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Crise politique et dialogue national: Une liste et des couacs 
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 20 - 07 - 2019

«Le chef de l'Etat a pris connaissance du contenu de la communication faite par le Forum de la société civile pour le changement et considère qu'il s'agit d'un pas positif dans le sens de la concrétisation de la démarche proposée par l'Etat», a indiqué la présidence de la République dans un communiqué rendu public jeudi dernier.
La communication dont il est question concerne bien cette proposition faite mercredi dernier par le FCPC d'une liste de personnalités nationales qui mèneraient le dialogue national inclusif comme le veut le pouvoir. Liste composée de personnalités connues, d'anciens responsables, des militants des droits de l'homme, des syndicalistes, des académiciens et des personnalités de la société civile, entre autres, de «l'ex-président de l'Assemblée populaire nationale (APN) Karim Younès, la constitutionnaliste Fatiha Benabbou, l'avocat Mustapha Bouchachi, l'économiste Smail Lalmas, Islam Benattia, Nacer Djabi, le syndicaliste Lyès Merabet, l'ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, l'ex-ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb El-Ibrahimi, la moudjahida Djamila Bouhired, ou de la militante du mouvement féministe Nafissa Hirèche et celle des droits de l'homme Aïcha Zinai».
Le chef de l'Etat a qualifié cette «initiative» de «pas décisif » et de «début encourageant» pour le règlement de la crise politique qui mine le pays. Il a rappelé que «des consultations seront engagées pour la constitution de ce panel dont la composition définitive sera annoncée prochainement». Abdelkader Bensalah estime que la proposition du FCPC est «de nature à servir de base pour la constitution du panel de personnalités nationales appelées à mener le processus de facilitation du dialogue». Il est noté dans le communiqué de la présidence de la République que «comme souhaité par nos concitoyens et comme l'avait souligné le chef de l'Etat, ces personnalités devraient être crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale. Des personnalités qui émergent du fait de leur autorité morale ou de leur légitimité historique, politique ou socioprofessionnelle». L'institution relève à cet effet que «les personnalités proposées par le Forum sont de ce point de vue, et sous réserve de leur disponibilité, pleinement éligibles à l'accomplissement de cette noble mission au service de notre pays».
Des personnalités entre «préalables» et «non concernées»
La présidence souligne encore, si besoin est, que «ce dialogue, prôné également par notre Armée nationale populaire et sur lequel a insisté à maintes reprises le vice-ministre de la Défense, chef d'état-major de l'ANP, qui s'est engagé à l'accompagner, reste l'unique moyen pour construire un consensus fécond, le plus large possible, de nature à permettre la réunion des conditions appropriées pour l'organisation, dans les meilleurs délais, de l'élection présidentielle(…) ». Le président du FCPC, Abderrahmane Arar, a en plus de la liste des 13 personnes «pour mener la médiation et le dialogue avec la participation de tous(…), appelé à la tenue «tout de suite après le dialogue» d'une conférence nationale inclusive pour en adopter les résultats assortis de garanties et d'un engagement à les mettre en œuvre». Il est évident que les choses ne peuvent être aussi simples dans un contexte politique complexe et compliqué où tout le monde épie tout le monde.
Premiers couacs relatifs à la liste proposée par le FCPC, des polémiques par ceux-là mêmes qui y étaient répertoriés. C'est le cas de la moudjahida Djamila Bouhired qui a tout de suite démenti qu'elle en faisait partie en affirmant « j'ai appris avec stupéfaction que mon nom figure sur une liste de personnes, chargées d'organiser un dialogue entre le pouvoir et le mouvement populaire ». Ses précisions dans le même démenti : «personne n'a demandé mon avis et je n'ai donné mon accord à personne ; je ne peux faire partie d'un groupe de personnes dont certaines ont servi le pouvoir ; alors que les patriotes sont jetés en prison pour délit d'opinion, dont un officier de l' ALN, le frère Lakhdar Bouregaa, il ne peut y avoir de dialogue avec ceux qui nous menacent et nous accusent de trahison(…) ». Mouloud Hamrouche a lui aussi rapidement rejeté l'offre du FCPC avec la précision: «pas concerné» par cette liste et que personne «n'a pris attache» avec lui. Le FCPC rebondit par un communiqué qu'il a diffusé jeudi dernier pour préciser que «Djamila Bouhired, Mouloud Hamrouche et Taleb El-Ibrahimi n'ont pas été dûment contactés pour faire partie de l'instance de médiation et que les noms de ces personnalités ont été ajoutés à la liste, à son initiative». Selon le Forum, «ces trois personnalités ont été choisies en raison de leurs poids sur le plan politique et leur militantisme, mais surtout parce qu'elles sont consensuelles ». Pour convaincre davantage, il ajoute que « le processus de dialogue ne saurait être engagé sans la participation de tels hommes et femmes, dont nous saluons les positions et respectons les décisions et avis ».
«Un conglomérat qui sert le pouvoir militaire»
Le FCPC a noté qu'en dehors de ces trois personnalités qui ont rejeté son offre, toutes les autres «ont donné leur accord pour assumer ce rôle». Les normes et critères adoptés pour le choix de ces personnalités sont selon Arar «la crédibilité, la neutralité, la rupture avec l'ancien régime et l'appartenance au hirak(…) et ne doivent avoir aucune ambition politique». L'on rappelle que le Forum lui-même est qualifié par beaucoup de monde de «conglomérat d'individus qui ont soutenu le 5ème mandat jusqu'à la dernière minute et qui sert le pouvoir militaire». C'est le 4 juillet dernier, la veille de la célébration du double anniversaire de l'indépendance et de la jeunesse que Bensalah a réitéré son offre d'un dialogue «inclusif» en promettant qu'il «sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale». Il s'est surtout engagé à ce que «l'Etat dans toutes ses composantes, y compris l'institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus». L'Etat «se contentera, selon lui, de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement ».
Les engagements de Bensalah, «personne n'y croit», entendons-nous dire partout, «Hirak» et opposition de tous bords (nationalistes, conservateurs, islamistes, progressistes, démocrates). Tous campent sur leurs positions, les unes plus contradictoires que les autres au regard de la situation exceptionnelle que vit le pays mais dont les conséquences proviennent d'un système politique post-indépendance arriviste et avide d'intérêts qui a combiné pouvoir absolu et gouvernance déplorable. «Tous », ce sont ces acteurs et responsables politiques, partisans, civils et militaires, qui ont participé à toutes les étapes de l'ascension d'un pouvoir dont les caractéristiques notamment de corrupteur et de corrompu, n'ont jamais changé depuis l'indépendance. La complicité est ce flagrant délit constaté depuis toujours. Les emmêlements des intérêts des uns et des autres à tous les niveaux de responsabilité qu'elle soit civile, militaire, judiciaire ou intellectuelle, font foi.
La revanche sur l'histoire
La célérité jamais égalée que la justice emploie depuis avril dernier pour faire déférer tous les jours devant les tribunaux des responsables de l'ère Bouteflika sous le coup de nombreux chefs d'inculpation, laisse perplexe. Il est évident que des dossiers aussi lourds d'affaires sordides ne peuvent être ficelés en si peu de temps. L'on se demande d'ailleurs comment une affaire d'héritage familial prend de longues années pour être traitée, alors que d'autres de corruption de « si haute voltige » l'ont été aussi rapidement. L'on susurre dans des milieux informés que ces dossiers ont été préparés par l'ex-DRS Toufik pour prendre la revanche de son limogeage en 2015 et enfoncer davantage les Bouteflika. L'on pourrait alors déduire que l'ex-patron du renseignement a mal calculé son coup puisque c'est son rival Gaïd Salah qui les a non seulement récupérés mais qu'il a exigé son incarcération pour «haute trahison». En tant que membre du gouvernement Sellal et plus tard Ouyahia et proche de Bouteflika alors président de la République, le chef d'état-major et vice-ministre de la Défense, le général de corps d'armée, Ahmed Gaïd Salah, devait certainement savoir comment s'exercer la gouvernance « civile ». Au-delà de toute supposition, ce qui est sûr, c'est que le général de corps d'armée prend aujourd'hui une belle revanche sur l'histoire qui, à un de ses moments -avant l'arrivée de Bouteflika-, a fait de lui un militaire honni par ses pairs et l'a relégué au second rang. Son appel à un « dialogue inclusif » et à la tenue d'«une élection présidentielle dans les plus brefs délais» lui donne toute latitude d'encadrer le champ politique et de superviser son redéploiement pour des raisons de « stabilité et de sécurité » que l'ANP se doit constitutionnellement de préserver au pays.


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