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L'Afrique ou les changements anticonstitutionnels
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 27 - 01 - 2022

Alors que l'Algérie travaille, sans perdre espoir, à limiter de la capacité de nuisance à ses frontières méridionales, au niveau de la région sahélo-saharienne notamment, l'ordre constitutionnel vient encore d'être renversé à Ouagadougou. L'arrestation du président Kaboré par des militaires mutins a suscité la réaction d'Alger qui a réitéré son opposition à tous «les changements anticonstitutionnels comme appuyé par la résolution algérienne de 1999 au sein de l'OUA». Le coup de force intervenu à Ouagadougou intervient au moment où le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, présent à Bamako, a déclaré que «l'organisation panafricaine et ses partenaires se mobiliseront pour soutenir le Mali» dans sa transition et «asseoir un Etat fort dans l'intérêt du peuple malien, de la région et de l'ensemble du continent».
Jusqu'à l'arrivée du colonel Assimi Goïta au pouvoir à Bamako, Paris a toujours fait et défait les présidents au Mali, soumis à un dur embargo des pays de la CEDEAO, aiguillonnés par la France. Les appels à un retour à l'ordre constitutionnel au Mali, dans l'ex-Haute Volta ou même en Guinée ne peuvent se réaliser sans le retrait des forces étrangères de ces pays, engagées dans cette région du monde sous couverture de la lutte anti-djihadiste. Le sentiment anti-français s'exacerbe en Afrique. Au Sénégal et plus récemment au Tchad, lors des mouvements de protestation, les jeunes du continent s'en sont pris aux symboles de la présence française en Afrique. Et l'effet domino n'est pas exclu dans d'autres régions du continent noir.
«Pourquoi cette hostilité, 60 ans après les indépendances chez une génération qui n'a jamais connu l'époque coloniale ?», s'interrogent les éditocrates occidentaux. En attendant de sonner le glas de la Françafrique, il faudrait peut-être en référer à la doxa diplomatique algérienne, constante et immuable, celle d'appeler la France à cesser de porter un regard d'hégémonie sur ses ex-colonies et déchirer les oripeaux d'un (néo)colonialisme, cette «erreur profonde» du pays de Jean Moulin.


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