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Il sera inhumé aujourd'hui à El Alia: Abdelkader Bensalah n'est plus
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 23 - 09 - 2021

Abdelkader Bensalah est décédé hier à l'âge de 80 ans à l'hôpital militaire de Aïn Naadja et sera inhumé aujourd'hui au cimetière d'El Alia, à l'est de la capitale.
C'est la présidence de la République qui a fait part du décès de Abdelkader Bensalah dans la matinée d'hier et a tout de suite décidé la mise en berne de l'emblème national pour trois jours -à compter d'hier- à travers l'ensemble du territoire national. La même source a fait savoir que l'enterrement du défunt aura lieu aujourd'hui après la prière de Dhor, à Alger, au cimetière d'El Alia. D'autres sources ont précisé que Bensalah est décédé hier à l'hôpital militaire de Aïn Naadja, au sud-ouest d'Alger, suite à des complications d'un cancer qu'il soignait depuis près de 15 ans et la détérioration de son état de santé après sa contamination par le coronavirus
Connu pour avoir été un commis de l'Etat à la juste mesure des pouvoirs qui se sont succédé aux commandes du pays, Abdelkader Bensalah a toujours été déplacé de poste en poste pour préserver les intérêts des gouvernants civils et militaires des régimes du moment.
Né le 24 novembre 1941 dans la daïra de Felaoucen (wilaya de Tlemcen), Abdelkader Bensalah a rejoint très tôt (1959) les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN). Dès l'indépendance, il part en Syrie pour étudier le droit à l'université de Damas. A son retour, il est journaliste à partir de 1968 au quotidien arabophone « Echaab ». En 1970, il est nommé directeur du centre algérien de l'information à Beyrouth. De 74 à 77, il revient à Echaab pour en devenir son directeur général. De la presse, il se tourne vers la politique en amorçant un cursus parlementaire par un mandat de 5 ans (77-82) comme élu du FLN au nom de la wilaya de Tlemcen et devient président de la commission des relations extérieures pendant dix ans.
De la presse aux hautes fonctions de l'Etat
Bensalah est versé dans la diplomatie suite à sa nomination en tant qu'ambassadeur en 1989 en Arabie Saoudite et représentant permanent auprès de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) à Djeddah. Il est rappelé en 93 pour être nommé, pour une année, directeur de l'information et porte-parole du ministère des Affaires étrangères. En 94, Bensalah est chargé par le Haut Comité d'Etat (HCE) de conduire la commission du dialogue national pour l'élaboration de la plateforme de l'entente nationale en vertu de laquelle a été créé le CNT dont il a été le président jusqu'en 97. Il avait mené ce dialogue national au moment où Ali Kafi alors président du HCE avait cédé sa place à Liamine Zeroual qui en a été dès sa mise sur pied le ministre de la Défense. De 97 à 98, il a été secrétaire général du RND après avoir contribué à sa création aux côtés de Mohamed Betchine alors bras droit de Liamine Zeroual élu président de la République en 1995. De 97 à 2002, Bensalah est projeté comme président de l'APN au nom de la majorité parlementaire dont le RND a été gratifié par sa rafle des sièges dans les élections législatives de l'année même de sa création. Après sa réélection en tant que député de la wilaya d'Oran en 2002, Bensalah devient membre du tiers présidentiel du Conseil de la Nation à la tête duquel il a fait trois mandats. Il était aussi président de l'Union parlementaire africaine. Tout autant que Ahmed Ouyahia en tant SG du RND, Bensalah en sera délogé en 2015 sous la pression d'une forte fronde menée par plusieurs membres du parti.
«L'Algérie n'est-elle pas en crise ?»
Dans une interview parue dans ces colonnes une année avant, en janvier 2014, nous lui avons posé entre autres questions, vous avez été de toutes les phases cruciales de la (re)construction du ou des pouvoirs. L'opposition pense que ce pouvoir est aujourd'hui fragmenté entre les civils, les militaires et les grosses fortunes. Selon vous, le pouvoir décisionnel est-il aujourd'hui un ou pluriel ? Il a répondu «le pouvoir décisionnel est connu(...), il est représenté en la personne du président de la République, par le gouvernement et par et dans les institutions de l'Etat. Le pouvoir décisionnel est un et indivisible». Selon vous, l'Algérie n'est-elle pas en crise ?, lui avons-nous encore demandé. Il répond en interrogeant «(...), ceux qui disent qu'il y a crise, par rapport à quoi ? Sur quel plan ? Par rapport à ce qui se passe dans d'autres pays ? Est-ce que nous vivons des conditions de crise comme nous l'étions en 1995 par exemple ? Est-ce qu'il y a une crise de pouvoir ? Est-ce qu'il y a une situation de blocage sur le plan institutionnel ou économique ? Est-ce que nous sommes dans une situation où l'expression ou l'opinion ne sont pas respectées ? Est-ce que les partis politiques n'activent pas ? » On enchaîne avec lui, à toutes ces questions, beaucoup d'opposants vous répondront oui. Il estime, «il faut être logique quand on dit qu'il y a une grave crise. Il y a des situations qu'on essaie de régler, de leur trouver des solutions avec tous les partenaires politiques. Ces gens-là portent des jugements de valeur sur une situation peut-être parce qu'ils n'ont pas été élus ou ils n'ont pas eu la chance d'avoir le soutien populaire. Il faut qu'on se respecte mutuellement. Il y a un président qui a été élu à plus de 84%, il faut qu'on lui donne l'occasion d'aller vers les solutions des problèmes qui se posent à nous(...).Vous trouvez logique qu'après les élections qui ont été organisées, des opposants demandent des élections anticipées ? Nous avons aussi entendu des voix demander l'application de l'article 88 de la Constitution. Soyons sérieux ! Si on suit la logique de ces gens-là, demain, ils vont demander aux citoyens de descendre dans la rue ! Est-ce que c'est raisonnable et responsable ? Il faut essayer d'être plus serein dans l'analyse et dans les choix des solutions ».
Autre question que nous lui avons posée, l'Algérie est aujourd'hui comme prise en otage à cause de ce qui se passe à ses frontières. Les intellectuels n'aiment pas parler de complot. A votre avis, en existe-t-il pour la déstabiliser comme ça a été le cas pour des pays arabes notamment ? Sa réponse : «J'ai parlé de situations difficiles. Il se trouve que nous sommes voisins d'un certain nombre de pays qui connaissent des problèmes. Pour l'histoire, quand une délégation européenne m'a demandé ce que je pensais du « printemps arabe », j'ai répondu que je ne savais pas si c'était un printemps, un automne ou un hiver. La véritable réponse a été donnée dans les pays qui y ont été concernés. L'Algérie ne veut pas y intervenir, parce qu'elle est contre l'ingérence dans les affaires des Etats. Mais elle veut participer dans la recherche de solutions pacifiques à ces conflits ».
Une vie de «parfait commis de l'Etat»
« Qu'on le veuille ou non, ce qui se passe à nos frontières peut nous atteindre si on ne réagit pas avec intelligence et objectivité. On œuvre pour trouver une solution au conflit libyen. Mais nous devons aussi faire attention aux fléaux qui peuvent être plus graves que les conflits armés (...) comme le commerce des armes et de la drogue. Il faut que tout le monde participe dans la résolution de ces conflits. Nous, nous sommes prêts à le faire ».
Cinq ans après, du 9 avril au 10 décembre 2019, de président de la chambre haute du Parlement, il devient chef de l'Etat par intérim conformément à l'article 102 de la Constitution suite à la démission du président Bouteflika le 2 avril de la même année. Sa seule mission était de préparer la tenue d'une élection présidentielle qu'il a fait sous l'autorité du chef d'état-major, le général de corps d'armée d'alors, Ahmed Gaïd Salah, qui avait géré le processus de bout en bout tout autant que l'ensemble des actions et des changements politiques qui l'ont ponctué avant et après la démission de Bouteflika. Bensalah a passé les pires moments de sa vie de commis de l'Etat en étant physiquement malade et en subissant les pressions de la rue qui demandait sa tête. Il quitte sa fonction de chef de l'Etat par intérim après l'élection de Abdelmadjid Tebboune comme président de la République le 12 décembre 2019. Forcé d'occuper ce poste pour deux périodes constitutionnelles consécutives de 45 jours et ce en raison du report au 12 décembre de l'élection présidentiel du 4 juillet 2019, Bensalah avait, durant toute cette période, demandé à partir pour des raisons de santé mais Gaïd Salah le lui avait refusé. Le 4 janvier 2020, Bensalah a fait part par écrit au président Tebboune de sa volonté de mettre fin à son mandat de membre du Conseil de la Nation que présidait à cette période Salah Goudjil par intérim.
Dans sa vie de «parfait de commis de l'Etat», Bensalah, a été fait docteur honoris causa de l'université de »Chungnam» en Corée du Sud et décoré des médailles de l'Armée de libération. Au cours de la cérémonie de son investiture en tant que président de la République, Tebboune l'a décoré de la médaille du Mérite national de rang «Sadr» compte tenu a-t-il dit «des efforts qu'il a déployés durant toute la période de sa présidence, ce qui a permis la pérennité de l'Etat et de ses institutions ». Juste avant, Bensalah a gratifié de la même décoration le président fraîchement élu.


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