Une fois de plus, le football africain offre un spectacle en dehors des terrains. Et une fois de plus, il rappelle une vérité que dirigeants, joueuses et supporters connaissent trop bien : dans les compétitions organisées par la Confédération africaine de football, rien n'est jamais totalement acquis. Le dernier épisode en date concerne la Coupe d'Afrique des nations féminine 2026. Prévue initialement du 17 mars au 3 avril au Maroc, la compétition a été reportée à la dernière minute pour se tenir finalement du 25 juillet au 16 août. Un changement brutal, sans explication claire, qui illustre une nouvelle fois les flottements qui entourent l'organisation du football continental. Un flou qui désorganise tout un continent Pendant plusieurs semaines, l'absence de communication officielle de la CAF a plongé les sélections dans une situation kafkaïenne. Certaines équipes poursuivaient leur préparation comme si le calendrier initial était maintenu, tandis que d'autres suspendaient leurs plans, dans l'attente d'une décision hypothétique. Ce manque de visibilité n'est pas sans conséquences : stages perturbés, budgets recalculés à la hâte, préparation physique déséquilibrée... À ce niveau de compétition, ces incertitudes peuvent peser lourd. Très vite, les critiques ont fusé à travers le continent, renforçant une impression persistante : celle d'une gestion approximative, voire improvisée, du football féminin africain. Tensions et règlements de comptes en coulisses Dans ce climat déjà tendu, certains acteurs n'ont pas hésité à entrer dans la mêlée. L'Afrique du Sud s'est ainsi positionnée comme solution de rechange pour accueillir le tournoi, tout en adressant une pique à peine voilée au Maroc. En filigrane, des soupçons ont émergé : Rabat aurait-il volontairement freiné l'organisation pour exprimer son mécontentement après sa défaite lors de la Coupe d'Afrique des nations 2025 ? Une hypothèse jamais confirmée, mais révélatrice des tensions politiques qui s'invitent régulièrement dans le sport. Face aux critiques, le Maroc a rapidement réagi pour défendre son image. Les autorités ont tenu à clarifier leur position : le pays est prêt, et ne porte aucune responsabilité dans ce report l'a affirmé sans détour : « la décision émane exclusivement de la CAF. Une manière de se dédouaner, tout en pointant du doigt une gouvernance jugée opaque. » De son côté, la CAF est restée fidèle à une communication minimale, évoquant simplement des « circonstances imprévues », sans davantage de précisions. Une explication jugée insuffisante par de nombreux observateurs. Une organisation qui interroge Ce nouvel épisode s'inscrit dans une série de reports, d'ajustements de calendrier et de décisions tardives qui alimentent le scepticisme autour de l'instance dirigeante du football africain. Au-delà de ce cas précis, c'est toute la crédibilité des compétitions continentales qui se retrouve questionnée. Car à force de changements de dernière minute, c'est la stabilité même du calendrier africain qui vacille. Aujourd'hui, une chose est sûre : la CAN féminine 2026 aura bien lieu au Maroc, à de nouvelles dates. Mais le mal est fait. Entre accusations croisées, communication défaillante et climat de suspicion, la compétition débute déjà sous tension... avant même le coup d'envoi. Et surtout, elle rappelle une réalité devenue presque banale : dans le football africain, les certitudes d'aujourd'hui peuvent disparaître demain.