Le premier Data center national obtient une certification reflétant sa maturité technique et son opérationnalité    une délégation namibienne de haut niveau en visite de travail en Algérie à partir de ce dimanche    réception de 338 bus au port d'Alger et de 97 autres au port de Djen Djen    Kaylia Nemour arrache l'argent à la poutre    Derrière Quentin Deranque, la banalisation médiatique d'une galaxie néofasciste    L'aide arrive enfin au Kordofan du Sud    Le vol par l'entité sioniste d'organes de martyrs palestiniens continue    Décès de l'ancien ministre du Tourisme et de l'Artisanat, le moudjahid Hadj Abdelwahab Bakli    Triple saut : Meilleure performance mondiale de l'année pour l'Algérien Triki    Le leader piégé à Oran, Constantine relance la course au titre    Un nouveau directeur pour le secteur des transports    Plusieurs boucheries ciblées par une opération de contrôle à Mostaganem Saisie de viande impropre à la consommation    Les prix relativement cléments    La jeunesse fait vibrer le chant religieux    Al-Bîrûnî, un génie précoce au carrefour des cultures    La bataille d'«El-Kef Lasfar», une épopée héroïque durant la glorieuse Guerre de libération nationale    «La fidélité aux martyrs, fondement des réalisations de l'Algérie nouvelle»    Réception de 384 bus au port de Mostaganem    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La preuve par Google: que faire des «Arabes» ?
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 14 - 09 - 2014

Que faire des «Arabes» ? Meursault en tue un. Daech en tue beaucoup. Sous le même soleil et avec la même gratuité. Les guerres aussi, la décolonisation, le terrorisme, les dictatures. Mais cela ne résout pas la question : comment tuer ce qui n'existe plus ? Lu sur Courier international un article fascinant : les difficultés qu'a Google, le futur cerveau du monde, à perfectionner la traduction automatique de l'Arabe. Comment faire ? On s'imagine la traduction du Coran par Google automatique : une hérésie. Cela va coûter encore des vies, des attentats, des marches dans le monde et des gens piétinés ou lynchés au Pakistan, des drapeaux brûlés, des otages. Impasse pour le géant du monde : il s'en sort en verrouillant. « Seuls quelques versets coraniques sont traduits à la lettre, puisque, considérés comme sacrés, ils ont été préenregistrés afin d'éviter toute erreur. » rapporte le journaliste. Et le reste de cette langue qui a un mot pour chaque grand de sable dans le Sahara ? Dix mille difficultés : d'abord les internautes « arabes ». Ils sont peu coopératifs et n'aident pas à la traductibilité de cette langue par des aides, participations, assistance et propositions. Paresse, tribus, nationalismes primaires, querelles. Les traductions sont même sabotées par les ajouts locaux, les barbarismes, les disputes entres nationalités « arabes » dont chaque internaute veut faire la promotion de sa langue nationale et pas de l'idiome théorique. Toutes les guerres arabo-arabes se retrouvent sur le champ de cette langue : les monothéismes ayant ce vice de vous unir autour d'un Dieu et de vous séparer sur tout le reste. Donc, sur le champ de leur langue idéalisée, les « Arabes » ne s'entendent pas, se battent, se déchirent, se fourvoient ou se trahissent les uns les autres. A lire : « De plus, il ne s'agit pas de textes dûment établis études, rapports officiels, textes journalistiques mais d'une foule de textes disparates, écrits en divers dialectes sur d'innombrables forums et blogs bourrés de fautes, de tournures bancales et de barbarismes.
Ce qui ne facilite pas la tâche des linguistes, qui ne peuvent pas s'en servir pour améliorer les performances de la traduction électronique comme ils le font pour les autres langues. Le second facteur se situe au niveau des utilisateurs. En effet, Google permet aux utilisateurs de noter les traductions, de signaler des contresens ou de proposer des améliorations. Or rares sont ceux qui le font. Pire, beaucoup “sabotent” en s'amusant à suggérer des traductions fantaisistes ». En clair : beaucoup de mauvaise foi.
Ensuite ? Selon l'article signé Mahmoud El-Hajj, Beyrouth, il y aussi une autre raison : « le faible volume de textes arabes sur Internet, avec seulement 3% du contenu total de la Toile au niveau mondial, toutes langues confondues ». Sinistre constat : on ne produit pas, peu, si peu. Mais on trouve à commenter sur le monde, le refuser, lui reprocher nos reflets et nos ombres mais on n'y participe pas, même pas par une allumette destinée à éclairer une parcelle du monde.
La dernière raison de cette « intraducatibilité » selon Google est la guerre avec Israël. « Il y a trois ans, le service de Google s'était transformé en champ de bataille entre internautes israéliens et arabes, les uns et les autres se dénigrant mutuellement. On suppose que ce sont des internautes israéliens qui ont essayé, fin 2010, de faire en sorte que la phrase “Israël will die” [Israël mourra] devienne en arabe “Israël ne mourra pas”. De même, la phrase arabe “L'islam n'est pas une religion terroriste” a donné le contraire en anglais : “Islam is the religion of terror” [l'islam est la religion de la terreur]. En face, les internautes arabes se sont mobilisés pour rétablir la bonne traduction pour ce genre de phrases, tout en multipliant les occurrences de formules telles que “le judaïsme est une religion terroriste” ou “Israël en enfer”. Depuis, Google a corrigé ces aberrations, sans parti pris politique ni religieux. Il n'empêche qu'un nombre non négligeable d'internautes arabes considèrent l'entreprise Google comme pro-israélienne, puisque ses fondateurs américains sont juifs. Ils ont donc développé des théories du complot à ce sujet et créé des pages Facebook pour appeler au boycott, pages qui, au demeurant, n'ont pas trouvé leur public ». Chute profonde sur un exercice du siècle : les « Arabes » ne créent pas un produit mais sont les premiers à appeler à le boycotter.
Passons. Pourquoi cet article ? Parce qu'il a un effet d'illustration d'une étrange carte mentale sur notre siècle : on se querelle, on refuse nos langues et nos histoires propres en dehors de l'idéologie encore dominante de l'empire arabe d'autrefois, on se débat dans les aliénations anciennes et identitaires, on accuse Israël de nos propre faiblesses et défaites, on ne produit pas, on ne participe pas au bonheur de l'humanité. Cette langue, son sort, son « intraductibilité », son impuissance sur le monde et sa puissance sur ses colonisés est le reflet de notre situation dans le monde. Nous ne savons pas que faire du monde et le monde ne sait pas quoi faire de nous. Cette nationalité fantasmée est un poids mort pour le monde, pour ceux qui la subissent, ceux qui s'en revendiquent, ceux qui la défendent et ceux qui la sacralisent plus que la vie vivante et ceux qui essayent d'y retrouver le corps d'un empire décédé mais sans sépulture.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.