Le vendredi, à 7h30, la ville s'éveillait à peine. L'air était encore frais, presque silencieux, comme suspendu entre la nuit et le jour. Après quelques courses sans importance, mes pas m'ont guidé, presque naturellement, vers le cimetière « Chorfa » de la ville des Asphodèles (Berrouaghia). Là-haut, tout semble différent. Le bruit du monde s'efface, laissant place à une quiétude profonde. Les tombes, discrètes et alignées au milieu de la verdure, racontent chacune une histoire, un souvenir, une vie entière résumée en quelques mots gravés dans la pierre.Je me suis approché doucement... comme on rend visite à des êtres chers qui dorment. Devant la tombe de ma grand-mère maternelle « Fatma el-annabia », le temps s'est arrêté. Les mots deviennent inutiles dans ces moment-là. Seul le cœur parle, en silence. Autour d'elle reposent tant de visages familiers, tant de fragments de vie partagée... famille, amis, voisins... et tant d'autres emportés au fil des années, certains trop tôt, surtout durant la période sombre du Corona. On croit parfois que le temps efface... mais ici, il rappelle. Il rappelle les rires, les regards, les gestes simples, les moments qui, sans qu'on le sache, étaient précieux. Dans ce lieu de méditation et de recueillement, une vérité s'impose avec douceur : ceux que nous avons aimés ne disparaissent jamais vraiment. Ils vivent en nous, dans nos souvenirs, dans nos paroles, dans nos silences.Qu'Allah accorde sa miséricorde à tous ceux qui nous ont quittés. Qu'Il éclaire leurs tombes et apaise nos cœurs. Et à nous, vivants... qu'Il nous rappelle de ne jamais oublier, d'aimer encore plus fort, tant qu'il est encore temps.