Goudjil se réunit avec la délégation parlementaire devant participer aux travaux de la 145e Assemblée de l'UIP    Engrais: la priorité accordée aux échanges inter-arabes    Le Sommet arabe d'Alger sera "exceptionnel" et unificateur des rangs arabes    Plusieurs Etats d'Amérique latine réaffirment leur soutien au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination    Rebiga prend part, mercredi à Tripoli, à la commémoration du 65e anniversaire de la bataille d'Issine    De la supercherie démocratique du 5 octobre 88 à l'imposture de « l'Algérie nouvelle » post-22 février 2019.    Les députés plaident pour l'amélioration du cadre de vie du citoyen    Timimoune: adapter les offres de formation aux exigences du secteur du tourisme    Tabi met en avant "le rôle important" du Conseil d'Etat dans la consolidation des fondements de l'Etat de droit    Versement des tranches relatives à 16 projets cinématographiques estimées à plus de 63 millions DA    Tebboune reçoit le ministre d'Etat ougandais chargé de la coopération régionale    Championnat arabe de gymnastique artistique: la sélection d'Egypte séniors messieurs sacrée en individuel général et par équipes    Rencontre régionale sur les catastrophes: la proposition algérienne pour un mécanisme régional inscrite en marge des travaux    Gymnastique/Championnat arabe: le staff technique satisfait des performances des algériens    Verdict confirmé pour Saïd Bouteflika    Vous pouvez retirer votre ordre de versement    Pluies sur plusieurs wilayas de l'intérieur du pays à partir de mardi    Accidents de la circulation: 28 décès et 1275 blessés en une semaine    Championnat arabe des clubs de judo «minimes»: Les jeunes du CSA Nour Bir El Djir s'illustrent    Un cas psychiatrique!    Défis africains de la COP 27    Hygiène, informel, constructions illicites, stationnement anarchique...: Le wali «sermonne» les élus de l'APC d'Oran    Dernière ligne droite avant la mise en service du téléphérique: Des essais sur tronçon de près de 1.900 mètres    Pour ramassage de déchets plastiques: Un véhicule saisi et trois personnes interpellées    Conseil des ministres: L'importation des tracteurs agricoles de moins de 5 ans autorisée    Ligue 1 (6ème journée): Première victoire de la JSK et du MCO    Valse des entraineurs: C'est l'esprit amateur qui prévaut    Est-ce le déclic?    Deux Palestiniens tués par les sionistes près de Ramallah    Les challenges de 2023    Bientôt le dénouement?    Les députés relèvent l'absence de chiffres    Washington dissipe les nuages    Les coupures d'eau exacerbent les habitants    La menace invisible    «Le bilan est positif, mais incomplet»    Une «pré-COP» en terre africaine se tient à Kinshasa    Belaïli met les points sur les «I»    Belatoui espère un véritable départ    «La colonisation n'a pas été un long fleuve tranquille»    Pourquoi Caritas n'exerce plus en Algérie    Une figure historique majeure    Elections communales partielles à Bejaia: la gestion participative domine la campagne    L'invitation des artistes étrangers pour des spectacles fixée par décret    De l'engeance des «pourboireux»    Trabendisme mental !    Grazie Meloni !    Mouvement dans le corps des Secrétaires généraux des wilayas    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Parution-Honaïne de Abderrahmane Khelifa : Une ville avortée
Publié dans El Watan le 25 - 09 - 2008

Comment une cité peut traverser l'histoire et, après la prospérité et la notoriété, disparaître et sombrer dans l'oubli durant des siècles.Les éditions Dalimen poursuivent vaillamment leur collection de beaux livres consacrés aux cités historiques d'Algérie. Après l'avoir inaugurée avec El-Djazaïr, elles ont confié au même auteur, Abderrahmane Khalifa, le livre sur Honaïne, ancien port du royaume de Tlemcen.
L'auteur, archéologue, raconte en avant-propos les circonstances qui l'ont amené il y a près de quarante ans sur le site. « Lorsqu'en 1970, écrit-il, j'avais été chargé par le Service des Antiquités algériennes de faire une mission à Honaïne, je ne me doutais pas que j'allais consacrer une bonne partie de mon temps à l'étude de ce site dont il restait quelques vestiges en place ». Une introduction inquiétante qui laisse à penser qu'il ne reste plus rien sur les lieux. Abderrahmane Khelifa parle, entre autres, de quelques constructions qui « commençaient à agresser le site » et précise que ce n'était « rien de grave par rapport à la frénésie des années quatre-vingt à nos jours ».
Plus fameux fut Syphax. Avant son appellation de Honaine, il se nomma Artisiga et Gypasaria. Sa création résulte d'une combinaison favorable de facteurs géographiques et historiques. Situé au centre de la partie littorale du Massif des Traras qui prolonge le relief du massif marocain de Beni Isnacen, c'est un carrefour entre le Maghreb central et le Maghreb extrême avant de devenir aussi un point de passage privilégié sur l'axe nord-sud, soit entre la péninsule ibérique et la profondeur continentale de l'Afrique. Ces deux lignes perpendiculaires d'échanges dont la densité a évolué au gré des époques historiques ont forgé la vocation commerciale et notamment portuaire de Honaïne qui deviendra un point d'arrivée maritime de la route de l'or.
L'importance de cette cité apparaît également dans les ressources documentaires. Ainsi, à l'époque antique, elle est citée par les grands chroniqueurs grecs ou latins (Hérodote, Tite-Live, Strabon, ou Antonin). On la retrouve également, de manière plus importante, dans les textes des auteurs musulmans qui en fournissent de plus amples informations. On peut citer dans ce cadre des rapports commandés par des souverains à des chroniqueurs tels Ibn Khuradadbih, El Warraq, El Idrissi, etc. ou encore des relations de voyage ou chroniques dynastiques (notamment Ibn Khaldoun) et de nombreux ouvrages de compilation tels le Kitab El Istibsar ou Rawd El Qirtas.
Des sources européennes sont aussi disponibles, et particulièrement des ouvrages sur la navigation méditerranéenne et le commerce entre l'Espagne et le Maghreb. On retrouve sur ce registre le Diari de l'Italien Maruno Sunado ainsi que les nombreux récits de voyageurs déjà vide d'occupation humaine. Parmi eux, le célèbre Léon l'Africain. Les fouilles entreprises ont permis de mettre au jour dans la zone nord-est des vestiges urbains et architecturaux ainsi que des matériaux archéologiques (céramiques, pièces en métal, monnaies) révélateurs du passé de la cité, surtout en sa période médiévale.
A partir de ces éléments, Abderrahmane Khelifa reconstitue l'histoire de Honaïne et la décompose en quatre étapes essentielles. La première correspond à la genèse de Honaïne durant une longue période s'étendant de l'Antiquité jusqu'à l'avènement de l'Islam au Maghreb et ses débuts. L'insuffisance des sources ou preuves archéologiques pour cette période la rend imprécise ou entachée de « blancs ». Ainsi, si la période d'établissement des Idrissides révèle un aspect stratégique de la ville, on ne trouve aucune mention d'elle durant trois siècles (VIIe au Xe). La deuxième étape coïncide avec le règne des Almohades dont le fondateur, Abd El Moumen Ibn Ali est natif de Honaïne. La ville prend alors une certaine stature politique et connaît un développement urbain mais son poids commercial est alors négligeable.
Une troisième étape est celle de l'âge d'or de Honaïne. A partir de 1248, avec la dynastie zayyanide qui s'émancipe de la dynastie almohade en déclin, la ville portuaire devient une plaque tournante du triangle Maghreb-Afrique-Méditerranée et se développe considérablement. C'est son apogée. La quatrième et dernière étape débute à partir de 1492, date de la prise par les rois catholiques de la dernière ville musulmane d'Espagne, Grenade. La découverte du Nouveau Monde ouvre de nouveaux flux maritimes et commerciaux tandis que le monde musulman noue avec la décadence. En même temps, le trafic de l'or périclite et Alger, sous la houlette ottomane, capte l'essentiel des échanges. Honaïne pâtira de ces revirements de l'histoire et on assistera ainsi, selon l'auteur, à l'avortement d'une ville.
L'ouvrage relate la destruction de la ville par les Espagnols en 1531, puis son agonie à l'époque ottomane. Cette partie, aussi intéressante au plan historique que « philosophique » débouche sur une présentation de son état actuel, des vestiges encore existants et des résultats des fouilles. Aujourd'hui, Honaïne est à nouveau habitée, comme ressurgie des oubliettes de l'histoire. Mais l'occupation humaine et les besoins de développement posent de nouveaux problèmes à la conservation d'un patrimoine. C'est donc le mérite de cet ouvrage de signaler ce patrimoine méconnu et d'attirer les regards sur la nécessité de sa sauvegarde et de sa promotion.
Honaïne, ancien port du royaume de Tlemcen de Abderrahmane Khelifa. Ed. Dalimen, Alger, 2008.400 p.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.