Face aux manifestations en Iran, le président américain menace le régime l'Iran d'une intervention militaire sans précédent. Mais comme le notent bon nombre d'observateurs, entre contraintes opérationnelles, risques d'escalade régionale et calculs politiques, Washington temporise, tandis qu'Israël se place en alerte maximale. Ainsi, le cours du pétrole a gagné 3 à 4 points, étant coté le 14 janvier 2026 à 65,47 dollars le Brent, puis le 16 janvier, 64, 14 dollars, le Wit 59,47 dollars et le gaz environ 30 dollars le mégawattheure, dus non aux fondamentaux économiques mais à ces tensions géostratégiques. Les tensions avec l'Iran ont montré l'importance du détroit d'Ormuz contrôlé par l'Iran, situé au sud-est de Bandar Abbas avec des pays frontaliers qui sont au nord l'Iran, et au Sud-est les Emirats arabes unis, depuis Jazirah al Hammra, suivis du sultanat d'Oman d'une largeur d'une trentaine de milles marins (55 km) avec un tracé de deux couloirs de navigation de deux milles (3,5 km) de large chacun, l'un montant, l'autre descendant, les couloirs de navigation étant séparés par un couloir tampon de deux miles, bien que ses rails de navigation sont considérés comme étroits pour les supertankers, pour les porte-conteneurs ainsi que pour les méthaniers géants contemporains. Avec Gibraltar, le Bosphore, Malacca et le canal de Suez, il est un des grands détroits de la planète. Situé sur une très ancienne route commerciale entre l'Asie, la Méditerranée et l'Europe permettant le passage du Golfe Persique au Golfe d'Oman, puis à la mer d'Arabie et à l'océan Indien. La fermeture du détroit de d'Ormuz, affecterait le transit du gaz et du pétrole car « porte de sortie » du pétrole de la région du Golfe qui compte 5 des 10 plus gros producteurs du pétrole au monde localisé au Moyen Orient comme mis en relief précédemment, où transitent plus de 30% des produits pétroliers dont plus de 20% du GNL Le détroit d'Ormuz constitue une des principales voies de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen-Orient avec les marchés asiatiques, européen et nord-américain, et l'idée de canalisations pour le contourner exigerait un investissement colossal. Il faut également tenir compte des tensions qui ont perturbé le trafic en mer Rouge par où 12 % du commerce mondial de marchandises passe, une voie de transit qui concentre 30% du trafic mondial de conteneurs et environ 8% de produits pétroliers, qui ont fait augmenter le coût du transport maritime du transport de 15 à 20%. Conjointement aux tensions en mer rouge, avec la possible fermeture du détroit d'Ormuz pourrait pousser les prix des hydrocarbures à la hausse accentuant l'inflation mondiale où selon le FMI, une hausse de 20/25 % du prix du pétrole/gaz entraînerait une hausse de l'inflation entre 0,8/ et 1% et par ricochet accroîtrait le coût des marchandises, les pays pétroliers mono-exportateurs et gros importateurs, perdant plus que ce qu'ils ont gagné et d'une manière générale, cela menacerait la croissance de l'économie mondiale. Aussi, afin d'éviter des tensions énergétiques de grandes ampleurs, aucun pays n'a intérêt à une généralisation du conflit au Moyen-Orient, ni les pays du Golfe ni l'Iran qui a besoin de ressources financières du fait de vives tensions sociales internes, ni les grandes puissances dont la Chine, un des plus gros importateur d'hydrocarbures, ni les USA qui, rappelons lors du conflit – Israël, le président américain avait mis en garde Israël, le 3 octobre 2024, contre les attaques sur des sites pétroliers du fait que les grandes compagnies américaines sont présentes dans la région. En conclusion, malgré le drame auquel nous assistons actuellement au Moyen-Orient et dans d'autres contrées du monde, n'oublions pas le drame du Soudan, l'histoire millénaire a montré que la symbiose des apports l'Orient et de l'Occident ont favorisé le dialogue des cultures et des civilisations avec des prospérités et des déclins, montrant qu'aucune civilisation n'est supérieure à une autre. Le devenir d'un monde multipolaire, conditionne largement la réussite de cette grande entreprise de cohabitation entre les peuples qui interpelle notre conscience commune. Le grand défi auquel du monde est appeler à relever notamment est la lutte contre le réchauffement climatique qui n'est pas une vue de l'esprit, le défi du contrôle numérique dont l'intelligence artificielle qui bouleversera entre 2026/2030/2035 les comportements des citoyens, la structure future des emplois, la gestion des entreprises, des institutions civiles et militaire. (Suite et fin) Dr Abderrahmane Mebtoul