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Walis de la République : chacun d'eux a compris qu'il était sacrifiable!
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 17 - 01 - 2019

Le départ forcé du wali de M'sila Hadj Mokdad après l'accident mortel dont a été victime le jeune Ayache Mahdjoubi, pourrait-il survenir dans n'importe quelle wilaya ?
C'est en tout cas l'inquiétude qui ressort des sentiments de plusieurs représentants de l'Etat dans les collectivités locales: chacun parmi les walis a compris qu'il était sacrifiable ! La crainte de voir surgir un incident de type cité supra et de se voir attribuer la faute inquiète, selon un wali qui à tenu à garder l'anonymat : «le système continuera à fonctionner mais la confiance et la considération sont entamées vis-à-vis des pouvoirs publics de tutelle», a-t-il tenu à préciser.
Certes Noureddine Bedoui, le Ministre de l'Intérieur, des Collectivités Locales et de l'Aménagement du Territoire et plusieurs fois wali, a toujours fait en sorte depuis sa nomination, d'être à l'écoute constante de ses grands commis qu'il réunit en regroupement à chaque occasion; il n'en demeure pas moins que le doute s'est installé dans leurs rangs !
Qui sont-ils ces walis et à quoi servent-ils ? Quels sont leurs rapports avec l'autorité politique et comment leur fonction évolue-t-elle ?
On imagine parfois leur carrière comme une vie reposante et douillette de haut fonctionnaire jouissant des ors de la République, dans un confortable ennui. On a tort, et ce pour plusieurs raisons :
• d'abord parce que les walis sont en première ligne pour la mise en œuvre des politiques publiques de l'Etat au niveau local, notamment pour le maintien de l'ordre public ; dans ce domaine toute faute peut entraîner une révocation immédiate par le pouvoir politique.
• ensuite parce que la pression politique sur les walis s'est accentuée avec le temps, ils doivent composer avec une sphère politique locale dont les impératifs ne recoupent pas toujours parfaitement, avec ceux de l'administration dont le wali incarne l'autorité.
• enfin parce que le représentant de l'Etat épouse les évolutions de ce dernier, s'impose avec le temps une dimension plus managériale de son action, une obligation de résultats et de rendre des comptes à l'autorité politique, voire à la population, le tout avec des ressources de plus en plus limitées.
Il faut savoir aussi que leur nomination n'obéit pas à des principes fixes. D'ailleurs il n'existe nulle part et, a fortiori, dans la fonction publique, un profil de carrière-type, contrairement à l'entreprise où l'actionnaire principal désigne son dirigeant, ce qui n'a en soi rien de scandaleux.
Mais, pour couper court à toute spéculation, on met en avant le principe du pouvoir discrétionnaire qui échoit à l'autorité investie du pouvoir de nomination ; celle ci n'a pas à justifier son choix. Dans le communiqué qui est rendu public, il n'est jamais expliqué, ni le choix ayant présidé à la désignation, ni le motif justifiant la mutation, encore moins la nature des griefs prévalant à la cessation de fonctions des walis.
Quant à leurs bilans, ils ne sont ni publiés ni publiables, ce qui rend impossible toute évaluation citoyenne :
1. pour autant, doit-on parler de logements réalisés, de PME/PMI créées, de zones d'activités réceptionnées, d'écoles et de lycées équipés, ou encore de postes de travail ouverts ?
2. est-ce vraiment raisonnable d'additionner ces éléments, un à un et de les imputer comme seules prouesses d'un seul homme, fût-il wali ?
Assurément non, avait tenu à rappeler le ministre de l'Intérieur, des collectivités locales et de l'aménagement territorial, Noureddine Bedoui, qui avait tenu à préciser qu'« il s'agit d'une œuvre collective à laquelle participent, d'amont en aval, tout ce que compte la wilaya comme personnels technique, administratif et d'encadrement, sans omettre les élus et surtout les services de sécurité, sans lesquels on ne peut parler de développement local, si l'on tient compte du fait qu'il subsistait encore dans un passé très récent, certains points du territoire inaccessibles aux entreprises de réalisation».
De ce qui précède, la formulation la « réalisation du wali» est à prendre sous toute réserve et, en tous les cas, pas comme un critère de sélection. Le ministre de l'Intérieur, des collectivités locales et de l'aménagement territorial, Noureddine Bedoui devrait dorénavant assigner aux walis des « objectifs » et les évaluer sur la base d'une feuille de route loin des subventions d'équilibre octroyées jusque-là très généreusement par les pouvoirs publics.
Il faudrait pour cela, que les walis, crise oblige, aillent chercher de l'argent pour investir et créer de l'emploi localement. En un mot, se transformer en « managers » pour faire fonctionner les collectivités locales comme de véritables entreprises !
La tâche n'est pas insurmontable, elle passerait par un choix judicieux des hommes une réforme audacieuse des finances et de la fiscalité locale ce qui conférerait aux édiles plus de pouvoirs en matière de foncier et de recouvrement d'impôts locaux et du code communal et de la wilaya, sachant que pour ce dernier texte, l'administration centrale du ministère de l'intérieur s'attèle à mettre la dernière touche.
Ceci étant dit et malgré une rente importante, nos walis continuent à gérer le quotidien par des méthodes qui se caractérisent par un sérieux déficit de communication, malgré les exhortations du président de la République, qui aimerait les voir investir le terrain en managers du développement, en médiateurs de la République et, surtout, se rapprocher de la population tout le temps et non pas le temps d'une visite officielle.
Pour l'heure, le stress s'est installé dans les Collectivités locales : à tous les niveaux de la chaîne, tout le monde se couvre ; chacun agit avec l'idée de se prémunir en cas de pépin ! Résultat, une forme de fébrilité s'est emparée notamment des walis. Personne ne veut risquer d'être identifié à l'origine d'une faute, d'autant plus qu'en cette période précise, il se murmure qu'un mouvement est en préparation. Voire sur le bureau du Président de la République qui s'apprêterait à y apposer sa signature !14 nouveaux walis-délégués seront ainsi désignés et le remplaçant de l'ex wali de M'sila sera connu.
Et dans la foulée, pourquoi ne pas penser à nommer des « walis délégués à la sécurité » pour se consacrer entièrement aux affaires de sécurité et de terrorisme, façon comme une autre de préciser que dans telle ou telle région (le Sud du pays par exemple), la priorité est à la sûreté.
Et dans les 14 wilayas côtières du pays, désigner des «walis-maritimes » avec comme missions essentielles la préservation du littoral, l'expansion de l'économie touristique et la lutte contre la Harga !
S'il est bon de « diversifier » les origines dans la nomination des walis, certains d'entre eux n'ont aucune culture du corps faute d'avoir effectué des « allers retours » entre l'administration centrale et locale. En plus, l'acclimatation se faisait plutôt chez les chefs de daïras. Après cette formation sur le tas qui durait un certain temps, le concerné était promu wali. Depuis, les nominations de personnalités venues de l'extérieur ont troublé cet ordre, notamment dans les années 1990.
Ce n'est pas demain la veille qu'on aura des walis de la veine du :
• Préfet Claude-Philibert Berthelot de Rambuteau qui, s'adressant à Louis-Philippe lui a déclaré : « dans la mission que votre Majesté m'a confiée, je n'oublierai jamais que mon premier devoir est de donner aux Parisiens de l'eau, de l'air et de l'ombre ». Sous son mandat, l'Arc de Triomphe est terminé et le projet de la grande avenue des Champs Elysées voit le jour ; son nom est aussi attaché aux vespasiennes qu'il a fait installer sur les voies publiques
• Préfet Claude Eugène Haussmann qui a mené une politique de grands travaux qui allait transformer en profondeur l'urbanisme de Paris. Son nom reste lié à l'ouverture de nombreuses percées-création de voies nouvelles-, à l'aménagement de parcs et de squares, à la mise en place d'un réseau d'égouts et à l'alimentation de Paris en eau de source.
• Préfet Paul Demange, premier préfet de la réunion qui a pris des mesures importantes contre le paludisme qui ont permis de réduire la mortalité à 0 en 5 ans ! Pour la petite histoire, Paul Demange a été préfet à Oran
• Préfet Eugène Poubelle qui a donné son nom aux poubelles à travers les décisions qu'il a prises en tant que préfet de la Seine afin d'améliorer l'hygiène de la ville de Paris.
Certes la comparaison est hardie car nos walis, faut-il se dire, ne sont pas réellement dotés des pouvoirs qu'on leur prête.
Traditionnellement, les walis changent de wilayas tous les 5ans en moyenne. L'idée est d'empêcher qu'ils ne s'attachent trop aux intérêts de leur région ou créent des liens trop proches avec les notables ou les hommes d'affaires locaux.
Les commentaires vont bon train, et personne ne se privera, en fonction de sa propre analyse, de citer tel ou tel cas d'abus, de favoritisme, même si cela peut relever parfois du domaine anecdotique.
Ce qui est sûr, c'est que :
Le mouvement, si mouvement il y a, provoquerait des disponibilités et des ouvertures de carrière en chaîne et introduirait de la souplesse et créerait une nouvelle dynamique dans la sphère où il est opéré.
C'est peut-être vrai pour la première affirmation, cela l'est moins concernant la deuxième assertion, car, en fait de dynamisme, l'on tente plutôt de renforcer une corporation, celle des énarques par exemple qui ont préempté le corps ou gonfler les rangs d'un clan au détriment d'un autre ; on tente surtout de promouvoir les commis les plus obéissants et pas forcément les plus méritants ou les plus expérimentés et les jeunes, au nom d'un « jeunisme » de mauvais aloi !
Les walis sont-ils, présentement, en capacité de faire bouger les lignes ou sont-ils confrontés à des limites objectives qui rendent leur rôle bien aléatoire ?
La première limite, a précisé quelqu'un, se trouve au niveau de la conception - même - de la fonction : leur action est noyée dans une multitude de tâches qui grèvent leurs capacités de réflexion et de planification. Des avaloirs bouchés aux ordures ménagères, en passant par la voierie, leur énergie se consume dans des missions censées être accomplies par les APC et les services spécialisés. À force de s'occuper de tout, le wali donne parfois l'impression de ne s'occuper de rien…comme il se doit.
La seconde tient à l'interventionnisme étouffant des administrations centrales à travers un fatras de circulaires et de messages qui entravent leurs actions en compliquant les procédures. Prenons l'exemple de la capacité du wali à affecter des terrains pour l'investissement. Depuis l'été 2011, les wilayas ont attribué des dizaines de milliers d'hectares de terrains d'investissement. En cinq ans, peu de projets ont connu une avancée sur le terrain et un nombre insignifiant a été achevé et mis en exploitation.
D'ailleurs, l'explication vient des walis eux-mêmes : complexité des procédures administratives dont les solutions dépendent des multiples intervenants aux niveaux central et local. En résumé, si le wali affecte les terrains, le reste des procédures lui échappe dans une large mesure.
Le mouvement des walis est dans l'air : est-ce à dire qu'ils vont porter le chapeau, alors que les P/APC qui ont pourtant bénéficié d'une formation appropriée, de l'augmentation de leurs salaires et de l'apport non négligeable de plus de 5 000 cadres entre ingénieurs et architectes vont se tirer indemnes du désastre du développement local ?
Aujourd'hui, le bilan est lourd et le peuple est dans la rue pour contester l'absence de réactivité de certains chefs d'exécutif concernant notamment les attributions de logements sociaux et le retard dans l'exécution dans les opération de développement local.
Lors du dernier conclave gouvernement-walis, le premier ministre leur a fixé un cap : créer de la richesse et de l'emploi ! Certains d'entre eux n'ont pas caché leurs inquiétudes en affirmant : On ne peut pas réussir en 3 ans ce que nos prédécesseurs n'ont pas réalisé en 50 ans. Pour faire adhérer, massivement, la population à la démarche du gouvernement et cap fixé par le premier ministre, l'implication des élus est indispensable ; or, ces derniers, pluripartisme oblige, ne sont pas toujours en phase avec l'exécutif de wilaya, et de ce fait, l'objectif recherché devient, quasiment, impossible.
Sacré dilemme pour les walis ! Pour les plus anciens, c'est clair, ils vont jouer la montre en attendant la prochaine rotation qui, par devers eux, viendra compliquer davantage leur vie de famille. Ils assureront le service minimum et se contenteront de prendre la pose à côté des ministres en visite dans leur wilaya. Quant à ceux nouvellement promus, ils vont essayer de se décarcasser au mieux, apprendre à gérer tous les risques et surtout soigner leur communication, en évitant autant se faire que peut les micros baladeurs.
Hadj Mokdad, l'ex wali de M'sila est le second grand commis de l'Etat à subir les foudres de la Présidence de la République après son collègue de Blida ; il aurait fait montre d'un manque de compassion et de clairvoyance affligeantes lors du drame qui à emporté le jeune Ayache Mahdjoubi et qui a tenu en haleine tout le pays grâce aux réseaux sociaux et aux télévisions privées qui s'en sont délectées!
Que va-t-il-faire maintenant de son uniforme, le brûler ou le remiser dans sa garde-robe, en caressant l'espoir qu'il sera rappelé comme l'ont été avant lui quatre de ses collègues qui ont reçu leurs affectations, comme si rien ne s'était passé. Une prime à l'échec, se sont précipités à conclure certains !


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