La 18e édition de la série des ''Dourouss Mohammadia'' de la Zaouïa Belkaïdia Hebria, consacrée cette année au thème ''Les efforts des maîtres soufis au service du Saint Coran et des sciences de la charia islamique'', a été ouverte jeudi soir, à Oran. A cette occasion, le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, a souligné que «les maîtres soufis en Algérie ont été et demeurent une école de modération, une méthode d'ancrage des valeurs, un rempart pour la protection de l'identité nationale et une source de cohésion sociale». Le ministre a souligné que «l'Algérie restera fidèle à sa référence religieuse du juste milieu et attachée à son héritage spirituel ancestral». Il a indiqué que «de nombreuses figures, telles que l'Emir Abdelkader, Cheikh Bouâmama, Cheikh El Haddad, Boumaza et Lalla Fatma N'Soumer ont eu un impact considérable à ce sujet. L'Emir, par exemple, a su allier le djihad et la voie spirituelle : il était mémorisateur du Coran, exégète de ses versets, lecteur du Sahih al-Bukhari, et consacrait ses veillées nocturnes à l'étude de ce recueil avec ses soldats, qui montaient leurs chevaux pour défendre leur patrie, animés par l'esprit de la charia et de la Vérité». Youcef Belmehdi a rappelé que le Saint Coran constituait, à cette époque, «un guide collectif et une énergie de résistance». «Nos zaouïas étaient telles des casernes militaires, des réservoirs de conscience, des pépinières de révolutionnaires et des centres de préservation de la religion, de la langue, de la patrie ainsi que de son identité». Le ministre a également souligné que «les zaouïas, qui ont préservé le Saint Coran durant la période coloniale, sont aujourd'hui capables de préserver l'identité à l'ère de la mondialisation, où les défis et les instruments de domination ont changé, notamment à l'ère du numérique». Il a appelé à «relever le défi d'exploiter cette révolution numérique au service des consciences et des valeurs, et d'orienter les modes de pensée». «Ainsi, nos foyers sûrs ne seront pas envahis et les esprits ne seront pas reconfigurés par des algorithmes qui ont été et restent dirigés contre nous et nos valeurs, afin de renforcer la présence de la spiritualité et de la morale, par lesquelles nous protégeons l'être humain et le rendons fidèle à son Créateur plutôt qu'à ses passions». Cette édition réunit un parterre d'oulémas et de fuqahâs d'Algérie et de plusieurs pays du monde islamique, notamment l'Egypte, le Liban, la Turquie, l'Irak, la Tunisie, la Syrie et le Soudan. Les travaux se poursuivront jusqu'au 7 mars prochain.