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Le Nord tlemcenien et le Nord constantinois
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 11 - 04 - 2015


Les gens de M'sirda et les gens d'El-Milia
Une généalogie et un parler similaire
Les ketama de Jijel et les zénètes de Tlemcen
1 ère partie
Dans cette présente étude généalogique, j'ai essayé de rapprocher deux régions de notre pays l'une dans la partie voisine de la frontière algéro marocaine, plus précisément les Gens de M'Sirda et l'autre sur les deux rives de Oued El Kébir, les Ouled Aidoun, celle d'El Milia dans la wilaya de Jijel. Quelles en sont les caractéristiques anthropologiques, linguistiques, les us et coutumes qui les caractérisent ? Se sont deux régions d'origine amazigh l'une Zénéte les M'Sirdi et l'autre Kétama d' El Milia de Jijel.
L'explication rationnelle sur l'évolution combien complexe de la généalogie d'une Nation, aussi riche en événements historiques et ethnologiques qui fournissent incontestablement une cohérence dans la connaissance des racines des familles dans une Algérie plusieurs fois millénaire d'une histoire commune lointaine.
Ibn Khaldoun a étudié l'essentiel de ces traits de son temps qui demeurent invariables à nos jours malgré le jeu et la manipulation des ethnologues de la colonisation.
LE SOCLE IDENTITAIRE D'UN LEG HISTORIQUE COMMUN
C'est pourquoi dira Charles Robert Ageron dans son ouvrage : « Dimension de la conscience historique » à la page 384, éditions Plon 1961 que : « l'histoire est un dialogue du passé et du présent dans lequel le présent prend et garde l'initiative… On ne peut imposer à l'histoire de repenser une société exclusivement de la manière même dont celle-ci se pensait elle-même… C'est en la rapportant à un présent inédit qu'on amène le passé à livrer un secret dérobé jusqu'alors aux investigations les plus attentives».
Le territoire des M'Sirdi est une terre d'asile et de résistance. Tant mieux si la tribu des Daouida où Ibn Khaldoun s'est refugié. L'accueil fait à Ibn Khaldoun alors fugitif, s'expliquait par le fait que cette tribu trouvait en l'homme les traits d'un guide et d'un conseiller hors pair. Alors le souverain de Tlemcen offrit à Ibn Khaldoun le poste de 1er Ministre et l'invita à se rendre auprès de lui.
« Comme je voyais les affaires s'embrouiller, je n'acceptais pas son invitation » racontait Ibn Khaldoun. A sa place il envoya son frère qui venait de s'évader.
En revanche, il s'employait à ramener les Daouida dans le giron tlemcénien et à négocier une alliance entre Tlemcen et Tunis, au moment où Abou Hammou, le Roi de Tlemcen se préparait à venir à Béjaia. Mais revenons sur notre étude et parlons-en sur les Gens de M'Sirda. Les M'Sirdi occupaient depuis les siècles la zone tellienne et littorale de l'Algérie.
UNITE TERRITORIALE DE M'SIRA ET RESISTANCE ANTI COLONIALE
Du temps de l'empereur Napoléon III, le territoire Algérien alors sous domination française fut découpé en douars en 1863 et ceci afin de délimiter le territoire que chaque tribu occupe afin d'y répartir les terres. Cette manoeuvre avait en réalité pour but de substituer les entités ethniques qui existaient en une organisation territoriale et administrative et ceci afin de désunifier certaines tribus qui auraient pu poser des problèmes de résistance.
Le territoire des M'sirda c'est à dire le territoire qui leurs a été reconnu par les opérations de délimitation entrepris de 1905 à 1923 couvre une superficie d'environ 29.000 hectares. Il dépend de la commune de Maghnia et compte une soixantaine de villages. Il est situé à l'extrémité occidentale de l'Algérie, touche à la fois la mer méditerranée et le royaume du Maroc avec les limites suivantes :
Au nord, la mer méditerranée.
A l'est, les douars Souhalia, Zaouïa-el-Mira et Ternana.
Au sud, la commune de Maghnia.
A l'ouest, la frontière algéro-marocaine.
Ce territoire présente dans son ensemble le caractère montagneux des rivages nord africains, à l'exception d'une plaine assez peu étendue (4.000 hectares environ) qui se trouve sur la frontière entre les douars Beni-Mengouch et Attia, et qui est le prolongement de la plaine marocaine des Trifia; il est d'une altitude assez faible, les sommets varient de 200 à 600 mètres.
Mais le relief est tourmenté et les chaînons sont séparés par de nombreux ravins, profonds, étroits, d'un accès très difficile. Le rivage, bordé par des collines de 200 à 300 mètres est rocheux et très inhospitalier. Cette région fut jadis très boisée mais on trouve encore aujourd'hui sur bien des points de beaux arbres tels que thuyas et chêne verts. Le climat est celui de la côte algérienne dans l'ensemble, moyennement humide. La région de M'sirda reçoit environ 350mm de pluie par an.
Elle possède un grand nombre de sources dont beaucoup sont aménagées enbassins et abreuvoirs. Les sols là ou l'érosion n'est pas très trop forte, se prête à la culture des céréales et à l'entretien de jardins, vergers et potagers.
A part les sentiers et les pistes meulières ce territoire ne compte que quelque rares voies de communications dont la plus importante est la route de Maghnia à Port Say (nationale 7). Dans les années 90 un nouveau découpage des douars à été entrepris, ralliant le douar de M'sirda Tahta à celui des Souhalia. Le douar de M'sirda Fouaga n'a quant à lui pas été modifié et à pour chef lieu le village de Arbouz.
M'sirda thata
M'sirda thata ville algerienne frontaliere avec oujda (maroc)
ORIGINES DES M'SIRDA
La région de M'sirda est divisée en deux douars les Fouaga et les Tahta, elle se compose de 16 fractions (familles) qui sont Bekhata , Beni Sedrata, Kaezaouia, Mehada, Khada, Kouarda, Ouled ben Ayed pour les Tahta et Ouriache, Anabra, Aghrem, Mefi, Bedar, Ouled ben Chaib, Elhouaren et les Ouled ben Yahia pour les Fouaga. La tribu des M'sirda a cessé d'exister en tant qu'unité ethnique par l'arrêté d'homologation du 31 août 1825 qui l'a érigée en deux divisions administratives les douars M'sirda Fouaga et M'sirda Tahta.
LES RACINES ARABO-BERBERES DES M'SIRDI
Les régions montagneuses de M'sirda ont longtemps étaient un refuge pour les tribus berbères mais il serait toutefois téméraire d'en conclure que les M'sirda sont de purs Berbères. Il paraît bien au contraire qu'ils se soient constitués comme tant d'autres au cours du temps par la réunion d'éléments hétérogènes. On peut distinguer parmi eux deux éléments ethniques : l'un autochtone (berbères) qui comprend surtout les Msirda et les Anabra, l'autre arabe qui comprend les Abd-el-Moumen et les Ouled-ben-Yahia.
D'après les Généalogistes, Les Msirdis appartiendraient à la race des zénètes et descendraient d'Istilien, père des tribus Maghraouiennes (voir Ibn Khaldoun tome 3 page 227) d'Ibn Kharez l'opposant des Fatimides de Karouan (Xème siècle) et de Ziri Ben Attia, avec lequel ils se seraient installés dans la région de Oujda lorsqu'il fonda cette ville en 994.
Quant aux Anabra originaires de Tlemcen et descendants d'Yaghmoracen (fondateur de la dynastie Abd-el-Ouadite) seraient venus se joindre aux Msirda pour échapper à la domination turque. Ces deux éléments constituent la majorité des éléments berbères de la région.
Concernant les éléments arabes, ils ont de commun leur prétention à une ascendance chérifienne : les Oulad Abd-el-Moumen par l'intermédiaire d'Idris et les Oulad ben Yahia par l'intermédiaire de Mouley Abdelkader el Djilani.
Il ne faut pas confondre les Ouled Abdelmoumen avec le grand souverain des Almohades. Le personnage dont il est question serait venu de Cordoue au XIII è siècle où il serait installé avec les Béni Mengouch dans l'actuelle région de M'Sirda.
L'histoire de M'sirda sous la forme de leurs tribus actuelles n'est pas très vieille. En effet la plus vieille mention que l'on trouve de ce nom dans les annales du Maghreb (Mzerdâ) sont d'Ibn-Khaldoun (célèbre historien arabe du XV ème siècle) et remonteraient aux XII éme siècle.
Si fragmentaires que soient les informations recueillies, nous dire que les mêmes caractéristiques reflètent l'ethnologie M'Sirdie à savoir berbère et arabe. En fait c'est une tradition établie aussi bien à Nédroma qu'à M'Sirda, que toute la région était sous la domination des Béni Illoul, fraction des Koumia, tribu à laquelle appartenait Abdelmoumen vers le début du XIIIè siècle.
GENEALOGIE DES BENI SLIMANE/DEBABSA ET DES MAAKIL
Un autre lien peut encore attester de ces rapports avec les Almohades, c'est que les Abadine, fraction de la tribu des Achach, qui prétendent descendre des Abed, famille où naquit le grand Abdelmoumen, ont toujours convoité les terres des M'Sirdis comme un bien ancestral. Mais la puissance des Koumia ne tarda pas à déchoir avec celle des Almohades, et le XIV siècle vit s'opérer une fusion entre les tribus berbères et arabes. Aussi les Daoui Obeïd Allah, tribu arabe, vint dominer toute la région de la Moulouya à la Tafna. Pendant tout le XVII è siècle, les sultans marocains ont eu des prétentions sur l'Ouest du pays, mais ne sont pas arrivés car la population de cette région est hostile à tout pouvoir externe.
La fusion des arabes et des M'Sirdis dans leur Ben Ammat n'est pas connue mais on est en droit de signaler la forte présence des Arabes Maâkil par cette fraction des Béni Obeïd Allah. Ainsi les M'Sirda T'hata( ceux d'en bas)qui étaient des Béni Slimane autour de Souk Tlata et les M'Sirda Fouaga (ceux d'en haut) appelés Débabsa, situés autour de Sebabna.
Les M'Sirdis sont restés fidèles à eux même et à l'Emir Abdelkader en dépit des massacres opérés dans leurs rangs. C'est sur leur territoire au pied du Kerkour, que se déclencha la bataille de Sidi Brahim mené par Bou Hamidi en présence de l'Emir Abdelkader.
FIDELITE DE M'SIRDA ENVERS L'EMIR ABDELKADER A SIDI BRAHIM
De par sa beauté féerique qui subjugue le visiteur, Marsat Ben M'hidi, Msirda Ajroud de son appellation d'origine, attire chaque année des milliers de touristes locaux et émigrés pour leur offrir la fraîcheur de la mer, l'air pur des montagnes fortement boisées et la gentillesse de ses habitants. Quant à l'histoire de Marsat Ben M'hidi (Port Say)
Le bâtisseur, lieutenant de vaisseau de réserve, de son vrai nom Louis Jean-Baptiste Say, est né un 30 janvier 1852 à Nantes (son père Louis-Octave Say, propriétaire, et sa mère Octavia Euphémie Etienne, comtesse, veuve Janvier de la Motte, veuve en premier mariage de Louis-Octave Say). Say est mort le 3 octobre 1915 à l'âge de soixante-quatre ans.
Louis Jean-Baptiste Say n'a pas découvert le site. Certes, s'il l'a exploré en 1886, il s'y installa en juillet 1900. A en croire Jean Hess, l'idée de construire un port remonte à 1764, lorsque le bailli de Suffren voulut établir une liaison maritime avec les îles Zaffarines. En 1845, la transformation du mouillage de l'Oued Kiss en lieu de débarquement des forces du maréchal Bugeaud, est devenue une option stratégique pour contrecarrer les tribus marocaines d'une part et le soulèvement de l'émir Abdelkader d'autre part.
Finalement et sans autorisation, Say entreprit la construction de son port en 1904. Cette embouchure du Kiss, se situant au lieu-dit Adjroud, avait fait l'objet de nombreuses études, évoquant la région, remonte jusqu'à l'Antiquité pour la décrire. Selon l'auteur des tribus des M'sirda, les itinéraires anciens et les géographes la citent, Strabon donne le nom de Massaisyliens aux populations qui habitent à l'est de la Moulouïa (Mélouïa). Ptolémée, au IIe siècle après J.-C., parle des Herpiditanes qui seraient à l'origine des M'sirda.
La région faisait partie au IIIe siècle de notre ère de la Maurétanie césarienne. Toujours d'après Audisio, l'itinéraire d'Antoine cite la station de Lemnis, que certains confondent avec Port-Say. El-Bekri dans sa description de l'Afrique du Nord évoque le port d'Adjroud, et le situe immédiatement à l'Orient de celui des Djeraoua. Beaucoup plus proche de notre ère, c'est-à-dire au XVIIe siècle, la région, qui n'avait pas encore un nom spécifique, fut au centre d'interminables conflits.
Il fut d'abord le théâtre de faits marquants de l'histoire d'Algérie. A quelques encablures, au Djebel Kerkour, l'émir Abdelkader mena une rude et glorieuse bataille contre le colonel Montagnac et c'est sur ces mêmes terres que commença son odyssée, presque au même moment de la chute des M'sirda Thata (1846) et Fouaga (1847). Le site, de par son emplacement stratégique, n'a pas échappé aux militaires français qui voulaient, dès 1845, l'ériger en poste avancé pour frapper les envahisseurs marocains (les Béni Snessen) et par là même asphyxier l'émir Abdelkader.
L'embouchure de l'oued Kiss, c'est-à-dire Port-Say, était l'endroit qu'avait choisi le maréchal Bugeaud pour approvisionner ses armées, car les Marocains ont toujours eu des prétentions territoriales sur l'ouest algérien, notamment sous le règne de Moulay Ismaïl (1678-1679) qui voulut étendre sa souveraineté jusqu'à la Tafna. Le traité du 18 mars 1845 consacra, hélas, le 32e parallèle comme limite des territoires algériens en amputant à notre pays de toute la partie allant de l'actuelle frontière jusqu'au cours de la Moulouïa (la Malva des Romains), frontière reconnue comme telle depuis les Romains jusqu'aux Turcs.
C'est cette limite qu'aurait dû adopter «l'absurde et à jamais regrettable traité de 1845 et non cet insignifiant oued Kiss» (Canal J. Monographie de l'arrondissement de Tlemcen, 1885). Autrement dit, la France a fait perdre à l'Algérie indépendante une grande partie du territoire des Béni Snassen, dont quelques descendants peuplent jusqu'à nos jours la petite localité de Marsat Ben M'hidi.
L'Algérie perdit également la plaine de Trifa et d'Angad, une partie des Kebdana, la plaine de Tazagrarète longeant l'une des plus belles plages de la Méditerranée, Saïdia. Dire que le site fut découvert par Say, c'est méconnaître l'histoire car cela sous-entend que l'endroit était vierge. Or, avant même l'avènement des Français, la plage fut peuplée de pêcheurs venus pour la plupart du douar Ad'ouz dans le Rif marocain, exactement de l'ouest de la baie d'El-Hoceima. A suivre
Source:
La Pacifications et l'organisation de la Kabylie orientale (Magali Zurch)
1- lettres du marechal Saint-Arnaud tome premier et tome second Michel Lévy frères ,libraires editeurs. -1855. version numérisée.
2- http://msirda95.free.fr/historique_region_m_sirda_thata_023.htm.
3- http://www.djidjelli.info/actions-militaires-en-kabylie-orientales-1850/
4- http://fr.wikipedia.org/wiki/MSirda_Fouaga


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