Election présidentielle 2019 : Pas de candidat unique pour l'opposition    Des cadres du FFS arrêtés à Alger    Montage automobile : 3 milliards de dollars pour les collections CKD en 2018    Makri admet le fiasco du candidat unique de l'opposition    Derrière l'affront, l'espoir démocratique…    Vingt années à vous grandir les portraits    En bref…    Report de la rencontre Netanyahou-Poutine prévue aujourd'hui    Londres veut parler avec Berlin    De Bencherif à Nekkaz    L'Algérie dans le pot 2    L'USMAn et le NAHD bien embarqués    Derbies à enjeux opposés, au Centre et à l'Ouest    Petits pains farcis à la viande hachée    Les accidents continuent d'endeuiller les familles    Double grève à l'Institut des sciences et technologies    Haï Nedjma : 150 quintaux de son de blé saisis    Célébration du centenaire du défunt moudjahid et artiste Farid Ali    Cubisme    Une quarantaine d'exposants présents    Bordj Bou Arréridj : Colloque international sur Benhaddouga    Tigounatine : Recueillement au village d'Ourida Meddad    Trump prix Nobel de la paix et celui de la veulerie à Abe    Ali Mendjeli: Un bébé de 14 mois tué par le monoxyde de carbone    Football - Ligue 2: Une flopée de matches décisifs    MC Alger: Kaci-Saïd et Amrouch accusent les joueurs    Dites : «à bas Israël» et vous irez en prison    Pétrole: Entre optimisme et mise en garde    Neutralité écornée    Le GSP face à Essalem d'Oman en quart de finale    Le NAHD et l'USMAn s'imposent    Ligue des champions    Le taux de raccordement en eau potable a atteint 99,37 %    Sonelgaz parvient à réduire sa dette à 60 milliards de dinars    François Regis-Legrier : «La bataille d'Hajin était une défaite stratégique»    Partenariat dans les domaines des ports secs et des produits «halal»    Les tueurs d'un gardien de troupeau arrêtés    11e Festival national des arts et de la créativité    Prochaine création d'un orchestre amazigh    Salon national de la photographie à Aïn Témouchent    Bedoui depuis Djelfa : "L'avenir de l'Algérie n'est pas tributaire d'un rendez-vous électoral"    À Bechar : La problématique d'eau potable en voie de résolution    Amara Benyounes victime d'une "fake news"    L'armée renouvelle son soutien au président maduro    Sommet tripartite sur la Syrie : "Nous nous rapprochons de plus en plus du règlement du conflit"    Deux suspects arrêtés    Journée technique sur la modernisation des banques : Les financements bancaires devraient s'orienter davantage vers les PME    Karl Lagerfeld tire sa révérence Virginie Viard succède au "Kaiser" chez Chanel    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





L'événement Maurice Audin : Macron ouvre des brèches en Algérie
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 20 - 09 - 2018

Il faut signaler d'emblée que durant la visite du président français en Algérie le 05 décembre 2017, le devoir de mémoire a été placé en priorité après l'économie et la sécurité.
Avant de quitter l'Algérie après un long entretien avec son homologue Algérien sur le sujet, Macron a déclaré à l'opinion publique : «Je pense que c'est important que l'Algérie fasse des gestes à l'égard de ceux qui sont nés en Algérie et qui veulent pouvoir y revenir. Je pense que ça serait un geste fort de réconciliation», c'était une manière indirecte de demander avec insistance aux autorités Algériennes de permettre aux harkis de pouvoir revenir en Algérie car précise t-il « Aujourd'hui, en fin d'année 2017, on doit pouvoir savoir regarder ensemble de manière apaisée tout ça. Je ne dis pas que la solution est facile. Je sais qu'il y en a qui ont encore ce traumatisme, mais je dis qu'on doit pouvoir ensemble, étape par étape, régler chacun de ces problèmes et dénouer les choses. » Moins de sept mois après, le secrétaire général du parti FLN, Djamel Ould Abbes, interrogé par la presse à ce sujet dira que le dossier est entre les mains de Bouteflika, indirectement c'est à lui de prendre une décision car un tel sujet dépasse de loin la compétence du parti dont il a la charge. Mais pour lui, un harki restera un harki pour l'éternité eu égard aux crimes qu'il a commis contre son propre peuple. La date choisie par le président français pour lever le doute sur la disparition du mathématicien et son pardon, fortement médiatisé à sa veuve ainsi que ses deux enfants n'est certainement pas anodine. En effet, en application de promesses faites lors de sa compagne électorale, Macron, a installé un groupe de travail de haut niveau dont le comité national de liaison des Harkis (CNLH) en fait partie pour prendre en charge les préoccupations de cette catégorie de personne devenue française après l'indépendance de l'Algérie. Le conseil de ce groupe qui s'est réuni le 15 septembre 2018 au stadium de la ville d' AGEN après justement cette vague médiatique nationale et internationale qui a suivi la visite du président français à la famille Audin, se dit totalement mécontent des propositions de ce groupe de travail qui a chiffré les dommages subis par les harkis à 40 millions d'Euros. Pour cet organisme qui commence à constituer le principal lobby de cette catégorie, le montant basé sur des évaluations de femmes et d'hommes habilités et crédibles est 100 fois plus soit de 37 à 40 milliards d'euros. Dans cette estimation il y a tout ce qu'ils considèrent avoir perdu et abandonné en Algérie sans compter les pertes humaines avec une quantification de vie dans les camps en Algérie et ensuite en France. Le président français devra faire une annonce importante le 25 septembre prochain. La CNLH craint qu'il soit ridicule ce jour-là si ses propositions sont celles qu'ils connaissent déjà et qui sont inacceptables. Selon certaines discrétions de hauts responsables de l'Elysée, le jeune président a mûri un grand espoir sur un geste du Bouteflika envers les harkis pour l'aider à surmonter ses difficultés internes.
Il s'agit incontestablement de celui d'ouvrir les frontières à cette catégorie de circuler librement entre les deux pays. Ceci explique probablement l'entretien téléphonique qu'ils ont eu le jeudi 13 septembre, soit le jour même de la visite de Macron à Josette Audin. Toute la question reste le degré du pouvoir de Bouteflika, en tant que, d'abord ancien moudjahid ensuite premier responsable de lever les tabous des « harkis » devenus depuis l'indépendance synonyme de traitre et surtout une « insulte » dans le langage populaire.
1- Le dilemme qu'affronterait une telle décision
Selon les archives militaires françaises, il y aurait environ 250 000 auxiliaires algériens, 50 000 soldats de métier, 120 000 bénévoles et 30 000 fonctionnaires, au moins. En conséquence, plus de 450 000 Algériens ont travaillé pour la France pendant la guerre de libération nationale. Sur ce dernier chiffre global, disons de sympathisants de la colonisation française sous ses diverses formes et raisons nuancées, il y aurait 250 000 auxiliaires de l'armée française dont 30 000 ont réussi à s'échapper vers la France en 1962 et le reste sont toujours en Algérie. De nombreux historiens ont manqué de cacher leurs penchants partisans par avancer un chiffre important de harkis massacrés ou tués durant l'été 1962 pour une raison toute simple : les cadres de l'ALN et Ben Bella lui-même ont vivement défendu le massacre qui a effectivement commencé mais vite réprimandé. On se rappelle de son discours du 4 juin 1963, à Oran, où des harkis viennent d'être assassinés : « Nous avons, en Algérie, tourné la page. Nous avons cent trente mille harkis et nous leur avons pardonné. Les gens qui se posent en justiciers commettent leurs assassinats, avec l'excuse qu'il s'agit d'un harki, simplement pour lui voler sa montre. Tous les criminels ont été arrêtés. La justice sera implacable et ces actes criminels condamnés par l'exécution »(01). Sur ce chiffre avancé par le premier président de la république Algérienne, un nombre très réduit est reconnu actuellement comme ancien harki sinon le reste s'est volatilisé dans la masse soit des « marsiens » soit reconverti dans la bourgeoisie bureaucratique.
Les deux catégories ont profité des divergences au sommet du pouvoir pour se mêler à la foule car à cette époque frapper ou tuer un harki une fois la guerre finie était une façon de jouer au héros sans prendre de grands risques. Dans de très nombreux villages, des tribunaux populaires furent érigés, et la population fut invitée à témoigner des exactions qu'elle avait pu subir de la part de tel ou tel prisonnier. La « justice » était alors sommaire, et les exécutions nombreuses mais vite les cadres de l'ALN réussirent à maitriser la situation.
2- Un objectif aux contraintes multiples
Aujourd'hui, la deuxième génération des harkis de France, a une moyenne d'âge de 30 ans, si on leur permet de rentrer en Algérie, reconnaitront ils ou risquent de le faire, étaient avec leurs parents hier, peut être même au sommet de l'Etat et l'oligarchie. Leur vengeance pourrait être froide et la pagaille se déplacera d'outre mer vers l'Algérie où la loi à ce sujet est claire voire même difficilement réversible. En effet, la loi 97-07 du 5 avril 1999 soit quelque jours avant l'arrivée de Bouteflika dans son article 68 prive en Algérie tout citoyen « dont les positions pendant la révolution de libération nationale ont été contraires aux intérêts de la patrie et ayant un comportement indigne » de ses droits civiques et politiques. En termes simples, il ne jouira plus de protection et de privilèges accordés à tout citoyen par la loi dans leur relation avec la l'Etat. Une telle approche a été validée d'une autre manière, certes, dans la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789. Il y aurait si l'on croit les mouvements associatifs des harkis en France, et elles sont nombreuses, plus de 40 000 dossiers d'Algériens qui reconnaissent que leurs parents ont combattu aux côté de la France durant la guerre d'Algérie et qui revendiquent la nationalité française. Les statistiques du ministère de l'intérieur français, repris par les réseaux sociaux, entre 1998 et 2017 plus de 400 000 Algériens ont obtenu la nationalité Française et 70 000 sont actuellement en instruction (02). Le service des anciens combattants de l'ambassade de France sis l'ex rue du professeur Vincent à Telémly est débordé par les demandes de fils de combattants qui espèrent que leur statut de fils de harkis leur confère un moyen de quitter le pays. Pourtant dans la rubrique « questions/ réponses » quatrième cas, toutes les portes officielles leur sont fermées. Alors, ils se retournent au mouvement associatif qui profiterait du mal de vivre en Algérie pour prendre sa revanche en créant de la pagaille. Pour la première fois depuis l'élection de Macron il ya prés de 16 mois, la classe politique dans son ensemble a nuancé l'événement sans pour autant le critiquer comme à l'habitude. Pourquoi ? Ces retombées en Algérie sont inextricables
* Consultant, Economiste Pétrolier
Renvoi :
(01)- Dépêche de l'Agence France-Presse du 4 juin 1963, reprise par Le Monde du 5 juin 1963 : « Les assassins de harkis seront exécutés, déclare M. Ben Bella à Oran ».
(02)- http://rmbuzz.com/2018/08/nationalite-francaise-70-000-algeriens-en-ont-fait-la-demande-en-un-an-et-demi/
https://www.algerie-eco.com/2017/08/09/immigration-pres-de-400-000-algeriens-ont-acquis-nationalite-francaise-entre-1998-2016/


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.