple saison sportive : il s'agit de restaurer une identité, une stabilité et une ambition à la hauteur de son riche palmarès. La balle est désormais dans le camp des dirigeants...et sur le terrain.