Mondiaux-barres et poutre : Kaylia Nemour sacrée au classement général    Djenna Laroui tourne la page française et choisit l'Algérie    Lancement de la formation «Fast-Track» CAF C et B au profit d'anciens internationaux    Installation du jury de la 20e édition    Autour du thème « La Méditerranée au fil des mots »    Rush sur les plages avant l'ouverture officielle de la saison estivale    Des victimes encore sous les décombres    Une hausse soutenue de la demande globale attendue au second semestre    Vue par les médias étrangers    Sonelgaz entame des opérations de maintenance des réseaux électriques    Coup d'envoi de l'exportation d'une cargaison de produit locaux vers le Canada, la Libye et la Tunisie    L'emploi, la saison estivale 2026 et les examens scolaires officiels au menu    Des victimes encore sous les décombres    La propagande d'un ancien officier israélien sèchement recadrée en plateau    Lancement de la 3ème phase du système national d'immatriculation des véhicules    Les partis politiques se mobilisent    Mise en garde contre un faux lien électronique pour l'inscription des encadreurs des élections    Début de la révision exceptionnelle des listes électorales    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Ce que révèle la lettre des 19
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 09 - 11 - 2015

Le président Bouteflika est-il au courant de ce qui se passe dans le pays? Est-ce lui qui prend les décisions politiques et économiques ? Mesure-t-il le degré de déliquescence des institutions et tout ce que cela implique pour le pays ? Louisa Hanoun en doute. Khalida Toumi est formelle : non, ce n'est pas lui qui gère le pays, dit-elle. Elle connaît son président et elle estime que ça ne lui ressemble pas.
Mais poser ces questions, c'est déjà y répondre. C'est le principal mérite qu'on peut trouver à l'initiative des 19, un regroupement très improbable qui a rendu public un texte après avoir échoué à se faire recevoir par le président Abdelaziz Bouteflika pour lui faire part de ce constat et, éventuellement, vérifier s'il est encore président, si c'est bien lui qui décide, ou si on décide à sa place.
A part cet aspect, le contenu du texte rendu public par les 19 est cruel aussi bien pour ses auteurs, pour le président Bouteflika que pour le pays. Il confirme l'incroyable dérive politique et institutionnelle qui amène des hommes et des femmes politiques ayant des postes officiels et des tribunes à agir en dehors des de toute règle. Quand Louisa Hanoun, chef d'un parti représenté au parlement, et Khalida Toumi, ancienne ministre, demandent à être reçues par le président de la République pour l'informer de l'état du pays, cela relève du grotesque. Le président n'a-t-il pas un gouvernement, des ministres, une police «normale» et une police politique, des partis de gouvernement et une administration tentaculaire ?
DRAME INSTITUTIONNEL
Pour ses auteurs, cette initiative est pathétique. Khalida Toumi, ministre du président Bouteflika pendant de longues années, l'a soutenu avant et après sa maladie, avant et après l'avènement de son frère Saïd. Elle a fait campagne pour tous ses mandats. Louisa Hanoun, présidente d'un parti, affirme déceler aujourd'hui des «renoncements à la souveraineté» nationale, «au moment où le niveau des menaces extérieures est si élevé». Elle critique «un fonctionnement parallèle, obscur, illégal et illégitime», qui aurait remplacé le «fonctionnement institutionnel et légal». Comme si le fonctionnement lors des trois premiers mandats était un modèle de transparence.
En fait, le respect des institutions est probablement ce qui a le plus manqué au président Bouteflika. Il n'a d'ailleurs jamais manqué d'humilier le parlement, en choisissant de faire voter nombre de lois par ordonnance, sommant les parlementaires de les adopter sans y apporter la moindre retouche.
Mais la déclaration va plus loin, en affirmant que «l'extrême gravité de la situation» ne serait conforme ni à l'éthique, ni aux convictions, ni au sens de l'Etat de M. Bouteflika. Une manière de dédouaner le chef de l'Etat de ce qui se passe, d'imputer la gravité de la situation du pays à d'autres cercles, selon la bonne vieille recette du Bon Roi et des mauvais Vizirs : si les choses marchent bien, c'est grâce aux qualités et à la bonté du Chef. Si ça tourne mal, c'est parce que ses conseillers, ses ministres, sa cour, n'ont pas fait correctement leur travail.
IMMUNITE
Pour le président Bouteflika, le texte rendu public est cruel. Sérieusement diminué par la maladie, il a réussi à passer en force pour le quatrième mandat, malgré de sérieux handicaps physiques. L'opinion s'est résignée, mais le pouvoir n'a pas mesuré l'impact de cette décision sur les institutions, d'autant plus que ce mandat a coïncidé avec la chute des prix du pétrole. Le pays ne fonctionne plus, et des anciens proches du chef de l'Etat, dont des zélateurs qui lui doivent beaucoup, ont commencé à prendre leurs distances. Et malgré les précautions de langage, leur lettre montre bien que le doute est bien ancré : Abdelaziz Bouteflika ne peut plus exercer les fonctions de chef de l'Etat.
Liamine Zeroual avait mis en garde contre ce qui apparaît comme une évidence avant le quatrième mandat. Il y a des charges officielles et protocolaires que M. Bouteflika ne peut assumer, avait-il déclaré. La constitution algérienne et la tradition politique attribuent au chef de l'Etat des charges qui étaient, visiblement, au-dessus des capacités physiques de M. Bouteflika, comme le fait de présider les cérémonies officielles, de «s'adresser directement à la Nation», et d'«incarner l'Etat dans le pays et à l'étranger» (article 70), ou encore en prévoyant qu'il «arrête et conduit la politique extérieure de la Nation» (article 77).
Cette situation était visible depuis avril 2013, lorsque M. Bouteflika a été victime d'un AVC un an avant le début du quatrième mandat. Les 19 le rappellent aujourd'hui. Peu importent leurs raisons, mais ils mettent le doigt dans la plaie : le pays est si désarmé qu'il n'a pas été capable de réagir face à une situation que plus personne ne peut désormais nier. On pardonnera dès lors au groupe des 19 ses propres incohérences, mais on notera que si le coup est cruel pour le président Bouteflika, au final, c'est l'Algérie qui subit le coup le plus dur. Car cette affaire confirme que le pays a perdu son système immunitaire.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.