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A croire que les formations politiques algériennes ont perdu leur boussole !
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 25 - 08 - 2022

Les partis politiques algériens semblent se complaire dans une léthargie prolongée, alors que le pays traverse une période charnière de son histoire. Hormis quelques activités éparses ou éclarations de circonstance, la classe politique semble nourrir une aversion pour le débat de fond et les actions de proximité. L'épidémie de coronavirus n'est en aucun cas un argument pour cette absence injustifiée ; car ces mêmes formations pouvaient bien mettre à profit les réseaux sociaux pour marquer leur présence et se faire entendre. Les partis dont l'absence est la plus remarquée ne sont autres que celles dites «grosses cylindrées » le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND).
Pour les autres partis et leaders politiques, leurs faits et gestes s'apparentent à des déclarations plates et sans relief, qui ne devraient pas trop intéresser le citoyen lambda. Trente ans après l'ouverture politique de 1989 et plus de trois ans après le mouvement populaire du « hirak béni», force est de constater que la vie politique algérienne s'est installée dans un profond sommeil.
- Quelles en seraient les causes ?
Selon le sociologue Nacer Djabi « les partis politiques n'ont pas tiré les leçons du hirak pour s'ouvrir à la société ; Ils ont tout simplement raté le tournant ; durant le mouvement populaire, on avait constitué une délégation de personnalités présentes dans le hirak et nous sommes partis à la rencontre des responsables des différentes formations pour leur demander d'ouvrir leurs sièges aux débats à travers, par exemple, des rencontres périodiques, en vain», affirme-t-il. Aujourd'hui, les partis politiques se sont non seulement, dépouillés de leurs bases militantes mais surtout ils ne produisent plus les paradigmes et les idées pour répondre aux questions qui taraudent l'esprit des larges couches de la société. Et pour cause, leurs leaders refusent de tenir leurs congrès, et a fortiori de transmettre le flambeau pour certains ! Ils ont même pour certains, bien dotés financièrement pourtant, renoncé à tenir leurs « sacrosaintes universités d'été »*
À l'exception de quelques sorties sporadiques de quelques partis politiques, la plupart des acteurs sont en congé. Autrement dit, ils assurent le service minimum dans une conjoncture politique exceptionnelle réclamant un déploiement soutenu. Certains chefs de partis tentent, tant bien que mal, d'occuper le terrain virtuel des réseaux sociaux, en commentant des faits se déroulant dans la vraie vie ou en répercutant communiqués et activités organiques de leurs partis. N'était ce lien virtuel, on peut dire que les formations politiques sont quasiment coupées de la population.
Il est vrai que certains partis dits d'opposition peuvent opposer l'argument de la politique du durcissement adoptée à leur égard en matière d'autorisation d'organisation de meeting voire d'attribution de salle, pour expliquer le peu d'activités politiques menées sur le terrain.
Pour l'heure l'Algérie fait face à de nombreux défis qui font d'elle un élément prépondérant dans le jeu de rééquilibrage des rapports de force dans la région. Cela ne va pas se faire normalement, les décantations seront dramatiques.
Ne pas voir cette réalité, cela veut dire que la classe politique est frappée de cécité. Et, du coup, le risque est grand de voir le pays vivre des tâtonnements et des entraves à cause de la mollesse criarde de sa classe politique en manque d'imagination et de créativité. Il est temps de mettre en place un nouveau processus politique répondant aux enjeux qui s'imposent au pays au plan stratégique, dans le cadre des bouleversements et les mutations qui agitent le monde en général et la région en particulier. C'est tout le sens à donner à l'initiative politique de «La main tendue» entreprise par le président de la République Abdelmadjid Tebboune visant à « Réunir tous les Algériens sans distinction ni discrimination»
Et c'est à partir de la capitale turque, Ankara, où il avait effectué une visite officielle, que le Président avait choisi de livrer quelques détails sur cette initiative et son objectif.
S'exprimant devant des représentants de la communauté algérienne établis en Turquie, a qualifié de «nécessaire, cette démarche pour la création d'un front interne soudé».
Il avait annoncé, à cet effet, selon le compte rendu de l'APS, la tenue «dans les semaines à venir d'une rencontre inclusive des partis politiques», et ce, suite aux rencontres individuelles effectuées récemment avec des chefs de parti. Abdelmadjid Tebboune n'a pas donné plus de détails sur ce nouveau processus politique, annoncé le 3 mai par l'agence officielle.
Rappelons que le chef de l'Etat avait reçu, au palais d'El Mouradia, six responsables de partis, en l'occurrence Soufiane Djilali (Jil Jadid), Abou El Fadhl Baadji (FLN), Tayeb Zitouni (RND), Abdelaziz Belaïd (Front El Moustakbal), Abderrazak Makri (MSP) et Abdelkader Bengrina (El Bina), et l'ancien diplomate Abdelaziz Rahabi. Des personnalités nationales ont été également conviées « intuitu personae ». Et du coup, les partis politiques ont retrouvé leur raison d'être, ou presque ! Ces rencontres, estime le chef de l'Etat, ont permis «de débattre et d'évaluer plusieurs questions de l'heure». Entre temps, le sinistre Raissouni, tel un satrape, est sorti de sa boite !
Dans un entretien télévisé cousu de fil blanc et très certainement commandité par les services du Makhzen, le marocain Ahmed Raissouni, en vrai va-t-en-guerre, prétendument affublé du titre d'érudit musulman, président de l'Union mondiale des savants musulmans, s'est violemment attaqué à l'Algérie. A coups de harangues guerrières, de propos mensongers, indignes d'un homme de foi, il a proféré des déclarations belliqueuses dont il est loin de saisir l'extrême gravité. Ecore une fois, le Makhzen ou ses affidés, pour faire diversion, n'ont pour seul recours que l'invective, l'hostilité déclarée et les manœuvres de basses besognes. «Les Marocains seraient prêts par millions au sacrifice ultime pour marcher sur Tindouf et Laâyoune.» Ce triste sire a considéré l'existence de la Mauritanie comme une erreur historique : «Le Maroc doit redevenir comme avant l'invasion européenne dont la Mauritanie faisait partie.» Véritable tirailleur de la propagande marocaine dont les visées sur le Sahara occidental, le Sud algérien et la Mauritanie sont un secret de Polichinelle, L'opinion publique est évidemment choquée par ses déclarations et les partis politiques, ou peu ou prou, n'ont pas jugé utile de répondre, de dénoncer, alors qu'il s'agit là, d'une question d'honneur. Censés être des animateurs du débat politique, les partis politiques ont majoritairement ou presque brillé par leur silence, alors qu'ils auraient pu en ce moment redresser leur côte et gagner la sympathie de la population exacerbée par cette énième provocation. Une population assoiffée de voir une classe politique frapper sur la table et crier haut et fort sa colère face à la campagne anti-algérienne menée par le Makhzen et ses affidés.
La plupart des partis politiques n'ont pas réussi à sortir des réflexes des appartenances idéologiques.
De ce qui précède, faudrait-il croire que les partis politiques seraient beaucoup plus préoccupés par leurs problèmes internes que par le sort de l'Algérie ?
A croire qu'à défaut de peser sur les choix politiques et économiques du pays, les partis politiques dans nos contrées d'ici-bas, ne règlent leurs horloges que sur les échéances électorales ! Ils n'ont cure du nombre de leurs adhérents qui est descendu à un étiage historique, depuis l'avènement du hirak qui les a mis « au ban de la société », si on peut le dire ainsi, dès lors que ces derniers ont soutenu sans joie et milité sans conviction pour la plupart.
Une même crise de confiance frappe toute la classe politique y compris celle dite de « l'opposition ». Le clanisme, le clientélisme, le népotisme et le consensus politicien sont-ils compatibles avec une politique d'ouverture qui se fonde sur l'alternative de gouvernance et sur les compétences nationales ? Evidemment non ! La classe politique actuelle n'a pas l'envergure de cette politique. Encore moins le FLN qui aurait dû mener ce combat dès le lendemain de l'indépendance. Le FLN était réduit à la stricte dimension d'appareil ; il servait, surtout, de tremplin à ceux qui aspiraient à une ascension politique. Quant au RND, le « bébé né avec des moustaches », dire que c'était le parti de l'administration résume tout le poids que certains voulaient bien lui donner.
Aussi impuissants l'un et l'autre, à empêcher la montée des partis islamistes, englués l'un que l'autre, dans leurs incohérences internes, les deux partis du gouvernement devraient s'interroger : pourquoi ne pas faire exploser, une fois pour toute leur prétendue unité ? Les conservateurs se sont coalisés pour produire «la plateforme d'Ain Benian », tandis que les progressistes ont fait de même avec les PAD «Partis de l'alternative démocratique». Certains membres de la coalition des PAD sont même restés bloqués dans une hostilité viscérale à l'égard du courant islamiste, considérant que la vision de la démocratie qu'ils défendent ne leur permettait pas de s'engager dans des actions coordonnées avec eux. Ces derniers sont considérés soit comme extrémistes, dont le positionnement est incompatible avec les règles du jeu démocratique, soit accusés d'être les alliés objectifs du pouvoir politique (Louisa Dris-Aït Hamadouche). En définitive, les cadres partisans traditionnels, toutes tendances confondues, semblent avoir atteint leurs limites de fonctionnement et ont plus que jamais besoin de se réinventer et de se donner de nouveaux moyens d'action pour mieux se redéployer et se remettre sérieusement en service. Il faut aussi et obligatoirement montrer une capacité de mobilisation populaire conséquente. Pour être crédible politiquement ! Pour peser socialement ! Aucun parti ne pouvant se prévaloir de ces qualités, le Président Abdelmadjid Tebboune, de guerre lasse serions-nous tentés de le dire, a commencé à montrer la voix en constitutionnalisant la « Société civile » sur laquelle il dit s'appuyer dorénavant. Un véritable coup de semonce pour ces partis appelés à se régénérer ou disparaitre !
* Lire ma contribution intitulée «Partis Politiques : Il est loin le temps des universités d'été» !
Publiée dans le Quotidien d'Oran du 21-07-2022


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