Les prix du pétrole en hausse    Abdelkader Teta nous a quitté    Un assuré saisit la justice    Kaspersky révèle l'impact de la numérisation sur la vie familiale    Washington veut persuader les pays du Moyen-Orient de se joindre aux frappes contre l'Iran    Le Congrès américain contre Trump    «La dissuasion et l'autonomie stratégique»    Incendie maîtrisé dans un immeuble à Aïn Tédeles    Un mort et deux blessés dans un dérapage de voiture à Jdiouia    Prolifération inquiétante des sangliers en plein jour à Bermadia    Yamina Bachir-Chouikh, une voix de courage dans le cinéma algérien    Le ministère de la Culture dépêche une équipe technique spécialisée    Un hommage appuyé à l'héritage andalou    Nomination de Saïfi à la tête de la sélection U23 : Un nouveau départ pour le football algérien    Le CRB au rendez-vous du derby, Constantine assure    PAC : El-Koubi écope de deux matchs de suspension    Mise en demeure adressée à la chaîne Echourouk pour dépassement de la durée autorisée des spots publicitaires télévisuels    En présence d'une marée humaine, funérailles déchirantes de la collégienne Zahra    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Est-il possible d'être heureux en Algérie ?
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 06 - 03 - 2014

Au-delà du burlesque et du film muet de ces jours-ci, la question du siècle et de la vie : peut-on être heureux en Algérie ? On peut être riche, s'appeler Haddad, avoir une belle maison, un salaire ou du temps gratuit ou une femme qui aime votre retour ou un lot de terrain ou de la puissance et des enfants. Mais la question demeure : peut-on être heureux en Algérie ? Qu'est-ce qui manque au bonheur ? C'est selon. Les uns disent que ce sont les autres qui gâchent la joie. Un pays sans Algériens pour un Algérien seul et unique est l'image du bonheur.
Les Algériens seraient, pour chacun, l'ennemi du bonheur de chacun donc. Sans eux, je serais heureux. Vrai, en fantasme, mais pas en réalité. Mon bonheur a besoin de l'autre : mon sang, mes parents, mes amours, mes amis et ainsi de suite. C'est mon peuple et mon bonheur augmente quand je le partage. On peut ignorer cette loi par colère, mais elle est immuable.
Pour d'autres ? On peut avoir de l'argent, un plan de Constantine, l'ANSEJ et tout, mais en gros, on n'est pas heureux en Algérie. Les uns prennent la mer ou les airs. D'autres s'enferment chez eux.
Les derniers ont besoin de la puissance pour marcher sur les autres, seul moyen, selon eux, pour les tenir à distance et se protéger. Là aussi, c'est la sécurité mais pas le bonheur. Bien nourri, logé ou pas, habillé, clientélisé ou pas, obligé au travail, l'Algérien n'est pas heureux. Il est en colère. Triste, mélancolique, nerveux ou inquiet. On sent tous que la terre n'est pas à nous ou pas suffisamment, qu'elle n'est pas solide ou qu'on est déraciné de quelque chose. Planté dans un bocal avec le souvenir de l'ancienne forêt maternelle dans la sève. On sent qu'on nous a volé quelque chose. Que nous passons à côté de quelque chose. Qu'il y a arnaque et tricherie.
En gros, on est désenchanté dès la naissance, curieusement. On n'est pas heureux et chacun réagit à ce manque de bonheur, à sa façon.
D'ailleurs, le but national n'est pas le bonheur. C'est le mandat à vie pour Bouteflika. C'est pomper et s'en aller pour des riches. C'est agresser pour se défendre. C'est manger et prier pour s'en aller, vite, au paradis.
Le but est le jugement dernier, le mandat à vie, l'exil, le visa, le barraudage des fenêtres ou le démos numériques.
Rien d'Algérien.
On n'est pas heureux dès le début d'ailleurs. Parce qu'on s'interdit l'essentiel : le plaisir, l'amour, le rire, le voyage, la création, le partage et la sincérité et l'acceptation de soi. Ensuite, on n'est pas heureux parce qu'on n'est pas impliqué dans notre pays, parce qu'on ne le possède pas, parce qu'il est laid, mal construit et sale parfois et très triste et nous en veut. Et on n'est pas heureux parce qu'on ne peut rien commencer avec ceux qui nous gouvernent, on ne peut pas élire, choisir, contrôler, décider, critiquer et construire et surveiller.
L'école nous apprend que nous ne sommes pas ce que nous sommes, mais des gens venus d'ailleurs et alors notre pays ressemble à un campement. Les képis nous surveillent, les gens d'Allah aussi et les voisins. Parce que aussi, le bonheur doit être défini, aidé et poursuivi. Comme un but, pas comme un crime.
Le plan de Constantine de De Gaulle n'était pas l'Indépendance.
Le plan de Tlemcen n'est pas le bonheur.
On n'est pas heureux car ce pays est construit, par nous, comme une prison, une salle d'attente ou un camp.
Beaucoup d'Algériens disent qu'on ne peut pas être heureux en Algérie donc. C'est un pays qui ne rit pas, où l'amour est un crime, le corps un clandestin et où le but des polices et de l'ordre est de nous enfermer, immobiliser, séparer et pourchasser. Et où la religion est une inquisition ou une bigoterie et où l'identité est un arome artificiel et où la liberté est une menace pour les politiques et où être jeune, c'est avoir mal vieilli. On n'est pas heureux en Algérie parce que le bonheur n'est pas le but de l'Algérie. C'est très simple.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.