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Le sage père de famille et l'Algérie de demain
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 19 - 05 - 2019

En ces moments cruciaux pour l'avenir de l'Algérie, et d'un point de vue strictement psychologique (à moins que ce soit de la psychologie de pacotille) le pouvoir algérien - en tant que figure symbolique - a une occasion en or de faire œuvre, en quelque sorte, d'excellent thérapeute, de sage père de famille, de grand frère bienveillant.
Depuis 1962 et l'indépendance acquise, et à l'exception de quelques rares périodes historiques où il vibrait en communion avec ses dirigeants, le peuple algérien s'est toujours senti incompris ou, pire, presque un prisonnier dans sa propre patrie. Une sorte de fossé mental, fait de méfiance et de crainte, le séparait de ceux qui avaient, en principe, la responsabilité de veiller sur lui, de l'aimer, de le protéger, de lui assurer les meilleures conditions de son développement. Comme aurait agi simplement un bon père de famille. Malheureusement, c'est le contraire qui s'est passé !
Au cours de ces presque 60 dernières années, les Algériens se sont sentis rarement estimés, écoutés par leurs gouvernants, quel que soit l'échelon de ces derniers, d'ailleurs. Et ce sont ces sentiments négatifs qui ont façonné leur état d'esprit, marqué leur inconscient collectif, engendré leur attitude démissionnaire et non-constructive de citoyens. Hormis quelques furtifs épisodes de ferveur et d'adhésion populaires, le discours spontané de la rue, des terrasses de café, du stade, n'a jamais cessé de dresser une espèce de diagnostic de la démobilisation et du mécontentement algériens.
Aussi, en ces heures décisives pour notre pays, le service le plus utile que pourrait rendre le pouvoir (en tant que personnage symbolique) au peuple algérien serait - au minimum ! - de se comporter avec lui comme un sage père de famille, de lui tendre une oreille attentive, d'éviter à tout prix de l'humilier, de booster, ce faisant, sa capacité de résilience pour qu'il renoue avec l'estime de lui-même et qu'il y puise l'énergie et la passion de bâtir son Algérie de demain.


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