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L'épuration ou le crime d'« indignité nationale »
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 18 - 07 - 2019

Nous jurons ! par les tempêtes dévastatrices abattues sur nous, Par le sang noble et pur généreusement versé, Par les éclatants étendards flottant au vent, Sur les cimes altières de nos fières montagnes Que nous nous sommes dressés pour la vie ou la mort, Car nous avons décidé que l'Algérie vivra, Soyez-en témoin ! Soyez-en témoin ! Soyez-en témoin !
(Chant patriotique algérien « Kassaman «)
Nous allons essayer de prendre exemple sur cette France qui s'évertue depuis des lustres à nous pervertir, nous maintenir ligotés, impuissants, dociles et dévoués dans son pré carré. Cette France qui a soigneusement formaté l'esprit des dégénérés qui nous gouvernent.
Cette France qui proroge son Sénatus-Consulte et offre le gîte et la nationalité à des milliers de hauts fonctionnaires algériens, leur permettant à eux et à leurs rejetons de transférer illicitement des fortunes colossales mal acquises et d'investir sur son sol, d'enfouir dans ses banques de l'argent sale, sachant pertinemment l'origine douteuse de toutes ces richesses qui subitement jailliront du néant. Cette France qui a toujours été impitoyable avec ses propres traîtres, qui a une notion assez particulière de l'amour de la patrie au point où une simple déclaration fiscale incorrectement rédigée vous expose à de sérieux désagréments faisant de vous non pas un fraudeur et un délinquant mais surtout un mauvais citoyen, un citoyen indigne.
En France, on ne vole pas son pays, les caisses de l'Etat sont sacrées, cependant dans l'intérêt de la mère patrie, il est permis, voire fortement conseillé de magouiller et braconner hors de l'hexagone, il y a tellement de terrains de chasse, tous ces Dom-Tom giboyeux que l'oncle Jacques Foccart a gardé sous la main.
Cette France sera impitoyable avec ses propres traîtres mais largement indulgente et magnanime (pour un temps) avec les traîtres de ses anciennes colonies.
Le peuple algérien espère que sa Justice fraîchement ressuscitée saura pour une fois agir avec autant de fermeté à l'égard de ses traîtres qui ont avili le pays pendant des décennies.
Le lendemain de la deuxième guerre mondiale, la France aura à subir et à gérer un épisode fort embarrassant et honteux de son histoire, moralement et juridiquement insoutenable. Il s'agissait de justifier ou expliquer cette période de la «Collaboration » avec l'Allemagne Nazie et surtout mettre en place une Justice adaptée à cette singularité historique afin d'apaiser une conscience collective abasourdie et indignée par un passé national dont ils étaient peu fiers. Il s'agissait de venger l'honneur d'une Nation flétrie, trahie par les siens. Il fallait répondre à cet étonnement qui taraudait les esprits. Comment des citoyens français apparemment normaux, sensés et lucides, toutes confessions confondues, des militaires hauts gradés parmi eux l'illustre Maréchal Pétain, héros de Verdun un temps mais qui sera quand même coupable de haute trahison et condamné à mort et à la dégradation nationale malgré ses décorations pendantes et sa sénilité pitoyable. Comment de célèbres écrivains, artistes, journalistes, du bon peuple, comment toute une Administration avec ses fonctionnaires, ses infrastructures, ses lois et ses finances aient pu aussi facilement se délester de leur humanité, de leur raison, de leur dignité, de leur courage , et succomber à des faiblesses , à des compromissions , des lâchetés ; pour certains aller jusqu'à banaliser voir légitimer l'horreur , laissant jaillir en eux une haine injustifiable et insoupçonnée et se mettre au service d'un projet abominable. Fallait-il dissimuler ou minimiser cette honte nationale, cacher cette plaie purulente , pardonner , être indulgent , accorder des circonstances atténuantes et attribuer cela à la complexité des événements , à la cruauté de la guerre et à ses horreurs , tourner la page et passer à autre chose. C'est simple , la Justice française, la conscience collective, les victimes, la morale, l'histoire , tous à l'unanimité seront irréductibles et intransigeants dans leurs jugements, dans leur verdict. Il y a une forme de bassesse humaine qu'il ne faut en aucun cas essayer de comprendre, de tolérer, de justifier et encore moins de pardonner ; ces gens avaient des opportunités et d'autres voies de salut, il leur fallait seulement un peu de courage, de détermination. Ils auraient pu et dû s'affranchir de leur peur et de leur vils intérêts égoïstes, néanmoins ils choisiront malgré tout la voie de la déchéance, de la compromission, sachant tous que cette Collaboration qui revêtira plusieurs formes ( Politique , économique , idéologique , informelle) allaient affaiblir gravement la France et permettre à l'ennemi d'exécuter aisément ses projets funestes.
Cette France « Outragée ! Brisée ! Martyrisée ! Mais libérée ! », pour régler définitivement ses comptes avec cette autre France renégate, restaurer sa dignité et son honneur, mettra en place une Justice d'exception avec une philosophie pénale d'exception, dans une atmosphère chaotique faite de vengeances, d'exécutions extrajudiciaires, de persécutions et de vindicte populaire. Cette période douloureuse mais combien salutaire sera connue sous le nom de « L'Epuration » (1) Le mot habilement choisi, à lui seul, rendait compte à la fois du Mal subi et du remède qui allait être prescrit à un corps social malade. Cette période fort instructive doit aujourd'hui nous inspirer nous autres Algériens dans le combat que nous menons contre une forme perfide et sournoise de Collaborateurs et de traîtres même si en apparence il n'ya aucune similitude entre ces événements .
En 1962, l'Algérie connaîtra elle aussi sa période d'épuration et d'anarchie, de justice aveugle et de règlements de comptes, de vengeances absurdes et de terreur. Nous avons du sang sur les mains, beaucoup de sang innocent. Nous avons eu notre lot de collaborateurs. Nous avons exécuté sans aucune forme de procès des dizaines de milliers de Harkis tandis que les autres se sont barricadés en France pour l'éternité, incarcérés dans des enclos et oubliés de l'histoire, d'une histoire pleine de saletés plus sordides que celle des Harkis. Beaucoup sont restés ici pour former une mixture bizarre avec des révolutionnaires assassins, de faux moudjahidines, d'opportunistes de tout bord enclins à toutes les bassesses. Nous nous sommes permis de juger les hommes, de trier les hommes, de les étiqueter et de décider qui devait mourir et qui devait vivre.
Qui devait faire partie de l'histoire et qui devait être effacé de la mémoire collective. Nous nous sommes mis à assassiner tout le monde à commencer par les héros. Nous avons arbitrairement mis en prison et assigné à résidence des dissidents politiques pacifiques, certains ont été poussés à l'exil .Nous avons délibérément marginalisé et impitoyablement ostracisé une élite politique, intellectuelle et scientifique de grande valeur. Cette fuite des cerveaux qui se comptent par milliers, toute cette intelligentsia éparpillée aux quatre coins du globe , font partie d'un plan , d'une politique nationale machiavélique qui finira par transformer le pays en désert culturel , économique et scientifique. Aujourd'hui, on en arrive à se demander sérieusement qu'est-ce finalement un traître, un collaborateur. Il me semble que l'Algérie en regorge. J'ai toujours été fasciné par l'Histoire et ses tours des passe-passe. Nous avons chassé du pays les Harkis, ils seront cantonnés quasiment à perpétuité dans des camps de la honte avec une progéniture innocente des crimes de ses géniteurs. Aujourd'hui, en 2019, s'ouvre une autre page de l'Histoire, comme toujours d'une Histoire mal écrite, incorrectement transmise, voire complètement falsifiée. Nous prenons enfin conscience du caractère polysémique du mot « Traître ». Nous nous attelons à traîner devant les tribunaux pour ensuite les acheminer vers les enclos qui leur conviennent de prétendus héros, coupables avec leur progéniture des forfaits les plus odieux. Le gratin de la société, ceux que nous avons intronisé, adoubé et applaudi. Les Harkis de l'Hexagone font un pied de nez aux Harkis de la Prison d'El-Harrach et de toutes les prisons d'Algérie parce qu'il ne s'en trouvera pas une seule Wilaya qui sera épargné par cette « Epuration » nationale si jamais toutefois la Justice algérienne ira jusqu'au bout de ses promesses et surtout du devoir de laver l'affront qu'elle subira pendant si longtemps.
Quel rapport, me diriez vous, entre cette période de l'Histoire française, celle de la Collaboration et de l'Epuration qui s'en est suivie et ce qui se passe actuellement chez nous en Algérie : Je vous répondrai, la Bassesse humaine au service d'un projet politique national funeste. Toutes ces personnes , Français 1940/1944 , Algériens 1999/2019 , en dépit de la diversité des situations et à un moment où leur pays exigeait d'eux un engagement , un dévouement et une loyauté indéfectibles feront preuve de lâcheté , d'indignité et de traîtrise , par des agissements aussi variés mais qui de toute évidence ne pouvaient que nuire aux intérêts supérieurs de leurs nations respectives. Ils ont délibérément renié tout ce qui faisait d'eux les membres d'une communauté, d'un peuple, d'un pays, d'une Nation, d'une Culture, d'une religion. Je n'ai pu m'empêcher de relever beaucoup de similitudes entre cette Epuration française et les événement que nous vivons aujourd'hui en Algérie à commencer par l'incommensurable indignation d'un peuple face à l'incommensurable indignité de ceux en qui ils avaient confiance, ceux qui devaient faire son bonheur , assurer sa protection.
L'effervescence qui régnera lors des procès en ces deux époques différentes est la même : pathétique , émouvante , violente mais qui renseigne sur l'ampleur de la souffrance , de l'outrage , de la honte et de la colère qu'un peuple doit éprouver en pareilles circonstances : Crier , insulter , vociférer , vilipender , huer , maudire , courir après les fourgons cellulaires remplis de ces malfaiteurs , de ces lâches que tout le monde renie et cherche à ensevelir , faire le pied de grue devant les palais de justice pour s'enquérir des sentences , des conclusions d'une audience , d'une audition. Tel est le spectacle comi-tragique de ces Epurations. La nôtre sera certes pacifique mais nettement caustique, incisive, inflexible, enthousiaste, carrément festive et indubitablement raffinée. Une épuration assez vigilante et dotée subitement d'une mémoire phénoménale qui se dresse en inquisiteur les mains chargés de dossiers compromettants mettant au pied du mur un système judiciaire abasourdi sommé de nettoyer ces écuries d'Augias.Le châtiment le plus adéquat , le plus éloquent , le plus symbolique , celui qui sera gravé dans la mémoire des uns et des autres , pour la postérité , ne sera pas seulement cette peine privative de liberté que l'on applique à n'importe quel forban qui pourra s'amender , se réhabiliter et enfin pouvoir se regarder un jour dans une glace. C'est plus que tout cela, c'est l'infamie et l'excommunication, ce sont les stigmates indélébiles que porteront à tout jamais ces traîtres.
Pour ses collaborateurs, la France créera le Crime d'« Indignité Nationale » (2)
Il fallait innover et frapper fort, « Le concept d'indignité nationale [...] répond à l'idée suivante : tout Français qui, même sans enfreindre une règle pénale existante, s'est rendu coupable d'une activité antinationale caractérisée s'est déclassé ; il est un citoyen indigne dont les droits doivent être restreints dans la mesure où il a méconnu ses devoirs...
Le système de l'indignité nationale ne trouve pas sa place sur le terrain de l'ordre pénal proprement dit ; il s'introduit délibérément sur celui de la justice politique où le législateur retrouve son entière liberté. » (3)
On va sûrement attendre longtemps pour savoir comment réagira le législateur algérien, la justice a aujourd'hui carrément affaire à une Association de malfaiteurs inédite dans l'histoire du crime organisé, ce n'est pas seulement une simple Mafia politico-financière. C'est un Gouvernement de criminels dont le membres sont dispersés , disséminés , diffus , éparpillés par centaines à travers l'ensemble des Institutions ( Ministres , Directeurs généraux , Walis , Maires , membres des corps de sécurité , Banquiers , Magistrats , Fonctionnaires dans divers services ...) , dans chaque Wilaya et dans chaque commune.
Les faits qui leur sont reprochés à titre individuel peuvent paraître ordinaires , des crimes relevant d'un droit commun pépère, mais si vous additionnez dans l'espace et le temps la somme vertigineuse de tous ces crimes de même nature , ayant tous pour effet (intentionnel ou pas ) , de porter gravement atteinte , ainsi que nous l'avons déjà souligné , aux intérêts supérieurs de la nation , le Législateur sera forcément contraint d'agir avec énormément de courage, de lucidité et de fermeté dans sa manière de traiter ce cancer politique, social et moral.
« Enfreindre tous les codes juridiques et moraux, trahir ses idéaux, prendre des décisions, faire des choix que l'on sait extrêmement dommageables pour son propre pays et amasser des fortunes illicitement, s'adonner farouchement à des trafics et à des activités carrément criminelles qui compromettent l'économie du pays, la cohésion nationale et mettre à long terme en danger l'unité et la sécurité nationales » C'est ce que le peuple Algérien reproche à son Gouvernement criminel. Lorsqu'on interroge les Algériens, on constate qu'ils sont tous animés par un sentiment de colère, d'amertume, de résignation et surtout d'indignation.
Ils ont tous honte, ils sont tous scandalisés et n'arrivent pas à comprendre le terrible envoûtement qui a pris possession de cet Etat criminel dont les membres n'ont cessé d'afficher dans l'exercice de leurs fonctions publiquement, ostentatoirement et fièrement des comportements, des attitudes, des discours, des intimidations et des menaces qui relèvent de la psychiatrie. Un bestiaire politique surréaliste.
Des chefs de partis politiques et hauts fonctionnaires de l'Etat qui exécutent des ordres sachant venir d'une autorité fantomatique, certainement usurpatrice, et qui prêtent effrontément allégeance pour une durée indéterminée à un mort-vivant qu'ils n'ont jamais vu. De vils clercs de service et hommes de Dieu qui balancent effrontément des Fetwas anathèmisantes contre tous ceux qui s'abstiennent de vouer un culte inconditionnel à leur « Fakhamatouhou » Toutankhamon algérien, des religieux probablement lassés d'adorer un Dieu moins dispensateur que leur Sardanapal Bouteflika.
L'apothéose de la bêtise humaine, mémorable et anthologique, poussera ces thuriféraires diaboliques à instaurer le culte de Baal, un paganisme moderne qui consiste à baiser le cadre du président, se prosterner devant un fétiche dans un pays où chaque jour on voit sortir du sol une mosquée étincelante. Le cadre d'un président à qui on présente solennellement comme offrande un cheval consterné, rétif et embarrassé.
Tout le monde savait que c'était toute l'Algérie qu'on sacrifiait, en holocauste à ce Dieu autochtone, « Rab El-Djezaïr » J'imagine l'énorme pression que subit actuellement le système judiciaire algérien qui va de toute évidence se dépatouiller pour essayer de bidouiller des qualifications pénales qui dépendront énormément du poids des groupes d'influences qui manœuvrent dans l'ombre.
Il faut tous les juger (Ministres, Walis, Maires, Hauts fonctionnaires, agents de l'Etat), car c'est une dette morale à l'égard de la Révolution et de ses martyrs , un impératif catégorique et une lourde responsabilité qui consistera à mettre momentanément un terme à une malédiction qui perdure depuis plus d'un demi-siècle. Ce qui adviendra par la suite relève de l'espoir, de l'illusion, de l'hypothétique.
Il faut tous les juger, (Ministres, Walis, Maires, Hauts fonctionnaires, agents de l'Etat ), parce que nous en avons les moyens : De nouveaux justiciers au sein d'une Justice moins couarde, des monceaux de preuves à charge et des témoignages accablants , un peuple qui crie au viol depuis vingt ans , et l'histoire retiendra comme premier témoin de cette abomination celui-là même qui installera en Algérie le culte du Veau d'or , faisant de son peuple des adorateurs serviles , cupides, fourbes , concupiscents. le Président Bouteflika déclarera lui-même en 1999 :« Je ne connais pas de pays au monde où la crise morale a débouché sur un si grand nombre de perversités et où l'Etat national a, à ce point, vacillé... la violence se confond dans un magma de brigandage, de mafiosi, de gens véreux».
En Algérie, la Justice a toujours agi comme un alchimiste jonglant allégrement avec ses transmutations scabreuses. Elle peut selon ses humeurs et les influences dont elle est otage, avec la même désinvolture, aussi bien absoudre, amnistier, gracier, réhabiliter, blanchir, que condamner impitoyablement et éternellement. Transformer un crime en délit et vice versa. Une simple question d'herméneutique juridique, de glose et de gnose. Nous ne voulons pas d'une Justice spectacle, d'un cirque médiatico-juridique et politique. Toute la racaille qui est mise en prison par fagot familial n'est pour le moment qu'en détention préventive. (de durée assez suffisante pour apaiser la colère d'un peuple et éviter des débordements incontrôlables et dramatiques) Tous les rebondissements imaginables peuvent survenir. Des qualifications et requalifications pénales qui se perdent dans des dédales et arguties juridiques propres à diluer les peines les plus lourdes et embrouiller les esprits les plus sagaces. Nous ne voulons pas d'une Justice qui laissera complaisamment glisser entre les mailles du filet des milliers de complices. Que cette Justice révolutionnaire aille jusqu'au bout, qu'elle soit rendue au nom du peuple , soumise à des Lois et des procédures pénales transparentes. Une Justice qui ne soit pas revancharde, négociatrice, partiale et partielle, instrumentalisée encore une fois pour je ne sais quels desseins obscurs.
Il y a des crimes qui sont impardonnables et imprescriptibles en qualité de la gravité des faits qui les caractérisent, de l'étrange spécificité de l'acte criminel lui-même. Parce que leurs auteurs sont dotés d'intelligence et de raison plus que suffisantes leur permettant d'évaluer les terribles répercussions de leurs méfaits, la réaction en chaîne qui en découle. Un terrible effet papillon dévastateur sur plusieurs plans et difficilement réversible : Politique, Economique, Moral, Social , Culturel.
Parce que leurs auteurs sont légion et agissent au sein d'une même corporation ou confrérie qu'on appelle l'Etat ou Gouvernement dont ils ont confisqué et détourné les attributs pour servir leurs intérêts personnels et ceux de tiers occultes, mettant ainsi en péril l'Etat lui-même et l'Avenir de la Nation.
Etre un fonctionnaire de l'Etat et faire aussi longtemps du mal à son pays est un acte de Haute trahison , sinon juridiquement , certainement moralement.
Toutes ces personnes sont considérées comme des collaborateurs. Ils ont tous collaboré avec un ennemi visible, réel ou abstrait qui s'incarne à travers leur pulsions et cupidité dévastatrices.
Je doute que l'on puisse trouver dans le code pénal un petit pêché qui corresponde à leurs forfaits. Ils ont participé intentionnellement ou à leur insu à un vaste complot qui tend à déstabiliser le pays.
Notes
1- Epuration : période pendant laquelle, le lendemain de la deuxième guerre mondiale, on jugera en France les personnes ayant collaboré avec l'Allemagne nazie. Elle s'exercera par l'entremise de tribunaux d'exception : la Haute Cour de Justice, les Cours de Justice et les Chambres Civiques pour les actions non réprimées par le code pénal. Sera institué un Jury d'honneur qui jugera les élus.
L'épuration légale concernera plus de 300 000 dossiers, dont 127 000 entraîneneront des jugements et 97 000 condamnations, les peines allant de 5 ans de dégradation nationale à la peine de mort
2- Crime d'« Indignité Nationale » : crime créé en France par l'ordonnance du 26 août 1944, durant la période d'épuration à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce crime d'une très grande gravité, commis par un militaire ou un civil durant l'occupation allemande, est sanctionné par la dégradation nationale, prononcée par des juridictions d'exception qui ont été constituées durant cette période.
3- Texte cité par Jacques Dalloz, Histoire de la France au xxe siècle par les textes, Masson, 1985, p.


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