À court terme, à trois mois des Jeux méditerranéens et à moins de deux mois de l'étape chinoise de la Coupe du monde — si toutefois l'Algérie y participe —, la préparation des équipes nationales, féminine comme masculine, apparaît pour le moins discordante. Les tournois, censés servir de compétitions de contrôle, auxquels elles prennent part, n'offrent ni le volume compétitif nécessaire à l'affûtage technico-tactique, ni une opposition conforme aux exigences des échéances à venir, avec des adversaires non conformes aux besoins de l'étape actuelle. Avec un effectif constamment remanié et des visages qui changent à l'annonce de chaque compétition, non seulement cela installe une instabilité chronique, mais cela empêche aussi toute construction cohérente, toute montée en puissance progressive et toute automatisation collective indispensable au haut niveau. Si les résultats peuvent sembler visibles dans ces tournois secondaires, ils peinent à se confirmer lors des grandes compétitions officielles, là où l'exigence réelle s'impose. Que vaut réellement une médaille, même en or, lorsqu'elle est acquise dans un tournoi de faible densité, face à des adversaires non conformes aux besoins de l'étape actuelle ? Cette accumulation de résultats, certes flatteurs, mais peu révélateurs, n'entretient-elle pas une illusion de performance ? Au regard des principes de la périodisation de l'entraînement, la phase actuelle devrait correspondre à une période précompétitive exigeante et structurée, orientée vers l'intensité, la précision et la confrontation de haut niveau, dans des conditions proches de la compétition cible. Or, faute d'exigence et de cohérence, c'est une préparation à contretemps qui se profile, avec le risque de voir cette illusion s'effondrer au premier véritable test — là où le haut niveau ne pardonne ni l'improvisation ni l'approximation.