Ils sont, de plus en plus, nombreux les malades atteints de pathologies nécessitant un suivi médical continu et un traitement à vie mais ne figurant pas sur la nomenclature des maladies chroniques qui en comporte 26. C'est, particulièrement, l'exemple de ceux atteints de la tension visuelle, une maladie dont le nombre de cas est en croissance et qui reste encore ignorée par les décideurs de la CNAS qui n'ont pas encore actualisé cette nomenclature ouvrant aux 100% en matière de remboursement des médicaments. Un malade d'Oran, qui témoigne de l'ampleur que prend cette pathologie comme il est constaté chez son ophtalmologue traitant, débourse chaque mois 4.000 DA en dépit du fait qu'il est assuré Casnos, mais ne bénéficiant que de 80%. Il rappelle la définition de la maladie chronique telle que vue par les praticiens et qui consiste à une dépendance, à vie, d'un traitement thérapeutique. Partant de ce fait, ils estiment que la CNAS et le ministère du Travail, de la Sécurité sociale et de l'Emploi doivent, impérativement, changer de démarche dans l'élaboration de la nomenclature, en considérant que les maladies chroniques sont définies par les médecins et leur conseil scientifique et non par rapport à la population atteinte évaluée actuellement à plus de 8 millions de malades reconnus en tant que tels. Ces malades chroniques, non encore reconnus, estiment que l'argent des caisses sociales n'appartient pas à l'Etat, mais aux seuls cotisants et, par conséquent, le droit à 100% de remboursement est un droit et non une faveur. Chez un ophtalmologue, un groupe de malades atteints de la tension visuelle estime qu'ils sont lésés car, en plus des consultations périodiques, extrêmement chères, ainsi que les examens de fond d'œil, remboursés selon une nomenclature des actes médicaux datant de 1987, alors que les honoraires ont été multipliés par 100 pour certaines spécialités, le remboursement des médicaments théoriquement à 80% ne l'est pas dans la réalité car, souvent, l'assuré doit payer la différence avec le tarif de référence. Et que dire des malades non assurés sociaux qui ne bénéficient d'aucune couverture, pourtant prévue auprès des services de l'Action sociale à travers la carte de démunis sociaux. Sur ce registre, force est de reconnaître que cette démarche, inscrite dans le cadre de la solidarité nationale connaît des relents inexplicables et qui sont à l'origine de la non application des dispositions comprises dans le système de contractualisation des établissements de santé publique avec les organismes de Sécurité sociale et de l'Action sociale et dont la promulgation de la loi remonte à 2005.